RoboCop a 30 ans

Pas seulement le film éponyme de Paul Verhoeven, d’ailleurs, puisque toute la franchise dérive de celui-ci. Mais c’est bien de ce dernier qu’il sera question ici.

Détroit dans le Michigan, bientôt: l’économie est en crise et la ville en proie aux gangs, au point que la police n’y peut plus grand-chose. L’OCP, entreprise qui a pour ainsi dire la mainmise sur la zone, a l’intention de faire table-rase du passé (ou de l’avenir de certains, question de point de vue) pour créer son utopie, Delta-City. Sauf que ses robots de sécurité ED209, censés remplacer les flics, ne sont pas aussi efficaces que prévu (ou alors ils le sont trop, question de point de vue). Mais il se trouve qu’un certain officier Murphy s’est fait massacrer par le plus gros gang de la ville, et qu’il se pourrait qu’un certain membre de l’OCP ait sous le coude un projet cybernétique de super-flic dans lequel ce qui reste de son corps martyrisé pourrait être utilisé. Ainsi nait RoboCop, cauchemar des criminels des rues (entre autres; question de point de vue).

En toute honnêteté, je n’ai jamais été déçu par Paul Verhoeven. Préférence, évidemment, pour Starship Troopers, mais tout ce que j’ai vu de lui valait vraiment le coup d’être vu (après, je n’ai pas non plus visionné toute sa filmographie; il faudrait que je regarde Elle, tiens). Et bien sûr, le premier RoboCop ne fait pas exception. Surtout sur le plan du scénario, qui regorge de bonnes idées.

Que je ne vais pas énumérer ici (plein de gens biens en ont déjà parlé), mais juste en citer deux ou trois. Les pages de pub, déjà, sont… géniales. Elles préfigurent d’une certaine manière celles de Starship Troopers, révélant en filigrane l’état de la société nord-américaine, et ce n’est pas bien reluisant: pollution, violence exacerbée, consumérisme exalté, etc. En gros, comme maintenant, mais en pire.

Les séquences en vue subjective du RoboCop, ensuite, sont idéales pour littéralement comprendre le point-de-vue de l’homme-machine. Ceci dit, ce n’était pas une révolution, ça marchait aussi pour Predator et le premier Terminator, donc aucune raison que ça ne marche pas avec RoboCop. Juste que, là, comme on a affaire à l’inverse du T800, soit un cerveau humain dans une machine, ça a encore plus de sens: la quête de Murphy sera celle de son humanité, au travers de la machine.

Et enfin, c’est bourrin. C’est un peu un lieu commun de pas mal d’actioners de cette époque (les deux films sus-cités étant bien placés dans le classement), mais RoboCop est bourrin et sanglant même au regard de ce standard (par la suite Total Recall et Starship Troopers, encore lui, confirmeront l’affection de Verhoeven pour la violence crue et crade). À tous les niveaux de la société, des gangs des rues aux cercles fermés des cols blancs dans leur tour d’ivoire OCP, gardée par un ED209. Que ce robot est classe. Tourné en dérision comme pas possible dans le film, mais diantre qu’il est classe. Bref.

Si le film a vieilli, c’est surtout sur le plan « environnemental » (pas la nature et les petits oiseaux, mais l’environnement technologique, vestimentaire, culturel, etc.). Parce que, pour tout ce qui touche à ses problématiques et ses enjeux, bin c’est toujours d’actualité. Et même davantage d’actualité qu’à l’époque, d’ailleurs. Déjà pour les aspects socio-éco (parce qu’on ne va pas se mentir, la crise des subprimes a laissé des traces dans les villes de la région des Grands Lacs, et notamment Détroit, justement), mais aussi de la cybernétique et du transhumanisme, et de toutes questions éthiques que ça soulève (notamment quand des intérêts privés viennent littéralement se greffer à l’individualité d’un être humain).

Il fit un véritable carton à sa sortie, si bien qu’il eut droit à des suites et à du cross-média. Bon. Alors… Le film d’Irvin Kershner se défend, malgré quelques incohérences et choix discutables (voire plus que discutables): il reste dans la veine du premier, en moins bien. Le troisième… bin… c’est une parodie, non? Sérieusement? À titre informatif, le film est réalisé par Fred Dekker, qui est en charge du futur The Predators. Ça vous fait flipper? Moi aussi. Quant-au remake-pas-remake-mais-reboot de José Padilha… meh. Bon, il a quand même suffisamment bien marché pour qu’une suite soit apparemment en préparation (sauf que ça fait deux ans qu’on n’en entend plus parler).

Et à part ça, pléthore de séries TV, de séries animées, de jeux vidéo et comics (parfois en cross-over avec les Terminators; qui ne sont d’ailleurs pas nécessairement les plus mauvais). Bref, le cyborg-flic a été un peu mis à toutes les sauces, avec plus ou moins de bonheur. De nos jours, la franchise n’est clairement plus au meilleur de sa forme, mais c’est avec plaisir qu’on peut se remater son premier opus, plus que jamais d’actualité même trente ans après.

Au revoir; à bientôt.

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