Stranger Things (saison 2) & Beyond

Sortir la deuxième saison de Stranger Things en pleine période d’Halloween, c’était assez bien vu: la série a à peu près tout ce qu’il faut pour égayer les soirées citrouille. La question étant de savoir si elle transforme l’essai marqué par la première. En fait, c’est oui. Je dis ça des fois que vous n’auriez pas envie de vous taper la lecture du post entier. Parce que bon, on ne va pas se mentir, c’est parfois chiant de lire des trucs en entier. Genre, vous avez déjà essayé de lire la constitution de la Ve République en entier? Moi oui, et c’était très, très chiant. Bref. Oh, j’oubliais: il va y avoir des spoilers. Sur la première saison, du moins. Je vais essayer d’y aller mollo sur la deuxième, mais bon, vous savez ce que c’est.

Halloween, 1984: après la défaite du Demogorgon et l’effondrement des projets du Dr Brenner, la vie de la petite ville d’Hawkins semble avoir repris son cours. En apparence, du moins. Mike n’accepte pas la disparition d’Elf, de même que sa sœur Nancy n’a pas digéré la version officielle pour celle de son amie Barbara. Mais c’est surtout Will qui a le plus de mal à reprendre une vie normale: il est régulièrement assailli de visions de l’Upside Down, où une gigantesque et inquiétante forme sombre semble s’intéresser de très près à lui. Pendant ce temps, le shériff Hopper a été contacté pour enquêter sur de multiples cas de saccages dans des champs de citrouilles locaux, citrouilles qui semblent nécrosées de l’intérieur. Y aurait-il un rapport avec la créature aperçue par Will? Et c’est également à cette période que la jeune Max débarque de sa Californie natale avec sa mère, son beau-père et son nouveau grand-frère, histoire de commencer une nouvelle vie dans le calme de l’Indiana; et son scoring à Dig Dug ne passe pas inaperçu.

Si la première saison était estampillée « geek des 80ies » celle-ci franchit plusieurs caps, pour se placer un certain nombre de crans au dessus en matière de référencement: il y a tellement d’inspirations évidentes, allusions et clins-d’œil que je suis à peu près persuadé d’en avoir loupé la moitié au passage (au bas mot). Rien que pour le cinéma, déjà: des Goonies aux Warriors en passant par les Gremlins, Ghostbusters, Mad Max, Star Wars, Aliens et Breakfast Club, la série passe son temps à essayer de toucher la nostalgie de ses spectateurs.

On peut faire le même constat par rapport au jeu vidéo (ce qui n’était pas le cas du tout pour la première saison), vu qu’il y a maintenant une salle d’arcade comme lieu récurrent (où des gens jouent à Dragon’s Lair, ce qui confirme que nous sommes bien dans une série de science-fiction). Cette tendance se retrouve d’ailleurs jusque dans le casting, puisque à Winona Ryder (qui jouait dans Beetlejuice) viennent s’ajouter d’autres figures célèbres des 80ies, comme Sean Astin (qui jouait dans les Goonies) et Paul Reiser (qui jouait dans plein de trucs).

Car le cercle des personnages principaux s’est élargi, passant à plus d’une douzaine désormais, avec l’arrivée dans la bande de Max, Bob et même dans une certaine mesure du Dr Owens. Ces deux derniers sont peut-être ceux qu’on aurait le moins attendu dans cette deuxième saison. Bob Newbie est une sorte de joyeux geek sympa, un peu comme si un hobbit avait décidé de taper l’incruste dans le scénario. En duo avec sa compagne du moment (Joyce), il est une sorte de père de substitution pour Will (dont il ne comprend pas l’étendue des problèmes, ignorant qu’il est de la nature paranormale des événements de l’année passée). Le Dr Owens est le successeur du Dr Brenner au Hawkins Lab, beaucoup moins binairement antipathique que ce dernier: conscient des graves conséquences des expériences de son prédécesseur, il essaie tant bien que mal de réparer les choses et de contenir l’avancée du Mind Flayer.

