Vrac de trucs japonais terminés (sixième édition)

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Ouais, j’arrête avec le latin dans le titre, déjà parce que ça risquait de prêter à confusion, et aussi parce que… bah j’ai envie, stou. Ah, aussi, ce sera un peu plus long que d’habitude (il faut dire qu’il y a eu une avalanche de nouveaux titres sur Netflix ces dernières semaines).

Mangas

Souvenirs d’Emanon: un jeune lecteur de SF rencontre sur un bateau, à la fin des années 1960, une jeune femme, Emanon, qui prétend avoir l’équivalent de trois milliards d’années de souvenirs. Le manga est adapté d’une (ou plusieurs?) nouvelle de Shinji Kajio, que je n’ai pas lu (et en même temps, je n’ai pas souvenir que l’auteur ait été publié en français; par contre, il l’a été en anglais). Mais ça se sent, beaucoup, dans la structure générale du récit (pas mal de monologues introspectifs, scénarisation assez « statique » à base de longs dialogues, etc.). On a de fait un manga à l’histoire assez étrange, ou plutôt une histoire qu’il est assez étrange de rencontrer en manga (sous cette forme, du moins). Quoi qu’il en soit, elle sied plutôt bien au trait délicat de Kenji Tsuruta, auquel l’édition (collection Latitudes, de Ki-oon) rend honneur. J’espère sincèrement que la suite de l’histoire aura droit aux mêmes égards (en cours depuis 1983, il me semble que la série de nouvelles de Shinji Kajio n’est toujours pas terminée). Une très bonne surprise du premier trimestre 2018, donc.

MPD Psycho: un groupe d’enquêteurs, parmi lesquels des personnes atteintes de troubles de la personnalité, se retrouve à devoir faire face à une gigantesque manipulation meurtrière, impliquant des criminels marqués d’un code-barre dans l’œil. Le long thriller policier touche à sa fin et… j’avoue que ça a fini par me paumer. Les nombreux twists et retournements liés à divers types de psychoses, soit le cœur du récit, n’ont clairement pas été aidés par un rythme de publication d’une lenteur désespérante (deux douzaines de volumes au total, publiés sur près de vingt ans; et Pika n’y est pour rien c’était pareil au Japon). Il faudra que je les relise d’une traite, car les talents de scénariste (indéniables) de Eiji Ôtsuka et le dessin (très adapté aux histoires glauques) de Sho-U Tajima valent franchement le détour. Saluons aussi le beau travail créatif sur les couvertures.

Gunnm – Édition originale: Gally, cyborg amnésique retrouvée dans une immense décharge, se démène dans un monde en ruine afin, d’une part, d’y trouver sa place, et d’autre part, de protéger ceux qu’elle aime; tout en essayant d’en percer les mystères, à travers la figure fuyante du cruel docteur Nova. Le grand retour du manga cyberpunk phare de Glénat dans les années 1990 dans ce qui aurait dû être son « édition ultime » avec re-traduction au passage. Alors, je ne sais pas si c’est que celle de la première édition française prenait beaucoup de liberté avec l’originale (il me reste encore le volume 3 de cette époque, donc j’ai pu comparer), mais la nouvelle donne lieu à des dialogues d’une de ces puérilités… Du reste, on a pour la première fois Gunnm en français dans son sens de lecture original, ce qui est toujours ça de gagné; maintenant, ça aurait été aussi cool avec du papier de meilleure qualité (au hasard, comme celui de l’édition des années 1990).

Light Novels

Re:Zero, volume 3: suite de la « convalescence » de Subaru au manoir Roswaal, où il a pris l’habitude de mourir avec régularité (mais toujours d’une manière différente) depuis le volume précédent. Ayant identifié l’une des causes de ses décès successifs, il lui reste toutefois à régler quelques problèmes d’ordre… extérieur, on va dire, pour ne pas trop spoiler. Le LN continue sur sa lancée, un peu routinière, mais reste fidèle à l’esprit qui était le sien dans les deux premiers volumes: Subaru meurt, puis essaie diverses possibilités en repartant de son dernier checkpoint, jusqu’au succès. Ça ne va donc pas voler à des altitudes stratosphériques, mais dans sa catégorie éditoriale, il reste un des meilleurs titres disponibles en français, alors on ne va pas se plaindre.

