Vrac de trucs japonais terminés (quater)

Allez, ça faisait un bail depuis la dernière fois: vrac de machins venus du pays du soleil levant terminés depuis quelques temps.

Mangas

Apeiron: une histoire de clones sur fond de complot d’une grande firme qui cherche à mettre au point une méthode pour devenir virtuellement immortel tout en asseyant sa mainmise sur le globe avec un traitement contre une pandémie. Avec un dessin tout ce qu’il y a de plus passe-partout. OK. Originalité/20. Le point positif du manga, c’est qu’il tient en deux volumes; donc si vous connaissez quelqu’un qui est fan de ce genre d’histoire et pas trop exigeant, ça peut faire un cadeau de dernière minute à caler sous le sapin. Le revers de la médaille, c’est que le manga n’est pas court pour les bonnes raisons, et que la fin sonne comme un « coucou, comme le manga ne marche pas assez, il faut conclure en urgence » (en fait, ce n’est même pas vraiment une fin). Bref, c’est plus que dispensable.

The Sacred Blacksmith: l’avantage de la fantasy, c’est qu’elle permet des détours extraordinaires vers des imaginaires qui ne sont guère envisageables par ailleurs que dans la SF. Aussi… pourquoi retrouve-t-on aussi souvent en manga les mêmes lieux-communs, les mêmes archétypes, les mêmes ressorts narratifs, qui pour certains remontent aux J-RPG des années 80/90? The Sacred Blacksmith est une manifestation concrète du « problème » auquel vient s’en ajouter un autre, à savoir un rythme de publication suffisamment long pour qu’au final, on en vienne à ne plus rien avoir à cirer de ce qui peut arriver aux personnages. Le volume final est d’ailleurs décevant sur pas mal de points, car manquant cruellement d’intensité et de personnalité. Qui plus est, sortir une suite de flashforwards mâtinée d’ellipses n’était pas nécessairement la façon la plus intéressante de conclure l’histoire. OSEF un peu, quoi.

Le mari de mon frère: j’aurais pu (et probablement dû) lui consacrer un post entier. Mais le fait est que beaucoup de choses ont été déjà été écrites sur ce titre et qu’elles tendent toutes vers la même direction: c’est un excellent manga, qui traite de manière pertinente d’un problème de société important (la façon dont les homosexuels sont considérés au Japon), le tout dans un style visuel marqué par la personnalité de son auteur, directement concerné par ledit problème. Le choix d’avoir fait de Mike un canadien en deuil venu rencontrer sa belle-famille au Japon était probablement la meilleure manière de confronter les deux perceptions, celle d’un pays globalement ouvert sur la question des droits LGBT face à celle d’un pays marqué par une homophobie latente. Pas de grandiloquence, pas de pathos exacerbé (alors que, vu les circonstances, ça pourrait), juste une tranche de vie d’un Japonais dont la vision du monde (et de son frère défunt) va changer au contact de son beau-frère. Le tout en quatre tomes, ce qui ne s’avère finalement ni trop long ni trop court. Peut-être l’un des meilleurs titres de cette année, et en tout cas l’un de mes préférés.

Dernière Heure: le dernier tome est la « sortie du mois » de Akata, selon les propos de l’éditeur lui-même. Et… j’aimais beaucoup les trois premiers, mais le quatrième m’a un peu déçu. Le manga met en scène des adolescents brutalement confrontés aux réalités de la guerre face à un ennemi venu de l’espace et envoyés au front du fait de pertes gigantesques dans les rangs terriens. Soit un thème très récurrent de la SF nippone depuis les années 1970 (au hasard, Gundam premier du nom). Dernière Heure se démarque principalement par un traitement très « endémique » de cette tension: on n’y suit guère qu’une poignée de personnages dont les déplacements se limitent essentiellement à une île et un champ de bataille proche. On assiste donc à la déliquescence de ce microcosme devant une attaque dont la nature demeure inconnue, jusqu’au dernier volume. Et c’est peut-être là que ce situe le problème: parfois, dans une fiction, il est préférable de laisser une part de mystère. Las, le dernier quart de planches révèle beaucoup de choses, qui quelque part plombent la cohérence du récit (la nature des envahisseurs, avec leurs moyens, leurs méthodes et leurs motivations, est l’exemple le plus frappant). De fait, ce qui aurait pu être un des meilleurs mangas de SF de la décennie devient juste un titre sympa dont le dernier tome, assez mal rythmé par ailleurs, n’est clairement pas à la hauteur du reste. Mais, sachant qu’il s’agissait de la première œuvre de l’autrice en tant que scénariste, elle démontre surtout que Yû avait absolument toutes les qualités requises pour créer, avec un peu plus d’expérience, des titres décisifs. À l’instar de Project Itoh, elle n’en aura malheureusement pas eu la possibilité. Une perte inestimable pour le monde du manga.

