Le marronnier de la fin octobre (deuxième édition)

Alors que ce blog avance tranquillement vers la fin de sa deuxième année d’existence, je suis bien forcé d’admettre que l’aspect manga/anime (à la base prioritaire) est un peu passé au second plan par rapport à tout ce qui touche au cinoche. En même temps, on ne va pas se mentir: si l’animation japonaise (hors cinéma) est quantitativement plus florissante que jamais, sur le plan qualitatif… en fait, je ne sais pas vraiment si c’est dû au fait que les bons titres sont tellement noyés sous une masse de merdes et d’œuvres quelconques/interchangeables/rapidement oubliées qu’ils en ont perdu l’essentiel de leur visibilité (et donc de leur viabilité à moyen terme), ou que la qualité générale de la production a effectivement baissé (en termes scénaristiques, du moins). Ce serait un beau sujet de débat, mais pas aujourd’hui: quand on est paresseux comme moi, on fait des marronniers avec des aperçus de début de semestre.

Black Clover: Yuno et Asta sont deux orphelins élevés par des curés dans un monde bourré à ras-bord de magie, et qui se sont tous les deux jurés de devenir empereur-mage. Sauf que l’un est doué et l’autre nul, mais en fait pas vraiment parce qu’il a un pouvoir caché en dépit de sa maladresse, de sa connerie et de sa grande gueule, et… OK, c’est Naruto. Mais genre COMPLÈTEMENT Naruto, avec les mêmes archétypes de personnages principaux (heureusement sans Sakura pour le moment) et le même genre de ressorts neuneus typiques de scénario de commande. Si on ajoute à ça que le perso principal (Asta) est juste INSUPPORTABLE à beugler tout le temps comme un con, on obtient un titre que je vais m’empresser de fuir ce trimestre.

Dies Irae: un anime qui s’ouvre sur un épisode 0 montrant de la baston surnaturelle dans l’Allemagne nazie, avant de se transposer dans le Japon actuel à coup de réincarnation/immortalité ou que sais-je, ça ressemble sur le papier à une blague de mauvais goût. Et dans les faits, c’est même pire que ça, grâce à une narration empruntant tantôt aux plus débiles des récits de comédie scolaire, tantôt à des facilités de seinen darkouille. Le résultat est une sorte de sous-Fate/Stay Night en mode « zéro prise de risque » (et donc dépourvu de la moindre idée qui le ferait sortir du lot). D’autant que les personnages sont également dépourvus de personnalité réelle… très dispensable, donc.

L’Ère des Cristaux: Sur une Terre radicalement différente de la nôtre, des êtres minéraux conscients, les Gemmes, livrent une guerre sans merci aux Séléniens, qui voudraient bien les réduire à l’état de parure et les harcèlent régulièrement. Parmi ces gemmes, Phos peine à trouver sa place: tous ont en effet un rôle bien précis, sauf lui; jusqu’au jour où il se voit confier une mission et commence à faire équipe avec Cinabre, l’être le plus dangereux de son peuple. Et c’est bien. Même si je pense que j’adhèrerais beaucoup plus facilement si l’animation en CG n’était pas aussi… animation en CG. Ça peut artistiquement se justifier par la nature minérale des protagonistes, mais j’ai personnellement beaucoup de mal avec ce type de réalisation (surtout quand la qualité technique générale est aussi bof); aussi me tournerai-je plutôt à l’avenir vers le manga (dont j’ai lu beaucoup de bien), car l’histoire semble à la fois originale et prenante, dotée d’un univers singulier avec une direction artistique intéressante, et il serait donc dommage de passer à côté. Vraiment.

EVIL OR LIVE: haha, lol, mdr, le titre est un anagramme, xptdr. Hem. Le pitch: la « net addiction » est désormais considérée comme une maladie à part entière, et un établissement se voit attribuer la charge de « soigner » les personnes qui en sont atteintes. Et c’est le cas de Hibiki, un no-life violent et lâche qui passe sa vie sur des FPS, et qui intègre sur injonction de sa mère cette institution aux méthodes franchement douteuses, à base d’autorité inflexible, de tabassages en règle et d’humiliations en tous genres. C’est une production Tencent, donc autant dire qu’il ne faut pas trop en attendre: la réalisation est à chier. Il ne suffit pas de mélanger des prises de vues réelles à de l’animation traditionnelle mêlée de CG pour faire un truc correct, surtout si ces dernières sont à la ramasse. Quant-au scénario… je crois que le mot « créativité » a été banni du vocabulaire du studio depuis si longtemps qu’il est désormais impossible d’en espérer. Encore un truc pour la benne…

Jûni Taisen – Zodiac War: tous les douze ans se déroule un tournoi opposant des combattants aux capacités hors-normes, chacun représentant un des douze signes du zodiaque chinois. Sauf que, loin d’être une compétition fair-play, c’est un survival urbain où tous les coups sont permis. Par delà ce pitch fort simpliste, force est de reconnaître que ce n’est pas si mal, en fait. Bon, ça ne va pas casser trois pattes à un connard, mais dans la veine Mirai Nikki/Darwin’s Game, ce n’est certainement pas ce qui s’est fait de pire, surtout sur le plan technique; et si le design est assez particulier… bin justement, on ne peut pas reprocher au titre de manquer d’identité, pour le coup (et pour ma part, j’aime bien; même si c’est très subjectif). Maintenant, il faut voir comment ça évolue, mais pour l’heure, j’avoue que ça m’intéresse et que je suis curieux de voir ce que cachent le Rat et le Singe. Cependant, j’ai un peu peur que l’ending joue la carte du foreshadowing en spoilant le déroulé général de l’histoire (si ça se vérifie, on connaît déjà le nom du vainqueur).