Anime

Fate/Apocrypha (deuxième partie): après une première moitié mitigée, la série a continué sur sa lancée. Pas la moindre surprise, dans un sens ou dans l’autre, si ce ne sont Astolfo et Sieg, dont la situation finale est quelque peu inattendue. La relation que ce dernier entretient avec Jeanne est d’ailleurs plutôt capillotractée et sort du chapeau comme si, même en n’ayant manifestement plus rien à voir (à part sur le plan conceptuel), il fallait impérativement revenir à une relation de type Shirô/Saber. Sauf que les persos sont quand même vachement différents… Dommage, aussi, que Mordred et son nécromancien d’invocateur soient si peu exploités au final (ils avaient pourtant un sacré potentiel au départ). Une série en demi-teinte, et certainement pas la meilleure de la franchise Fate, donc.

Les Enfants de la Baleine: sur la Baleine de Glaise, un vaisseau qui fend les sables d’un immense désert, vit une petite communauté coupée du reste du monde et pour laquelle l’irruption d’étrangers belliqueux a tout d’une apocalypse; avec l’usage du Saimia (un pouvoir télékinétique), ils peuvent cependant survivre à cette épreuve et trouver leur chemin. Je dois dire que j’avais un peu peur: le manga est excellent, et je craignais que l’anime ne soit pas à la hauteur. Il s’avère qu’il l’est (on pourra juste reprocher à sa bande-son de manquer cruellement d’originalité; c’est le genre de travail qu’il aurait fallu confier à quelqu’un comme Saori Kobayashi, par exemple). Les décors ont notamment fait l’objet d’un soin particulier, avec une sorte d’effet-estampe qui leur donne une tonalité chromatique rare. Quant-à l’histoire et son univers, ils sont pour l’heure globalement suivis, sans écart important. Vivement la suite.

Devilman Crybaby: les démons sont de retour sur Terre, et s’incarnent dans des êtres humains lors de sabbats sanglants; or, il s’avère que certains d’entre-eux conservent après coup leur humanité, et c’est le cas de Amon, incarné dans le pleurnichard Akira Fudo, et qui va du coup combattre ses semblables sans scrupules. Et c’était putain de bien; clairement pas à mettre devant tous les yeux (on parle de vrais démons, là, donc c’est gore et porté sur le cul), mais très bon. Le choix d’un design épuré très « vintage » dans son style est contrebalancé par une animation grandiose et un scénario bien plus recherché que ce qu’on trouve habituellement dans les anime du même genre. La dualité Akira/Ryo, la recherche de la performance à tout prix et la brutalité naturelle de l’être humain y sont traités avec beaucoup de justesse et de pertinence, en faisant certainement l’un des meilleurs anime de ce trimestre.

A.I.C.O.: une expérience médicale qui tourne mal, et c’est toute la Gorge de Kurobe qui est envahie par une forme de vie artificielle agressive; or, c’est là que doit se rendre Aiko, objet de cette expérience, pour récupérer son corps d’origine, aidée par un petit commando d’élite. En gros, c’est un peu ce qu’aurait pu être I Wish You Were Here (pour ceux à qui ça dit quelque chose) s’il y avait eu du budget et un meilleur scénariste. Ça ne vole donc pas bien haut, les twists se grillent à 10km et les personnalités sont souvent réduites au minimum syndical (le niveau juste au dessus de « personnage fonction » mais pas plus). Enfin, ça reste regardable, quand même, hein. D’autant que le mecha-design, qui tend vers un certain réalisme, est plutôt bien fichu (je dirais même que c’est LA plus-value de la série). Par contre, la fin est assez miteuse, et on aurait aimé que « l’antagoniste principal » soit un peu moins… une grosse merde.

