Rattrapage de séries TV (quater)

Encore une fois, que du Netflix et du nord-américain, mais vu la masse de trucs que j’ai raté ces cinq dernières années (plus les nouveaux trucs qui sortent cette année), je me vois mal trouver le temps d’aller lorgner du côté des drama coréens ou des telenovellas brésiliennes. En plus, j’aime pas ça.

Gotham (saisons 1 & 2)

J’avais vu quelques épisodes par-ci par-là sans trop chercher à m’y intéresser: les préquelles, c’est rarement mon truc. Après visionnage des deux premières saisons dans leur ensemble, il apparaît, malheureusement, que la série (qui suit les débuts du futur commissaire James Gordon) cumule à peu près tous les travers d’une préquelle mal préparée. L’omniprésence de Bruce Wayne enfant, même quand ça n’a strictement rien à faire dans l’histoire, est déjà une idée de merde en soi. Y ajouter dans la foulée Selina Kyle (et d’autres, comme Ivy ou Crane, même si leur présence est plus ponctuelle), c’est encore plus con: on obtient un effet « Iron Man: Armored Adventures/Smallville » assez navrant, où tous les personnages se connaissent déjà avant même que ne débutent les choses sérieuses (autrement dit, avant que Bruce ne devienne Batman; le premier qui dit « spoiler » se prend un pain).

Concernant le personnage principal, je n’ai rien contre l’idée d’avoir un peu tordu la personnalité « classique » de Gordon vers une sorte d’archétype hard-boiled, tout en essayant de conserver son côté incorruptible. Cependant, force est de reconnaître qu’il a néanmoins un aspect « girouette » qui choisit précisément et subitement de ne pas respecter la loi PILE quand ça peut avoir des conséquences désastreuses (et pile quand il n’y en a pas véritablement besoin, en plus, cf la saison 2). Je veux bien qu’il faille parfois aider un peu le scénario, mais j’ai surtout l’impression qu’en fait, les scénaristes ne savaient pas très bien où ils allaient, ni comment s’y prendre, et qu’ils se sont contentés de piocher des clichés de polar à droite et à gauche pour assembler le tout, parfois aux dépens de la cohérence générale.

Ceci étant dit, si l’histoire générale est plutôt moyenne, si son personnage principal est con comme un manche, et si le côté « genèse de Batman » est beaucoup trop présent, il y a cependant deux personnages qui valent carrément le détour: Oswald Cobblepot et Edward Nygma. Plus que l’ascension de Gordon, c’est celle de ces deux futurs villains qui quelque part justifie l’existence de cette série (du moins sur les deux premières saisons; on verra par la suite). Le premier est une petite frappe louvoyante à l’ambition démesurée, le second un geek se révélant petit-à-petit psychopathe, tous deux connaissant une évolution fascinante. Après, ce ne sont pas non plus les seuls persos vraiment intéressants de la série, mais il faut se rendre à l’évidence: le plus réussi, dans Gotham, ce sont les villains (et c’est le principal).

Supergirl (saison 1)

Alors que Superman protège Metropolis (rien à voir avec Fritz Lang ou Osamu Tezuka; a priori), sa cousine Kara Zor-El décide, après plusieurs années de vie dans l’anonymat, de jouer le même rôle pour la ville de National City (rien à voir avec le fait que ça se trouverait sur le front… de mer; j’imagine). La jeune kryptonienne doit donc jongler entre sa vie socio-professionnelle dans l’entreprise de médias CatCo, sous le nom de Kara Danvers (rien à voir avec Carol ou la Flandre; il me semble), et ses activités super-héroïques, sous le pseudo de Supergirl. Pendant ce temps, l’agence gouvernementale DEO (rien à voir avec le truc qu’on met sous les bras; je crois) traque secrètement les extraterrestres sur Terre, tandis que des survivants d’une prison de haute sécurité kryptonienne complotent dans l’ombre, sous la houlette d’un dénommé Non (rien à voir avec la négation; on dirait).

C’est une chose de partir avec les meilleures intentions du monde (faire une sorte de Superman féministe et plus généralement progressiste, de montrer qu’une femme, à activité égale, doit fournir bien davantage d’efforts qu’un homme pour que ses mérites soient reconnus et cependant y parvenir avec brio, ou insister sur les discriminations dont peuvent être victimes les réfugiés ou les immigrants en passant par la métaphore extraterrestre). C’en est une autre de réussir à ne pas se planter à l’arrivée. Or, sans être misérable ou totalement à chier, qualifier cette série de franche réussite serait faire preuve de mauvaise foi.

Certes, le duo Kara/Alex (sa sœur adoptive humaine) fonctionne plutôt bien, même si la première fait trop « Felicity Smoak » pour être prise au sérieux et la seconde trop « mannequin » pour être crédible dans son rôle. Il y a aussi quelques bonnes idées dans le choix du casting, comme Dean Cain dans le rôle de leur père terrien (histoire de rappeler la série Lois & Clark des années 1990) et surtout, dans le rôle de leur mère, Helen Slater  (la Supergirl du film de 1984); également Calista Flockhart, incarnant le personnage le plus intéressant de l’histoire, à savoir Cat Grant, patronne de CatCo (et qui se permet même un petit taunt vis-à-vis d’Harrison Ford, qu’elle éconduit; en fait, ça n’est « drôle » que si on sait qu’ils sont ♥ IRL).

