Phantasy Star a 30 ans

La première console Sega que j’ai eu en ma possession a été… la Saturn. Donc ouais, j’ai pris le train en route, et juste avant qu’il ne déraille, en plus. De fait, je suis passé à côté de pas mal de titres intéressants durant mon enfance/adolescence, et il a bien fallu que je rattrape par la suite, histoire de ne pas être trop paumé. Bah oui: comment comprendre la hype autour de Phantasy Star Online sur Dreamcast sans avoir jamais touché un seul épisode avant? Petit retour sur le premier épisode, donc.

Au cours de son expansion spatiale, l’humanité a essaimé un peu partout dans la galaxie. C’était le cas dans le système Algol, qui se constituait de trois planètes: la verdoyante Palma, l’aride Motavia et la glaciale Dezoris. Si le règne du roi Lassic y avait été particulièrement faste, sur la fin, c’était un peu moins la fête: peu à peu la bienveillance monarchique avait cédé sa place à une dictature en bonne et due forme. Si bien qu’un beau matin, Alis Landale avait retrouvé son frère Nero agonisant, mortellement blessé par les robots de sécurité de Lassic. Et juré de le venger; mais pour ça, il lui fallait rassembler une petite équipe de combattants.

Et pexer, ne serait-ce que pour ne pas crever dès les premières minutes de jeu. Beaucoup pexer. Ce n’était pas quelque chose de rare dans les J-RPG de l’époque, où on passait l’essentiel de son temps à farmer de l’exp en mob fight, et sur ce point, Phantasy Star ne se démarquait pas particulièrement de la concurrence (notamment d’un certain Final Fantasy, sorti deux jours plus tôt). Il n’empêche que, quand on y réfléchit rétrospectivement, ça revenait simplement à rallonger artificiellement la durée de vie en disant « fais juste 2737 fois la même chose, et tu pourras avancer » (parce que niveau répétitivité, les combats se posaient, quand même). M’enfin, bref, c’était une caractéristique inhérente au genre, et de toute façon, le public de l’époque n’en demandait pas moins.

Là où Phantasy Star se démarquait un peu, par contre, c’était sur l’univers proposé: un univers de science-fantasy… plus ou moins assumé. Parce que la haute-technologie et le voyage spatial, ok, mais on allait quand même combattre à l’épée, parce que YOLO. On se retrouvait de fait dans d’étranges situations où, après avoir traversé l’espace, le tarmac d’un spatioport et les rues d’une ville ultramoderne gardée par des androïdes, on entrait dans une boutique vendant lames et boucliers, comme un brave forgeron médiéval. Étranges, mais pas nécessairement si incohérentes que ça quand on y réfléchit un peu: après tout, Frank Herbert avait bien réussi à justifier le retour régulier à des formes de combat au corps-à-corps dans Dune.

Niveau bestiaire aussi, on ne s’éloignait guère des sentiers battus, avec une majorité de mobs qui auraient sans problème pu figurer dans un Dragon Quest sans dépareiller. Pas la totalité, ceci dit: on y retrouvait également un certain nombre d’adversaires robotisés pour nous rappeler qu’on se trouvait dans un futur technologiquement avancé, et pas seulement en termes environnementaux. Du reste, l’histoire s’étalant sur trois planètes, on ne peut pas dire que, selon les critères de l’époque, les environnements étaient restreints. Visuellement répétitifs, oui (surtout les donjons), mais vastes.

Le gameplay était celui, classique, d’un J-RPG standard moyen, avec une logique de tour par tour pour les combats et de déplacement en vue de dessus pour la carte et les villes. Mais étrangement pas pour les donjons, où les déplacements s’effectuaient en vue à la première personne. Et c’était un putain de calvaire. Vu que tout se ressemblait et qu’on n’avait qu’une visibilité limitée (et pas de mini-map), s’y retrouver relevait parfois de l’exploit (surtout si on a un sens de l’orientation aussi mauvais que le mien). C’est d’ailleurs pour ça que l’idée a été abandonnée dans les épisodes suivants.

Parce que, rencontrant son petit succès, Phantasy Star est devenue une série à part entière, avec la sortie de la Mega Drive, qui connut trois épisodes. Elle se déclina aussi sur Game Gear avec deux titres, puis… plus rien jusqu’à la Dreamcast avec son fameux Phantasy Star Online. Il y aura bien eu une compilation des quatre premiers épisodes sur Saturn en 1998, mais ça en restera là.

Par la suite, après que Sega a abandonné le marché des consoles de jeu, la franchise a fait l’objet de divers épisodes sur les machines de Sony, Microsoft et Nintendo. Soit des portages des deux premiers Phantasy Star Online. Soit des rééditions (ou compilations) des épisodes MS & MD (les deux premiers ont ainsi fait l’objet d’un remake en version Sega Ages sur PS2). Soit des suites, préquelles ou spin-off (je ne sais pas trop comment les considérer), comme Phantasy Star Universe ou Phantasy Star Portable, se caractérisant par un côté multiplayer hérité de PSO (et donc beaucoup plus proches de ce dernier que des vieux épisodes 8/16bits).

Souvent en retrait par rapport à pas mal d’autres séries phares du RPG japonais, la série Phantasy Star a néanmoins réussi à survivre jusqu’aux années 2010, s’appuyant sur une fan-base certes plus restreinte, mais pas moins fidèle. Même si son avenir semble un peu compromis (il n’y a pas eu de nouveau titre depuis Phantasy Star Nova sur PS Vita en 2014), les trois épisodes MD, parfois accompagnés de leur prédécesseur MS, réapparaissent régulièrement au gré des rééditions de Sega Mega Drive Collection et des sorties de consoles MD à jeux intégrés. Ils sont par conséquent très facilement trouvables.

Contrairement à Dragon Force, qui est rapidement morte sans espoir de pérennité, ou Shining Force, qui s’est perdue en cours de route, Phantasy Star est une franchise qui a réussi à tenir le coup et même à se renouveler positivement en lorgnant du côté du multiplayer (même si je ne suis clairement pas un fan de l’évolution entamée depuis Phantasy Star Universe). Un véritable tour de force pour une série qui a débuté avec un jeu sans grosse prétention (si ce n’est surfer indirectement sur le succès international de Star Wars, quatre ans après Le Retour du Jedi), sorti sur une machine au succès encore restreint (la Master System n’était officiellement arrivée en Europe que dans l’année, après des ventes décevantes au Japon comme aux USA), et développé, au fond, pour remplir un catalogue plus que chiche en RPG par rapport à la concurrence (à titre indicatif, la Famicom devait compter environ une quarantaine de RPG ou assimilés en 1987; il y en avait dix fois moins sur Master System, Phantasy Star inclus).

Au revoir; à bientôt.

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