Violet Evergarden: après les trois premiers épisodes, j’étais assez sceptique sur la capacité du scénario à tirer quelque chose d’intéressant du biais par lequel ils avaient choisi de développer Violet. Et il s’avère que j’avais tort. Dans la plupart des épisodes, on change de point de vue, pour adopter la plupart du temps celui d’une personne qui ne connait pas Violet. On la voit, de fait, évoluer et s’humaniser au travers de divers regards, généralement dans des lieux très différents (ce qui permet en sus de développer le background). Bref, la construction narrative rend l’histoire (de base pas particulièrement novatrice) vraiment intéressante, voire passionnante et même par moment poignante. Sans compter que la réalisation est, sur le plan visuel, juste exceptionnelle: pratiquement chaque épisode est du niveau technique d’un long métrage de cinéma d’animation, et l’esthétique est magnifique (même si on peut rester sur sa faim avec le chara-design, les décors sont absolument splendides). Une excellente série, et certainement l’une des meilleures productions KyoAni de tous les temps.

B: The Beginning: dans le Royaume de Crémone (un mélange entre le Japon, l’Italie et… je dirais Cuba, vu la gueule du parc automobile), le policier au nom prédestiné Keith Flick réintègre le Royal Investigation Service après en avoir été écarté; ledit service enquête en effet sur l’insaisissable Killer B (un tueur de criminels au palmarès impressionnant), et il s’avère que Keith a des méthodes d’investigation très efficaces, qui seraient bien utiles. Sur le papier, ça avait l’air sympa; dans les faits, c’est une autre histoire. Pas que ce soit raté techniquement (au contraire, Production I.G aux commandes), juste qu’on a en fait deux histoires parallèles (celle de Keith et celle de Koku/Killer B) qui se marchent régulièrement sur les pieds. La première est une enquête policière très classique, la seconde un récit héroïque à super pouvoirs lambda, et pour relier tout ça, l’inévitable complot séculaire gouvernemental. Bref, on n’échappe à aucun poncif, et les persos sont d’une platitude, voire d’une nullité… Un peu l’anime OSEF du trimestre, en fait.

Hakata Tonkotsu Ramens: je n’en attendais pas grand-chose à la base, donc difficile d’être déçu. Sans surprise, c’est resté du début à la fin un divertissement plutôt sympa, pour peu qu’on soit sensible à l’ambiance YWGP/Durarara!! qui en émane. Après, il ne fallait pas trop en attendre non plus: si l’on excepte Lin et Enokida, la plupart des persos sont à peine survolés, jamais vraiment développés; le scénario n’a, de plus, pas une grande originalité (beaucoup de poncifs et de stéréotypes, d’ailleurs). Mais comme ça baigne dans une ambiance qui te dit que « hey, why so serious? » la moitié du temps, autant dire que le truc est à prendre comme une sorte de néo-City Hunter, version décennie 2010.

Drama

Erasedadaptation en live action de l’excellent manga éponyme de Kei Sanbe (terminé chez nous il y a un peu plus d’un an), ce drama d’une douzaine d’épisodes y est relativement fidèle (autant que peut l’être un live action vis-à-vis d’un manga, s’entend). Le jeu d’acteur n’est jamais vraiment scandaleux (même si, évidemment, le surjeu est de mise, production japonaise oblige) et l’ambiance visuelle est assez travaillée (on sent qu’il y avait du budget derrière, quoi). Maintenant, après le manga, la série animée et le film (live action aussi, mais avec des acteurs différents)… eh bien on ne peut pas dire que le drama ait grand-chose à apporter, si ce ne sont quelques variations très mineures. C’est un peu dommage, vu que les histoires à paradoxes temporels sont un peu ce qu’il y a de plus intéressant à exploiter pour des réalités alternatives en tous genres.

Voilà; ç’a été un premier trimestre chargé, en somme, avec plusieurs très bonnes découvertes (et d’autres un peu moins, mais bon).

Au revoir; à bientôt.

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