Just Because!: une rom-com lycéenne comme il en existe tellement qu’il est difficile de lui trouver la moindre particularité ou originalité (club en déshérence, check; arrivée d’un nouvel élève, check; retrouvailles d’amis qui s’étaient perdus de vue, check…). Enfin, si, il y a bien l’omniprésence des messageries GSM, mais c’était déjà le cas dans Tsuki ga Kirei, qui était a priori nettement meilleur (même si l’intégration visuelle est très différente; question de budget, probablement). Sur le plan du scénario, ce n’est pas mauvais, mais pas très original, donc d’un intérêt relativement limité. Sur le plan esthétique, c’est assez joli, mais sans grande identité, donc d’un intérêt relativement limité. Les musiques sont plutôt agréables, mais facilement oubliables, donc d’un intérêt relativement limité. Bref, c’est dans l’ensemble assez correct, mais aussi assez quelconque, donc d’un intérêt relativement limité. Sans être nécessairement désagréable, hein, mais d’un intérêt relativement limité. Et j’aime les répétitions, même d’un intérêt relativement limité.

Kino’s Journey – the Beautiful World – the Animated Series: je vais vous faire un aveu: je n’ai pas regardé en entier la version du début des années 2000, et je n’en ai plus aujourd’hui qu’un vague souvenir. Pourtant, c’était bien; enfin, je crois. Bref, Kino’s Journey – the Beautiful World, c’est (toujours) une wandering story, genre qui se fait de plus en plus rare au fil des ans (alors que c’était très à la mode à la fin du siècle dernier, mais passons). Je ne sais pas trop s’il s’agit d’une suite, d’une préquelle ou d’un remake (a priori, pas le dernier et peut-être plutôt la première, au conditionnel). Toujours est-il qu’on retrouve Kino la vagabonde en compagnie de sa moto Hermes en voyage de pays en pays pour découvrir le monde. La réalisation, pour l’instant, ne gâche rien, ce qui fait qu’on a une série plutôt cool à regarder, avec des thématiques assez recherchées, puisant manifestement dans un riche fond « SF » assez ancien (difficile, par exemple, de ne pas penser aux séries de Leiji Matsumoto, et notamment Galaxy Express 999). Je pense la continuer jusqu’au bout; et accessoirement regarder (enfin) en entier la série précédente. Il n’est jamais trop tard pour combler ses lacunes, hein.

Konohana Kitan: dans un pays ressemblant au Japon shogunal, mais avec des créatures issues du folklore traditionnel, la jeune femme-renard Yuzu fait ses débuts dans le monde du travail en rejoignant le personnel d’une célèbre auberge tenue par d’autres femmes-renard. Elle va donc y partager le quotidien de la perfectionniste Ren, la joviale Natsume, la nonchalante Sakura, la sérieuse et opiniâtre Satsuki… bref. C’est bien mignon, mais en fait, une fois qu’on a fini de s’extasier sur les décors magnifiques et les paysages splendides, il ne reste pas grand-chose à retenir des premiers épisodes de cette slice of life. Peut-être que ça s’améliore par la suite, qui sait? Mais ça continuera sans moi, ce n’est clairement pas mon truc.

Love is Like a Cocktail: Chisato Mizusawa est la très sérieuse dir-com d’une boîte de bonne réputation, mais au-delà de cette apparence stricte et sévère, il y a une adorable fan des cocktails préparés par son charmant époux. Chaque épisode (de 3min environ) est donc l’occasion de découvrir une des recettes de cet ancien barman (pas toujours alcoolisées, d’ailleurs) en même temps qu’une des facettes de la personnalité de Chisato; très attachante, soit dit en passant. Je pense continuer à suivre jusqu’au bout, il en va de ma crédibilité d’alcoolique dépressif d’amateur curieux de boissons consommées avec modération, bien évidemment.

