Pacific Rim Oopsrising

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Les suites au cinéma ont mauvaise presse, de manière générale, surtout lorsque l’épisode original n’en appelait pas. À raison, souvent, mais pas toujours: Mad Max 2, Aliens et Terminator 2 sont trois exemples éloquents, alors que leurs prédécesseurs se suffisaient amplement à eux-mêmes. Ils ont donné une nouvelle dimension aux univers auxquels ils appartenaient, élargissant les perspectives originelles et contribuant grandement à leur popularité: l’image du vagabond sans attaches dans un monde post-apo, la reine xénomorphe ou le cyborg reprogrammé en protecteur face à une machine plus performante sont devenus des éléments incontournables, voire iconiques de leur franchise, pourtant absents des premiers épisodes. Ce deuxième épisode de Pacific Rim permet-il donc de développer l’univers qui se dessinait dans le premier? Ou s’agit-il d’un Highlander II de plus dans le paysage cinématographique hollywoodien?

10 ans se sont écoulés depuis la victoire de l’humanité sur les Précurseurs et leurs Kaijus. Pourtant, tout le monde semble continuer à craindre le retour des gros monstres, et de nouveaux Jaegers ont ainsi été assemblés. Pendant ce temps, Jake Pentecost, fils du Mashall Pentecost du premier épisode, mène sa petite vie de gangsta pilleur de casse de Jaeger du côté de Santa Monica. Il tombe un jour sur Amara, une chieuse qui s’est amusée à construire illégalement son Jaeger perso (Scrapper), juste avant d’être tous les deux arrêtés. Recrutés plus ou moins contraints par Mako Mori, désormais secrétaire générale des Pan-Pacific Defence Corps, ils rejoignent la base de Hong Kong pour pallier le manque de pilotes, qui commence à méchamment se faire sentir. Or, il se trouve qu’une firme chinoise, la Shao Company, a lancé le développement de Jaeger-drones. Ce que Mako Mori a beaucoup de mal à accepter.

Alors déjà, rien dans le premier film ne laissait penser que Pentecost avait une famille, en dehors de Mako. Ce qui fait qu’on a clairement là un personnage sorti du chapeau (et dont l’origine ne se justifiait en rien). Et ce n’est pas le seul écart avec le premier épisode: Raleigh Becket a simplement disparu de l’histoire, sans explication; idem pour Herc Hansen et plus globalement pour tous les personnages survivants de Pacific Rim, à l’exception de Mako et des deux nerds (ah, si, Chau est name-droppé au début du film; on est content pour lui). Je n’ai rien contre l’idée de repartir sur de nouvelles bases, mais autant faire ça correctement, et ce n’est vraiment pas le cas ici.

Globalement, la plus grosse faiblesse du film tient à ses personnages, tout juste fonctionnels et clichés comme pas possible. Amara Namani est l’otaku des Jaegers de service, Nate Lambert est l’Iceman de service, Liwen Shao est la femme d’affaire/ingénieure glaciale de service, etc. Aucun n’étant évidemment plus développé que ça. Et aucun n’étant finalement mémorable. Pas même Jake et Amara, censés être les nouveaux héros de la franchise.

Quant-à l’histoire, on ne peut pas dire qu’elle soit particulièrement brillante par son originalité (là encore, beaucoup de clichés), sa cohérence ou sa mise-en-forme. Déjà parce que les Précurseurs ont l’air de biiiiiiien se compliquer la vie pour pas grand-chose. Et ensuite parce que les twists et retournements sont tous désamorcés d’avance par le montage. Sans trop spoiler, disons qu’on sait évidemment, dès le départ, que les drones vont poser problème, que les Précurseurs n’ont pas dit leur dernier mot, que ce sera à Jake et Amara de régler tout ça ensemble, etc.

L’exposition est aussi globalement mal foutue en ce qui concerne les Jaegers (ceux des PPDC). Scrapper et Gipsy Avenger ont droit au traitement standard, mais les autres… November Ajax, qui est peut-être le mieux introduit du lot, disparaît purement et simplement du script dans les vingt premières minutes du film. Quant-aux autres, ils ont droit au minimum syndical de présentation, pour n’être actifs que bien après. Si bien qu’on les en oublie un peu, rendant leur destruction, quand elle arrive, relativement anecdotique. D’ailleurs, de pilotes, on ne verra guère que Jake, son binôme Nate, et les cadets. Les autres, même ceux qu’on voit se sacrifier au front? OSEF, apparemment. Ils n’ont même pas droit à un nom, ou ne serait-ce qu’à un visage identifiable. Ils sont pourtant censés être au moins une dizaine, dans cette base…

Le mecha-design, lui, a un peu perdu en personnalité. Disons qu’il semble lorgner davantage vers des formes un peu plus modernes, quand Pacific Rim était surtout un hommage appuyé à Tetsujin 28 (entre autres). Difficile, par exemple, en voyant Saber Athena de ne pas penser aux Eva 00 & 02. À ce sujet, de manière plus générale, Pacific Rim Uprising a l’air visuellement plutôt influencé par Evangelion, jusqu’à certains aspects thématiques (que je vais éviter de spoiler, même si ça se grille à l’avance).

Quant-à la réal’, rien de spécial à en dire: elle est fonctionnelle, les séquences d’action sont aussi percutantes qu’auparavant et il est juste dommage qu’elles soient aussi verbeuses. Pas grand-chose à dire non plus sur les SFX: on est assez clairement à la hauteur du premier épisode. On notera juste quelques changements de direction artistique, notamment du fait que les combats se déroulent désormais majoritairement par de belles journées ensoleillées et principalement en environnement urbain (ce qui a permis de caser le RX-0 d’Odaiba).

Inutile d’y aller par quatre chemins: si Pacific Rim Uprising n’est pas un très mauvais film d’action, ce n’est pas non plus une bonne suite. Blindé jusqu’à ras-bord de clichés plus ou moins malvenus, il tente manifestement de continuer sur la lancée de son prédécesseur, mais échoue à se hisser à son niveau et se poser en suite cohérente; déjà du fait de l’absence aussi inexpliquée que remarquée de Raleigh (Charlie Hunnam était alors accaparé par le tournage du très discutable Le Roi Arthur: La Légende d’Excalibur), mais pas seulement. L’écriture, de manière générale, est incapable de sortir des sentiers battus, et seuls ses visuels lui permettent de sauver la face. Autant dire qu’à moins d’être un fan de mecha, il a relativement peu d’intérêt.

Au revoir; à bientôt.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Je l’ai trouvé bousique pour ma part !
    Le coup du mont Fuji m’a juste fait hurler de rire… avant que les Jaegers soient construit après l’arrivée des premiers Kaijus, ils auraient eu milles fois le temps d’y arriver !
    Le film crache juste à la gueule du premier et on a un mauvais Transformers mal enrobé 😦
    Mais ta critique est plus sympa que la mienne (et oui putain, Francis November on le voit au début puis… Plus jamais !!)

    Aimé par 1 personne

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