The Punisher (saison 1)

Après avoir phagocyté la moitié (au bas mot) de la deuxième saison de Daredevil, le punisseur revient dans sa propre stand alone. Mais vu que Iron Fist était naze et que The Defenders, ce n’était pas franchement la grande teuf, autant dire que c’est avec circonspection et scepticisme que j’ai entamé le visionnage. Verdict.

Frank Castle a éliminé jusqu’au dernier des membres des organisations criminelles impliqués dans la mort de sa famille. Sauf que ça n’a pas suffi a mettre un terme à ses cauchemars, ou à la culpabilité, ou à la criminalité à New York. Aussi, même s’il a rangé son punishirt, il est contacté par un ancien analyste de la NSA, Micro, qui détient la preuve de son implication dans le meurtre d’un officier de police afghan (une ramification de l’histoire du trafic de drogue du major Schoonover, cf Daredevil saison 2). Pendant ce temps, l’officier de la DHS chargée de cette affaire, Dinah Madani, se voit recadrée par sa hiérarchie, qui lui demande d’abandonner l’enquête, toutes les preuves ayant mystérieusement disparu…

À l’instar de Tony Stark, l’origin story de Frank Castle s’est vue quelque peu modernisée: il est vétéran d’Afghanistan plutôt que du Vietnam, et son « acte de naissance » en tant que vigilante, s’il est toujours bien lié à des crimes mafieux, est désormais connecté à un complot impliquant divers individus corrompus au sein de plusieurs organisations gouvernementales étasuniennes.  Officiellement mort, Castle va simplement s’appliquer à faire ce qu’il sait faire le mieux: tuer.

L’histoire de cette série, sans surprise, est donc celle d’une enquête/vengeance menée par des fugitifs névrosés (voire traumatisés), contre des puissants bien implantés et connectés aux hautes sphères de l’administration. À ce récit principal viennent se greffer quelques sous-intrigues, certaines très meh (la famille de Micro) et d’autres déjà plus pertinentes, comme l’affaire Lewis Wilson.

Wilson est un jeune vétéran rentré chez lui mentalement amoché, appartenant au groupe de soutien d’un ami de Castle, Curtis Hoyle. Sauf que, sous l’influence d’un mythomane fan de la NRA, il part totalement en vrille, en mode Rambo version premier film (de très loin le meilleur, IMHO). Le gros point fort de la série est en effet de mettre en relief la question du retour au pays des soldats, avec leur bagage d’expériences douloureuses, d’aspirations trahies, d’ambitions déçues et d’amères désillusions.

Ce bagage, difficile à porter une fois revenu à la vie civile, devient un poids si lourd qu’il en entraine certains vers le fond. C’est le cas de Wilson, mais aussi, évidement, de Castle, et de son compagnon d’armes Gunner Henderson. Billy Russo, un autre de ses compagnons d’armes, a lui réussi à tirer profit de son expérience de la guerre pour monter sa boîte de sécurité militarisée, Anvil. Tandis que Curtis Hoyle, estropié, tente d’aider, par la parole et le soutien, ses compatriotes démobilisés (et il est peut-être des anciens soldats présentés ici celui dont la réinsertion aura été la plus réussie; ou la moins dévastatrice, plutôt).

Cet aspect constitue certainement le meilleur élément de cette série, car en dehors de ça… OK, c’est très loin d’être aussi mauvais qu’Iron Fist, mais c’est quand même très convenu. Le côté thriller, par exemple, est très classique dans son approche, formelle ou narrative, et les « traîtres » sont facilement identifiables au premier regard, ruinant tout éventuel effet de surprise.

De plus, certains personnages sont juste énervants. La famille Lieberman ou Madani, par exemple, sont tellement caricaturaux à leur façon que c’en est par moment franchement ridicule. Au point qu’on a parfois l’impression d’avoir devant soi une espèce d’empilement de clichés. Même les séquences oniriques ou les flashbacks de Castle sentent le réchauffé au micro-onde. Et puis, on ne va pas se mentir: certaines décisions (stupides) des personnages sont justes motivées par le besoin d’aide du scénario, assez inégal dans l’ensemble par ailleurs.

Enfin, si la connexion avec le reste du MCU est logique, vu le passif du personnage principal avec Matt Murdock et Karen Page, elle n’est pas particulièrement visible au-delà de ça. C’est même pour le moment la seule série Marvel-Netflix où le personnage de Claire Temple ne vient pas s’incruster (pas plus mal, d’ailleurs). Et à moins que le personnage de Jigsaw (dont la série constitue en un sens l’origin story) ne décide de s’en prendre à d’autres héros du MCU, je vois mal ce qu’elle peut apporter à ce dernier (vu que le background de Castle, on le connaissait déjà par Daredevil saison 2).

Du coup, je suis plutôt mitigé sur cette série. Meilleure que les deux dernières Marvel-Netflix, certes, mais pas franchement concluante. On n’est formellement et narrativement pas au niveau de Jessica Jones et Luke Cage, par exemple. Ceci étant dit, elle a au moins le mérite de poser des questions pertinentes et de mettre sur le tapis des problèmes d’actualité, malgré un traitement pour le moins expéditif. Ç’aurait pu être bien pire.

Au revoir; à bientôt.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. tomabooks dit :

    Je viens de finir mes petites corrections sur mon article sur le Punisher. Je viens de lire ton article et nous avons le même avis.
    Classique, mais qui tabasse bien. J’ai beaucoup aimé l’arc narratif traitant des vétérans de la guerre et de leurs places dans la société.

    Aimé par 1 personne

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