Recovery of an MMO Junkie: la trentenaire Moriko Morioka, célibataire et sans boulot, est accro aux MMO (RPG) et ne vit vraiment qu’au travers de son avatar masculin, Hayashi. Toutefois, qui dit « MMO » dit « sociabilisation » et il arrive, parfois, que l’IRL vienne s’en mêler. Bon, on ne va pas se mentir: c’est très léger, dans tous les sens du terme. Moriko est un archétype de loser sur-complexée qu’une suite d’événements va bien évidemment pousser à sortir de sa coquille, de sa vie recluse et de son monde virtuel, blabla, insérez les clichés sur les NEET de votre choix. Toutefois, il est intéressant pour une fois de voir, d’une part, une série sur un MMO qui ne relève pas de l’isekai, et d’autre part, avec un personnage central à la fois féminin et vraiment adulte (même si niveau maturité, c’est pas encore tout à fait ça). Du coup, bah j’aime bien, même si c’est loin d’être un chef d’œuvre, avec sa réal’ aux fraises et son histoire cousue de fil blanc.

Sengoku Night Blood: alors qu’elle se baladait, hétéroclite, Yuzuki a été catapultée dans le Japon du Sengoku, en plein champ de bataille, côté Hideyoshi. Au beau milieu de charmants jeunes hommes, qui vont immanquablement s’attacher à elle et qui ont tellement de rapport avec la réalité historique qu’on va gentiment oublier leurs patronymes, pour se contenter de les nommer par leur archétype: Prince-sama, Intello-sensei, Travesti-chan, Glaçon-san et Tête-Brûlée-kun (par la suite, elle rencontre aussi Mourant-dono, Guérisseur-hakase, etc.). Il faut signaler que, hormis Yuzuki, tous les personnages sont soit des loups-garous, soit des vampires qui se déplacent YOLO comme si de rien n’était en plein jour… OK, Stephanie Meyer, TU DÉGAGES! JE SUIS PAS LÀ POUR SOUFFRIR, OKAY?

THE IDOLM@STER Side M: c’est la première fois que je regarde un anime de la franchise (en même temps, la tronche des autres ne fait pas franchement envie), et je n’ai jamais touché aux jeux (pas la peine de demander si c’est fidèle, donc). Pour être tout à fait honnête, c’est beaucoup mieux que ce que j’imaginais; et beaucoup mieux que TOUS les anime basés sur des idol/talento que j’ai pu voir jusqu’ici, d’ailleurs. Le pilote annonçait la couleur, en mettant en scène un groupe formé et rôdé, mais justement écœuré par le fonctionnement interne de sa major, et donc parti en indé. La plupart des groupes présentés sont composés de gens en « reconversion professionnelle » (ancien avocat, anciens profs, ancien fleuriste, etc.), ce qui nous change pas mal des autres productions du genre. De plus, l’anime, s’il adopte une tonalité enthousiaste, n’en a pas moins une approche relativement, disons, pragmatique (à défaut d’être réaliste, mais on ne va pas trop en demander, non plus). Maintenant, est-ce que ça va continuer ainsi ou sombrer dans de la soupe consensuelle… c’est malheureusement probable. Quant-à l’aspect musical, il est sensiblement le même que par ailleurs dans ce type d’œuvre: faut aimer la J-Pop dance, quoi. Et ce n’est pas vraiment mon cas.

TsukiPro The Animation: la même chose que THE IDOLM@STER Side M, mais en moins bien (beaucoup moins bien, pour être franc). En plus, il y a des séquences de concert en trouadé dégueulasses en guise d’opening. Donc… on oublie.

Après, j’ai volontairement écarté la grande majorité des titres dont la diffusion vient de commencer, pour des raisons diverses (soit je n’aime pas la gueule du design, soit le pitch me fait flipper, soit c’est la suite d’un truc que je n’ai pas regardé, soit c’est une adaptation d’un truc merdique à la base, soit c’est chez un diffuseur qui a volontairement choisi de ne pas faire de simulcast et c’est très dommage…). Il se peut que je rate des trucs biens dans le lot, même si je pense suffisamment connaître mes propres goûts pour savoir ce qui me plaira (ou pas; et puis ça peut se découvrir plus tard, de toute façon). Et sinon, pas un seul titre de Wakanim dans cette liste, mais il faut bien dire je me retrouve de moins en moins dans les nouveautés trimestrielles de leur catalogue, au fil du temps. C’est comme ça.

Au revoir; à bientôt.

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. lololeboiteux dit :

    Pour le coup je pense que ton sentiment dans l’introduction est partagé par pas mal de monde car la masse de titres fait qu’il est plus difficile de tomber sur une perle par hasard sauf tout regarder (folie) ou d’avoir de bons conseils qui se recoupent entre plusieurs personnes.
    Par contre c’est amusant mais pour la conclusion sur Wakanim ça dépend vraiment des gouts il faut croire car cette année et contrairement aux deux précédentes c’est chez eux que j’aurais regardé le plus d’anime avec en prime trois fois mon AOTS pour les trois saison terminées 🙂 Même si pour cette dernière saison ça devrait être les Enfants de la Baleine (Netflix qui fait ****)

    Aimé par 1 personne

    1. tommyloser dit :

      Bien d’accord, l’intérêt d’un catalogue donné, c’est totalement une question de goût.
      Et je regrette également que Netflix ne fasse pas de simulcast pour les anime dont il acquiert les droits de diffusion. Après, il paraît que la patience est une vertu, donc bon…

      Aimé par 1 personne

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