Malheureusement, pour le reste… erf. Niveau SFX, ça prête beaucoup à sourire (on dirait que c’est au niveau de Noob; sauf que c’est pas le même budget, quoi), et niveau écriture, c’est très aléatoire. Mais ce sont surtout les antagonistes qui constituent le point le plus discutable du film, puisqu’ils laissent l’amère impression qu’on a affaire à des contrefaçons: une femme Brainiac, un Lex Luthor chevelu, des officiers militaires caricaturaux qu’on a vu mille fois un peu partout, Dead « Irish » Canary, Girlectro, un Zod de pacotille avec sa clique… Et puis, il y a le Martian Manhunter, un métamorphe infiltré tellement discret que personne ne le remarque quand ses yeux écarlates se mettent à luire sans raison devant tout le monde dès les premiers épisodes…

D’ailleurs, c’est une constante dans cette série: l’identité secrète des ET, tout le monde s’en branle; on peut en parler en public sans que personne autour n’en ait rien à cirer, c’est hallucinant; et ce alors qu’une bonne part des enjeux de l’histoire reposent là-dessus. Pas sûr que je regarde la suite.

Colony (saison 1 & 2)

Nous avons perdu; enfin, par « nous » je veux dire « les humains » quoi. Des ET se sont pointés et nous ont mis la misère. Ce qui reste de civilisation vit désormais parquée dans dans de grands espaces murés (les blocs), sous la surveillance de drones et de collabos. Will Bowman et sa petite famille habitent dans ce qui était autrefois Los Angeles. Par une suite d’événements impromptus, il intègre les forces de sécurité du bloc, chargées de maintenir l’ordre et de mettre hors d’état de nuire les récalcitrants. Il ignore que, de son côté, sa femme Katie a choisi de rejoindre la Résistance, et que son fils aîné s’accoquine avec un professeur un peu trop dissident.

Manifestement inspirée de certains passages des heures sombres de l’histoire européenne (occupation, ghetto de Varsovie, déportations & camps de travail, Gestapo & Stasi, drapeau rouge-blanc-noir et autres), le scénario tient surtout grâce à deux choses. Son univers, qui à défaut d’être original est plus qu’intéressant; et la tension constante qui peut exister entre les opposés rapprochés que sont Will et Katie, le collabo et la résistante. D’ailleurs, les personnages ne sont globalement pas présentés de manière binaire: des résistants peuvent être de vrais connards, quand des collabos font parfois preuve d’une humanité désarmante.

C’est peut-être justement là que se trouve le plus gros intérêt de la série: ses personnages, à deux ou trois exceptions près, sont profondément humains, dans tous les sens du terme, chacun ayant sa part lumineuse et sa part sombre. Par exemple, on pourrait penser que le Proxy (collabo en chef local) Alan Snyder serait une ordure finie, mais en fait pas vraiment (même si ce n’est clairement pas un enfant de chœur); et à côté de ça, Eric Broussard, le héros de la Résistance, est d’une brutalité qui n’a pas grand-chose à envier aux forces de sécurité (et il n’est pas le pire dans son camp).

Autre point important, et c’est assez peu courant dans les histoires d’invasions extraterrestres: on ne croise pas d’ET hostile à tous les coins de rue. Ces derniers sont une présence palpable mais lointaine, essentiellement personnifiée par leurs drones de surveillance, plus rarement leurs vaisseaux de transport. Colony est avant tout une histoire d’humains parqués et dirigés par d’autres humains, eux-mêmes soumis à des forces qu’ils ne comprennent pas (voire ne connaissent pas).

Après, ce n’est pas parfait non plus, il y a des ficelles très grosses, des jeux d’acteurs qui passent sans prévenir en mode « nanar » et une poignée d’incohérences un peu piquantes (surtout dans la saison 2). Un traitement de la question « religieuse » assez caricatural, aussi. Mais dans l’ensemble, c’est une très bonne surprise.

Pour conclure, je crois que je vais commencer à lâcher du lest sur les séries TV adaptées de comics, qu’elles soient liées au MCU ou au Arrow-verse (et donc faire une croix sur Inhumans & Runaways; sauf croissance exponentielle de temps libre dans les mois à venir, ce qui est très improbable). Les premières saisons des premières séries du genre étaient de bonne voire très bonne facture, mais force est de constater que, dernièrement, la sauce prend beaucoup moins bien. Peut-être ont-elles simplement déjà exploité tout ce qui faisait leur intérêt à l’origine, à moins que les scénaristes ne soient juste arrivés dans une impasse créative, dont d’autres pourraient éventuellement parvenir à sortir, je ne sais pas trop.

Au revoir; à bientôt.

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