DC’s Legends of Two Morons

Puisque la deuxième saison est arrivée sur Netflix, j’ai pu me l’infliger afin de voir si mon opinion première était la bonne. En même temps, c’était ça ou Perdus dans l’espace; je ne suis pas sûr d’avoir perdu au change, en fait. Bref, verdict.

Après la grande baston contre Vandal Savage (nan mais ce nom miteux, quoi…), les Légendes, amoindries en nombre (mais pas en connerie), se retrouvent confrontées à un épineux problème temporel: puisque les Maîtres du Temps ont disparu, c’est à eux de faire leur boulot, et il s’avère qu’un speedster hargneux du nom de Eobard Thawne a décidé de mettre à mal la trame chronologique de leur univers. Et que pour ce faire, il s’est associé à Damien Darhk et Malcolm Merlin, soit deux personnes avec lesquelles Sara Lance a eu maille à partir par le passé. Problème: dès les premières escarmouches, le capitaine Rip Hunter est porté disparu. Avec l’aide de « l’historien » Nathaniel Heywood et d’une membre de la Justice Society of America, ce qui reste des Légendes va se balader d’époque en époque pour récupérer leur chef et mettre un terme aux agissements de la Legion of Doom (les trois gusses sus-cités).

Bon. Comme disait l’Odieux Connard, les scenarii à base de voyages temporels, c’est souvent de la merde parce que beaucoup trop casse-gueule quand on a déjà du mal de base à produire une histoire cohérente (bah oui, parce que l’écriture est supervisée par l’équipe habituelle du Arrowverse, à savoir Greg Berlanti et Marc Guggenheim, duo derrière l’histoire du film Green Lantern, ainsi que Phil Klemmer et Andrew Kreisberg).

Car inclure des voyages temporels, et a fortiori vers le passé, c’est s’exposer à deux problèmes. Premièrement, la question de la linéarité chronologique: vu que l’histoire obéit à une logique de monolinéarité, toutes les altérations temporelles impliquent une modification de la trame de la réalité plutôt que la création de lignes alternatives. Et c’est super mal géré, puisque modifier le passé parfois change le futur, parfois non, au nom de pirouettes scénaristiques incohérentes.

Second problème, celui de la fiction historique: toute fiction à la TV  repose sur le principe de suspension d’incrédulité du spectateur, cette dernière ayant évidemment des limites; limites très facilement atteintes quand on met en scène l’Histoire avec un grand H. Parce que, si on est prêt à accepter que des libertés soient prises pour le fun (cas de Inglourious Basterds ou de La Folle histoire du Monde), ou pour éviter de trop paumer ses spectateurs (soit en étant trop chiante, soit en étant incompréhensible), ou pour des raisons scéniques, ici… bin ces libertés sont principalement prises pour deux raisons: le namedropping/fan-service (parce qu’il fallait évidemment caser Einstein, Washington, Tolkien, Lucas…) et… euh… le fait d’être juste trop fainéant pour ne serait-ce que lire une notice Wikipedia en entier? Parce que je ne vois pas vraiment ce que ça pourrait être d’autre.

De plus, outre ces problèmes de cohérence, il y a aussi un relatif problème de moyens permanent: c’est toujours super cheap. Si bien qu’on a l’impression de passer, non pas d’époque en époque, mais de zone de parc d’attraction en zone de parc d’attraction (et encore, ça, c’est dans les meilleurs cas). Avec plein de cosplayers au milieu, jamais vraiment crédibles, quel que soit leur rôle. À cela, il faut ajouter qu’aucun des acteurs principaux ne semble en avoir quelque chose à foutre (ou alors ils le cachent bien); à part peut-être Victor Garber quand on lui demande de renouer avec son passé de chanteur.

Donc c’est moche, c’est con, c’est écrit avec le cul, c’est mal joué et… c’est un ratage complet. En fait, tout est à l’image du rôle joué par Dominic Purcell (manifestement abonné depuis quelques années aux rôles de merde): un mec bourré qui fait l’andouille sur fond de récit épique auquel personne n’arrive à croire vu que personne ne donne envie d’y croire (Purcell semble d’ailleurs n’en avoir tellement plus rien à foutre qu’il passe son temps à cabotiner).

Les moments qui devraient être drôle (punchlines ou autres) ne le sont jamais, mais ceux qui devraient être sérieux ou dramatiques sont juste hilarants tellement ils en deviennent ridicules: il y a même un épisode avec des zombies durant la Guerre de Sécession! Que peut-on faire de plus kitsch? Un épisode sur la légende arthurienne où on découvre que les héros sont des chevaliers du mythe? Ça y est aussi. Tout comme une ribambelle de clichés plus ou moins honteux (des nazis, un T-Rex, une excursion dans le Japon médiéval…) qui feraient passer la série pour une parodie in-assumée de Dr Who.

Sérieusement, on m’avait dit que cette série s’améliorait au fur et à mesure, mais la deuxième saison est encore pire que la première, même débarrassée de deux de ses pires persos. Parce que les nouveaux ne sont pas franchement à la hauteur (euphémisme). Heywood/Steel, par exemple, n’est jamais crédible, que ce soit en Colossus de contre-façon ou en Daniel Jackson de service, mais il est en plus passablement con. Quant-à Vixen… ce n’est pas que l’actrice joue mal, mais son perso n’est pas franchement bien écrit (inutilement transformé en love interest, en plus), et affublé de SFX moches.

Ce qui est terrible, c’est de réaliser que la série s’est quand même offert les services d’acteurs qui pour certains sont tout sauf des bras cassés, comme Victor Garber, Wentworth Miller, John Barrowman ou Brandon Routh (dont on ne m’ôtera pas l’idée qu’il était un meilleur Clark Kent que Henry Cavill; et puis, c’était quand même Todd Ingram dans le film de Scott Pilgrim). Mais aucun ne sauve le truc. Aucun n’essaie de sauver le truc. À part peut-être Garber, et c’est assez ironique, quand on y pense, que l’acteur qui a joué l’architecte du Titanic soit celui qui en fait le plus pour tenter d’empêcher le naufrage de la série.

Ah, et bien sûr, il y a l’inévitable et néanmoins très dispensable épisode cross-over avec les trois autres principales séries du Arrowverse, particulièrement loupé cette fois-ci. Comme quoi, quand on croit qu’on a atteint le fond, on se rend compte qu’il était possible de creuser encore un peu. Ce pourrait être la devise de la série, d’ailleurs.

Sur ce…

Au revoir; à bientôt.

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