Mass Effect: Nouveau Monde

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La franchise Mass Effect a beau être « gelée » sur le plan vidéoludique (conséquence du désastreux épisode Andromeda), son volet cross média ne se porte, lui, pas si mal que ça, tout bien considéré. En fait, ça donnerait presque le sentiment que cet univers s’est affranchi des contraintes inhérentes au jeu vidéo pour se trouver une nouvelle vocation sur support papier (ou numérique). Quoi qu’il en soit, Mass Effect: Discovery, publié en français chez Mana Books sous le titre Mass Effect: Nouveau Monde, suit la tendance initiée par Mass Effect Andromeda: La révolte du Nexus: c’est vachement mieux que le dernier jeu, alors que jusqu’ici, les produits dérivés « littéraires » de la franchise n’étaient pas vraiment à la hauteur.

Suite à une petite altercation avec les Geths, l’officier turian Teran Kandros (Tiran en VO) tente de convaincre sa hiérarchie du bienfondé d’une enquête discrète sur l’Andromeda Initiative: un ensemble de données suspectes au sujet de l’entreprise de Jien Garson ont en effet été retrouvées dans les restes des machines intelligentes. Toutefois, il semble qu’un individu apparemment hostile suive le même chemin que lui, en laissant une longue trainée de cadavres derrière lui.

Les dessins sont signés Gabriel Guzmán, que les fans de Star Wars connaissent bien et qui constitue à lui seul une raison valable de lire ce titre. Il s’agit a priori de son premier gros travail sur la franchise, dont les dessins des comics étaient jusque-là surtout dévolus à Omar Francia (autre habitué des comics Star Wars) et dans une moindre mesure Tony Parker (aucun lien; mais il a signé une très cool adaptation en roman graphique de Do Androids Dream of Electric Sheep? de P. K. Dick, dispo en français chez EP; ou plutôt qui était dispo en français chez EP, vu que le titre ne figure aujourd’hui plus dans le catalogue de l’éditeur).

Il faut bien le dire, l’aspect visuel n’a que rarement été un problème dans les comics Mass Effect (juste quelques chapitres de Homeworlds, œuvres d’autres auteurs que les trois sus-cités, qui piquaient les yeux). Niveau narration, en revanche, ça n’a pas toujours été la fête. Mais (et je sais que je me répète), un peu comme pour les romans, il y a manifestement eu comme une sorte de sursaut mélioratif avec le passage à Andromeda.

Nous restons ici dans notre chère Voie Lactée, bien avant les événements du jeu (et de Mass Effect 3, donc), pour suivre ce qui ressemble à un mélange de fiction policière et de récit d’espionnage, permettant d’approfondir un peu le background général et celui de quelques persos secondaires. Tiran, déjà: on y découvre un « fils de » tentant résolument de prouver qu’il vaut mieux que ça, quitte à s’attirer les foudres de sa hiérarchie. Mais aussi et de manière plus surprenante Nyreen, qu’on avait rencontré dans le DLC Omega (loin d’être le meilleur du lot, mais le perso était cool et ça fait plaisir de la revoir).

Il introduit également quelques personnages plutôt bien vus, comme Olan Kooth, alias l’agent Zêta, un Salarian biotique constituant une véritable anomalie au sein de son peuple, tellement extrême et désespéré qu’il en devient un véritable danger ambulant. La biotique Luna Shanks, également, qui ne ressemble pour l’heure à aucun autre personnage féminin (ou assimilé, comme les Asari) de la franchise. Ou dans une moindre mesure le quarian Shio’Leth vas Novarra, plus classique dans son traitement, mais démontrant qu’il y a bien eu une collaboration de certains membres de la Migrant Fleet avec l’Andromeda Initiative.

Étoffant son univers tout en proposant une histoire en stand alone intéressante, Nouveau Monde n’intéressera cependant probablement que les fans de la saga: le fait d’avoir pour personnage principal un non-humain évoluant dans un univers dont beaucoup d’aspects sont manifestement tenus pour acquis par le scénariste (Jeremy Barlow) n’indique clairement pas une volonté de parler aux néophytes. Mais si vous vous intéressez à l’univers étendu de Mass Effect, il s’agit d’un des meilleurs titres disponibles.

Et puis, il y a aussi les couvertures alternatives de Kate Niemczyk, réalisées dans le plus pur style « pulp » des Weird Tales & Astonishing Stories, et qui valent carrément le coup d’œil (même si elles n’ont souvent rien à voir avec le contenu des comics).

Au revoir; à bientôt.

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