Light Novels

Re:Zero, volume 2: Natsuki continue sa succession de boucles temporelles en mode Dark Souls, cette fois-ci dans le manoir du riche protecteur/mécène d’Émilia, le marquis Roswaal. Il aura fort à faire face à la méfiance des sœurs Ram & Rem (seules domestiques du domaine) et la relative hostilité de la magicienne Béatrice. En fait, on commence un peu chaque chapitre en se demandant « OK, ce coup-ci, il meurt comment, le père Subaru? » Parce que c’est à la fois la principale originalité de l’histoire (je n’en vois pas d’autre, en fait) et son principal ressort narratif. Et pour l’heure, ça fonctionne toujours plutôt pas mal, malgré certaines lourdeurs (habituelles dans les LN; celle-ci se situe clairement dans le haut du panier). Quant-à la fidélité de l’anime au LN, elle est toujours vérifiée pour le moment. C’est cool, donc.

DanMachi, volume 5: on a petit à petit rattrapé la fin de l’histoire qui avait été adaptée en anime, et il semble bien qu’il y ait eu quelques coupes au passage, format court oblige, évidemment. Autant dire que, si jusque-là, en dépit de quelques passages supprimés ou modifiés, l’anime s’avérait plus intéressant que le LN, ça commence à ne plus être le cas. Et ce ne le sera définitivement plus à partir du prochain numéro, puisque le volume 6 devrait entamer une partie de l’histoire pas encore portée sur écran (pour peu qu’elle le soit à l’avenir d’ailleurs, mais c’est une autre histoire). On reste sensiblement dans la même veine, avec un Bell à la progression exponentielle et de plus en plus de personnes s’intéressant à lui; évidemment toujours les mêmes clichés typiques de production pop japonaise lorgnant vers les univers de fantasy/RPG. L’ajout du dieu Hermès et de sa principale suivante n’est pas de nature à révolutionner l’ensemble, juste ajouter un palier à l’intrigue (vu qu’on ne sait au fond pas très bien dans quel camp il se trouve; enfin, si: le sien; mais justement, on ne sait pas vers où il lorgne, son camp). En revanche, j’aime beaucoup le traitement du personnage de Ryû; même si c’est très subjectif, on est d’accord. Il y a moins d’onomatopées, aussi, ce qui ne peut pas être une mauvaise chose (et j’espère sincèrement que ça va continuer comme ça).

Anime

Fate/Apocrypha (première moitié, vu que c’est tout ce que Netflix propose pour le moment): là où les précédentes itérations de Fate en anime essayaient de suivre un personnage principal et ses alliés (ou futurs alliés), Apocrypha lorgne du côte de la fiction chorale. Il y a bien un personnage qu’on pourrait qualifier de « principal » mais il n’est pas nommé avant le cinquième épisode et on va passer plus de temps à ne pas le voir que l’inverse; donc autant considérer qu’il n’y en a pas vraiment. En fait, les « factions » (rouge, noire et Ruler) sont traitées sensiblement de la même façon. Le rapport avec les précédents Fate semble d’ailleurs purement formel, si ce n’est que Ayako Kawasumi rempile dans un rôle de caméo/flashback et que Shirô Kotomine ressemble physiquement à Archer de Fate/Stay Night (mais les personnages n’ont juste rien à voir; Shirô Kotomine se bat même davantage comme Ciel de Tsukihime que comme aucun des persos de Fate). On a, par rapport aux autres, le double de servants et de masters. L’ennui, c’est que pas mal d’entre eux sont assez pénibles, voire totalement inutiles. Je songe notamment aux masters de la faction rouge, dont on ne retiendra finalement que Shirô et le nécromancien, mais chez les noirs, ce n’est pas la fête non plus. On devine dès le départ qui sera honnête jusqu’au bout, qui sera un traître, qui sera le dindon de la farce, qui sera le con ou la conne de service… bref. Côté servants… j’ai rarement vu des personnages aussi plats et chiants dans les anime de la franchise; à part Astolfo, qui aurait cependant mérité d’être un peu plus étoffé et moins désinvolte. Les autres ne sont en rien mémorables, si ce n’est par les personnages mythiques (ou non) auxquels ils renvoient. On pourra trouver cool de retrouver en servant de grandes figures comme Jeanne d’Arc, Mordred, Achille, Chiron ou Siegfried. On aurait trouvé encore plus cool qu’ils soient effectivement plus consistants que la créature de Frankenstein, laquelle n’a au max qu’une demi-douzaine de mots intelligibles en guise de lignes de dialogue… Quant-à l’histoire en tant que telle, ça ne va pas chercher bien loin pour le moment: de la baston, de la trahison, des morts, de légendaires figures masculines qui s’avèrent en réalité être des femmes… bref, Fate, quoi. Mais en moins bien que les précédents.

Voilà pour ce dernier vrac de l’année, comme très souvent en demi-teinte.

Au revoir; à bientôt.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s