Celui-ci est une gigantesque horreur lovecraftienne, contrôlant psychiquement les êtres « inférieurs » avec lesquels il entre en symbiose et étendant ses ramifications dans les profondeurs, dévorant ce qui tombe dans ses tentacules. Là où le Demogorgon de la première saison était, en gros, le requin des Dents de la Mer sur terre (et avec un pouvoir trans-dimensionnel), on a maintenant un être viscéralement maléfique et conscient, utilisant ses subalternes pour parvenir à ses fins.

En plus de cet « antagoniste » principal, il faut aussi compter avec Billy, frère de Max et Power Ranger rouge (si si). Qui reprend le rôle autrefois dévolu à Steve et est une vraie caricature de bad guy des années 1980: coupe mulet, boucles d’oreilles, jean moulant, fou du volant, amateur de muscu, écoutant du metal… je crois qu’aucun cliché n’a été oublié. Il est même en conflit ouvert avec son papa. Mais quelque part, ce stéréotype était nécessaire pour, d’une part, justifier le mal être de Max et, d’autre part, remettre en perspective le personnage de Steve.

Ce dernier se pose désormais en compagnon d’armes des geeks, en particulier de Dustin, dont il devient en quelque sorte un grand-frère de substitution. Tout comme le shériff Hopper devient un père de substitution pour Elf, qu’il cache dans sa cabane au fond des bois, histoire que le Hawkins Lab ne se mette pas à nouveau à exploiter ses pouvoirs. Elf a aussi une sœur de labo, laquelle sert d’ailleurs d’introduction au premier épisode.

Kali n’occupe malheureusement pas assez de temps d’écran pour connaître un développement aussi important que la plupart des autres protagonistes, mais on comprend rapidement que son leitmotiv sera la vengeance, avec une petite bande de paumés archétypaux qui lui servent de faire-valoir. De fait, elle se pose en négatif d’Elf, qui, bien que traumatisée par son passage au Hawkins Lab, a pour priorité de protéger ses amis, en particulier Mike. Lequel tire la gueule presque tout le temps, et cède la place de premier plan qui était la sienne dans la première saison, le plus souvent à Lucas et Dustin (dont le background familial est étoffé), voire aux personnages adultes (Bob Newbie, Jim Hopper…).

Aussi, les perspectives ouvertes par cette deuxième saison sont plus larges que celles de la première, même si Will se confirme dans son rôle de victime (tout comme Joyce, Jonathan et Nancy dans leur rôle respectif). C’est donc ainsi qu’on pourrait la résumer: la même que la précédente, en plus intense; et avec beaucoup plus de CG, mais en fait ça passe plutôt bien (vu la taille de certaines créatures & décors, ç’aurait de toute façon été impossible de tout faire en practical effects). Quant-à Beyond Stranger Things

Il s’agit d’une suite d’entretiens plus ou moins informels avec les acteurs et quelques membres du staff, sur le processus créatif. Pas toujours nécessairement très pertinents, ceci dit, vu que l’accent y est beaucoup placé sur le ressenti des acteurs à propos des relations entre les divers personnages (notamment leurs relations affectives). De fait, on ne parle finalement qu’assez peu du design des créatures de l’Upside Down (par exemple) et beaucoup des histoires de cœur des protagonistes; surtout du double triangle amoureux Nancy-Steve-Jonathan & Max-Dustin-Lucas. Toutefois, Beyond Stranger Things a le mérite de livrer quelques infos sur l’envers du décor, les décisions de dernière minute, le pourquoi de la prise d’importance de certains personnages (comme Steve ou Bob, dont le rôle devait être à l’origine plus restreint), etc.

Bref, la deuxième saison de Stranger Things vaut au moins autant que la première le coup d’être vue et c’était précisément ce qu’on en attendait. Quant-à Beyond Stranger Things, on aurait pu en attendre plus, mais il faudra s’en contenter.

Au revoir; à bientôt; et joyeux Halloween.

PS: c’était mon 200e post sur ce blog. J’aurais bien fêté ça dignement, mais bon…

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