The Expanse – Saison 2

Après une première saison au bilan globalement positif, The Expanse a rempilé pour une deuxième qui… eh bien… euh… comment dire… Enfin, voilà, quoi.

Miller et Holden ont réussi in extremis à s’extirper d’Éros, l’astéroïde-colonie contaminé par la protomolécule et dont la quasi-totalité de la population a été décimée. Le duo et l’équipage du Rocinante, plutôt remontés, auront donc pour nouvel objectif de retrouver le professeur Dresden, directeur des recherches sur la protomolécule pour le compte de l’affairiste milliardaire Jules-Pierre Mao, et mettre son équipe hors d’état de nuire. Sauf que, pendant ce temps, la Terre et Mars se renvoient la balle sur les responsabilités de la crise, tandis que la Ceinture s’agite: une nouvelle guerre pourrait bien rapidement éclater, alors que la nature et l’origine de la protomolécule demeurent mystérieuses. Tout comme demeurent mystérieuses ses conséquences réelles sur Éros: même dans la mort, Julie, la fille prodigue de la famille Mao, pourrait bien avoir encore un rôle à jouer.

Tout d’abord, cette saison récupère, en toute logique, l’ensemble des défauts de la précédente (qui n’étaient pas nombreux, il faut bien l’admettre): les Ceinturiens ne présentent ainsi toujours pas de dimorphisme particulier par rapport aux autres humains (ils ont juste un look plus punk), de même que différencier au physique un Martien d’un Terrien relève de la gageure (et ce alors que le racisme au faciès est un ressort important de l’histoire). Mais passons. On va dire que ça fait partie de l’ADN de la série et que corriger ça maintenant est difficilement possible, sauf à créer des incohérences.

Toutefois, la saison 2 apporte avec elle un certain nombre de nouveaux problèmes, et en premier lieu des problèmes inextricablement liés à son statut d’adaptation. Alors oui, je sais, un roman et une série, ce n’est pas comparable, et une adaptation implique de prendre certaines libertés, etc. Mais c’est justement pour ça que cette saison souffre d’un GROS problème de rythme. En effet, son histoire a le cul à cheval sur deux morceaux de romans: la fin de L’Éveil du Léviathan et les deux premiers tiers de La Guerre de Caliban. Ce qui fait qu’on a dans un premier temps la fin d’un arc, puis le début d’un autre, donc un gros climax en plein milieu et une fin cliffhanger forcée, vu que la trame générale se borne à suivre le déroulé des romans, sans avoir cherché à modifier profondément l’événementiel.

Ce qui ne signifie pas pour autant que les libertés prises avec l’œuvre d’origine soient inexistantes, bien au contraire: elles sont formellement plus nombreuses que dans la première saison. Sur le plan du scénario et des dialogues, en gros… bin… en fait, c’est simple: si un élément semble forcé, ou rushé, ou inapproprié, ou cliché, ou juste complètement con, il s’agit généralement d’une liberté d’adaptation (que ce soit un ajout ou une simplification).

Après, ça ne veut pas dire que tout ce qu’il y a de « neuf » dans cette saison par rapport aux romans est mal foutu, certains choix sont assez pertinents (comme la suppression du personnage du secrétaire d’Avasarala, assez inutile, ou le fait que Bobbie Draper arrive plus tôt à l’écran et n’intègre que plus tardivement l’équipe de cette dernière). Mais pour d’autres, c’est difficile à avaler.

Par exemple, tout l’aspect gore de la protomolécule, fortement mis en avant dans les romans, a ici été gommé et remplacé de jolis effets de lumière bleutée, lesquels n’arrivent évidemment pas à retranscrire la moindre impression de peur ou d’horreur. C’est particulièrement valable pour les « calibans » de la deuxième partie, qui en dépit des dévastations qu’ils provoquent, n’effraient jamais vraiment le spectateur; pas même en jump scare à la con. Au point que la sensation de danger est parfois plus forte en leur absence qu’en leur présence.

Pour ce qui est des nouveaux personnages, on n’en aura finalement que trois principaux issus de La Guerre de Caliban  (Chrisjen Avasarala et ses collègues ayant été introduits en saison 1): Cotyar, Bobbie et Prax. Si Nick E. Tarabay est crédible en bodyguard/intell-op, et si Terry Chen fait très correctement son boulot dans le rôle d’un botaniste à la recherche de sa fille perdue, Frankie Adams est une erreur de casting. Ce n’est pas une mauvaise actrice, mais il est très difficile de l’imaginer en space-marine (enfin, martian-marine, en fait), sauf à la limite en armure de combat, mais je crois que ça aurait été le cas pour n’importe qui.

Par ailleurs, la direction d’acteurs semble par moment avoir des sortes d’absences, où ils se retrouvent un peu en roue libre à cabotiner sans raison particulière, ou au contraire se vident de leur substance. Vraiment très étrange. Du reste, la série garde tout de même un certain nombre de qualités, mais que la mise-en-forme vient parfois inexplicablement gâcher.

Par exemple, le mecha-design à base de vaisseaux en forme de chauffe-eau des années 1980 s’avère du meilleur effet (en termes de crédibilité), mais il est de temps à autres desservi par une CG pas toujours à la hauteur (le Nauvoo et son look « cinématique de PS2 » en est le plus parfait exemple). Ou encore, on assiste à la destruction par incinération d’un caisson cryogénique qui devient une disparition « pouf magie! » façon Joséphine, Ange gardien. Gênant.

Et à côté de ça, on a parfois droit à des séquences superbement pensées, comme celle où le Rocinante se balade discrètement entre les lunes de Jupiter en n’utilisant que ses thrusters et la gravité. Tandis que pour d’autres, la mise-en-scène semble totalement forcée (je songe notamment à un passage hommage à Alien, qui nous rappelle justement qu’on en est quand même bien loin en termes de design de créatures meurtrières et horreur spatiale claustrophobique).

Bref, une saison décevante par rapport à la première et j’espère que la troisième redressera la barre (j’espère surtout qu’on aura une vraie fin, cette fois-ci).

Au revoir; à bientôt.

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