La Tour Sombre (littéralement; c’est à croire que le double sens du titre était voulu par la production; si si, je vous jure; du coup, ça me coupe l’herbe sous le pied; à quoi bon s’évertuer à chercher un jeu de mot miteux dans ses conditions, je vous le demande; sinon, ça va chez vous?)

L’ennui, quand on va voir un film adapté d’un roman de Stephen King, c’est que c’est un peu pile ou face. On a eu droit à des merveilles (comme Shining de Stanley Kubrick, Dead Zone de David Cronenberg, ou Christine de John Carpenter). Et on a eu droit au remake de Carrie avec Chloë Moretz (qui reste quand même meilleur que Carrie 2, la suite de l’original, faut pas déconner non plus). Bref, pile ou face, vous dis-je. Et donc, La Tour Sombre

Jake Chambers, gamin new-yorkais, fait d’étranges rêves où il voit des enfants se faire maltraiter par Matthew McConaughey grimé en démarcheur en assurances et des gens à fausse peau, le tout en vue de la destruction d’une grande Tour moche. Il voit aussi Idris Elba déguisé en version steampunk de Néo de Matrix. Devant ces visions d’horreur, sa mère n’a d’autre choix que de l’envoyer dans une clinique spécialisée dans les traumatismes psychologiques. Sauf que, croyez-le ou non, la surprise est totale: les gens de ladite clinique sont en fait -roulements de tambour- des mecs à fausse peau! Eh ouais, ça vous la coupe, hein. Bon, et en cherchant à s’enfuir, il finit par arriver sur une terre parallèle dévastée où s’affrontent des orcs et des PNJ de Mad Max Online (je trouve d’ailleurs très dommage que ce jeu n’existe pas), un monde dans lequel Idris Elba a perdu ses pouvoirs de gardien du Bifrost ainsi que tous ses potes à cause de Matthew McConaughey, qui a lui décidé que sauver l’humanité de l’extinction, il a déjà fait, donc il peut bien l’anéantir une fois ou deux, on lui doit bien ça. Jake se retrouve donc aux premières loges pour assister à la grande baston du bien, incarné par le Pistolero qui pilotait le Prometheus (sale histoire), contre le mal, incarné par l’Homme en Noir qui chassait des dragons (autre sale histoire).

Je vais peut-être en faire criser certains en écrivant ça: je n’ai jamais lu le cycle de la Tour Sombre. Donc, question fidélité au matériau d’origine, je ne me prononcerai pas; je me contenterai de d’indiquer que, d’après certaines personnes qui l’ont lu, ce film est une insulte. Soit. J’ai en tout cas très envie de les croire, parce que ça pique quand même pas mal.

Sans être visuellement dégueulasse, le film n’a aucune putain d’idée: on dirait que le travail de Nikolaj Arcel s’est limité à balancer dans une calebasse des bouts de Matrix, de Mad Max 2, de V, du Seigneur des Anneaux, de films Marvel/DC et de westerns spaghetti, de touiller vigoureusement, d’ajouter subtilement des extraits naturels de caca, pour jeter ensuite ça à la gueule du spectateur qui aura payé sa place plein pot.

Niveau écriture, ça pue un peu aussi; pas tellement du fait d’incohérences (même s’il y en a) que du fait d’une accumulation de clichés au mètre carré supérieure à celle d’un festival de photojournalisme. Jake a un beau-père? C’est donc un salaud qui cherche à lui faire débarrasser le plancher à moindre coût. Le méchant doit montrer qu’il est très méchant? Il va donc tuer gratuitement ses subordonnés. Il faut une Stargate oubliée sur Terre pour que le gamin puisse l’utiliser discrètement? Elle se trouve donc, totalement fonctionnelle, à Brooklyn, au cœur d’une vieille baraque abandonnée depuis des lustres et dans laquelle aucun squatteur n’aura eu l’idée saugrenue de s’introduire… bon, ok, y a un démon gardien, mais quand même. Enfin, Jake est le personnage principal? Faisons-en un truc à la fois Marie-Sue et McGuffin en recherche de substitut paternel qui n’a évidemment aucune chance d’agacer le spectateur au bout de quelques minutes, allons, allons…

En fait, je ne vois même pas ce que je pourrais dire de plus sur ce film: c’est tellement vide et dépourvu d’idée comme d’identité qu’on en vient à se demander pourquoi la production est allée raquer pour avoir les droits d’une œuvre de Stephen King, si c’est pour en arriver à un résultat comme celui-ci. Sérieusement, on dirait une énième adaptation fainéante de je ne sais quel bouquin de littérature jeunesse, ça valait bien le coup de se placer sous l’égide d’un des maîtres de la littérature de genre!

Je ne peux donc décemment pas vous conseiller d’aller voir ce film. Mais en même temps, vous l’avez déjà vu: par petits morceaux, dans d’autres films (ou séries). Donc on va dire que vous ne ratez rien. À part peut-être un bel accès de rage si vous êtes fan de l’auteur (apparemment, ça crise beaucoup de ce côté-là).

Au revoir; à bientôt.

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