Legend of the Galactic Heroes – Flight

Mine de rien, on est arrivé dans la seconde moitié de cette grande saga du space opera (pour ce qui de sa traduction en anglais, s’entend). Et après un volume 5 riche en rebondissements, qu’en est-il du sixième? Ah oui, aussi: spoilers sur les précédents.

Le nouvel empire de la dynastie Lohengramm s’étend désormais sur la totalité de l’univers connu, le Kaiser Reinhard régnant sans partage. Et ce n’est pas du goût de tout le monde, puisqu’il est rapidement victime d’une tentative d’assassinat. Passé maître dans l’art du retournement de veste sans toucher les épaules, Job Trünicht s’empresse de balancer ses anciens copains de la Church of Terra comme commanditaires, avec les conséquences qu’on imagine: la Terre se trouve désormais dans le collimateur du jeune empereur. Or, c’est là que se trouve Julian Mintz: le pupille de l’ex-maréchal Yang Wen-li y enquête sur le mystérieux culte et sa responsabilité dans la déchéance des trois anciennes grandes factions (la dynastie Goldenbaum, l’Alliance et le dominion de Phezzan). Quant-à son ancien mentor, il coule des jours paisibles en compagnie de son épouse, sous la surveillance paranoïaque de l’amiral Lennenkamp, lequel est persuadé que « Miracle Yang » fomente une rébellion.

Le roman s’ouvre sur un prologue d’une vingtaine de pages qui annonce la couleur: il sera ici BEAUCOUP question de la Terre. En effet, les premières pages sont consacrées à un résumé (malheureusement très succinct) de l’histoire de la colonisation spatiale par l’humanité. Il s’agit en outre d’expliquer comment on a pu passer d’un contexte de monde bipolaire (je rappelle que GinEiDen a été écrite dans les années 1980), confiné au système solaire en début de XXIIe siècle, à l’avènement d’un empire galactique centré sur la planète Odin, un peu plus d’un millénaire après. Et comment le berceau de l’humanité, ruiné, fut alors peu ou prou oublié, relégué au rang de trou du cul de la galaxie. Bon, il y avait bien de quoi faire une bonne quinzaine de romans et nouvelles pour développer la chose, mais il faudra se contenter du minimum syndical.

Dans l’avant dernière année du VIIIe siècle de la Space Era, la Terre fait pâle figure. J’imagine que Yoshiki Tanaka avait dans l’idée d’en faire une sorte d’équivalent spatial à la Rome de la période alto-médiévale; en pire. On a une ancienne planète-capitale réduite à une simple fonction religieuse, mais dont le culte, certes doté d’une certaine influence, n’est cependant pas particulièrement dominant. De fait, elle n’est plus qu’un modeste caillou vaguement abandonné à lui-même avec une population réduite (et fanatisée), sous l’autorité comploteuse de l’archevêque De Villiers (ça ne s’invente pas).

Incomparablement moins déterminants que ceux du précédent volume, les événements relatés ici ressemblent un peu à un « œil du cyclone » préfigurant de gros problèmes ultérieurs. Reinhard n’a en effet pas d’héritier, et par conséquent, c’est la stabilité de la galaxie dans son ensemble qui serait en jeu s’il venait à disparaître (ce dont veut jouer la Church of Terra pour en tirer un profit maximal). Les oppositions militaires n’ont par ailleurs pas disparu avec la fin de l’Alliance: les soupçons obsessionnels de Lennenkamp vis-à-vis de Yang ne reposent pas sur du rien, car les « loyalistes » de la démocratie n’ont pas désarmé comme ils l’auraient dû. Juste qu’il se trompe de personne en s’acharnant (et il n’est pas le seul) sur un maréchal à la retraite, manifestement satisfait d’avoir quitté les champs de bataille.

En fait, que ce soient les événements relatifs aux complots de De Villiers ou aux déboires de Yang, tout n’est qu’une suite logique de conséquences résultant de calculs plus ou moins hasardeux. L’essentiel des échecs relatés ici tiennent pour beaucoup à de l’aveuglement, à des certitudes qui n’en sont pas, à des spéculations abusives, ou à du fanatisme mâtiné d’ambition dévorante.

Quoi qu’il en soit, ce volume rebat les cartes à un moment où commençait à poindre l’idée d’une « fin de l’histoire » (au sens précisément inverse que lui donnait Francis Fukuyama, à savoir la victoire finale et définitive de la démocratie libérale). La domination absolue de l’Empire ne s’exerce pas sans heurts, et les maladresses des uns comme les aspirations des autres viennent relancer les enjeux du récit. À ce titre, signalons l’introduction du personnage d’Elfriede von Kohlrausch, qui annonce d’ores et déjà une évolution dans les rapports entre Oskar von Reuentahl et Wolfgang Mittermeier (ainsi que dans les rapports du premier au pouvoir central).

Flight est peut-être l’un des volumes les plus avares en combat spatial (presque autant que Stratagem, c’est dire). Probablement parce qu’il lui faut prendre le temps d’exposer de nouveaux enjeux, vu que Mobilization s’est mis en tête de balayer pratiquement tout ce qui avait été mis en place dans Dawn. Ces nouveaux enjeux tiennent, donc, à l’affrontement entre un pouvoir impérial plus fragile que prévu et un embryon de résistance démocratique, sur lequel vient se greffer la Church of Terra, et alors que des dissonances commencent à se faire sentir au sein du « camp Lohengramm » (Oberstein semble unanimement détesté, Reuentahl montre des signes de plus en plus évidents d’intérêt pour Elfriede qui ne porte pas le régime dans son cœur, etc.).

La suite en septembre (sauf éventuel report, évidemment).

Au revoir; à bientôt.

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