The Rain (saison 1)

le

… n’a rien à voir avec Mortal Kombat, puisqu’il s’agit de la dernière série d’anticipation danoise à la mode sur Netflix. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, il y en a eu d’autres, des séries de SF danoises à succès international? Aucun titre ne me vient à l’esprit, comme ça. Bref.

Alors qu’elle devait passer un examen, Simone est embarquée en urgence par son père, qui semble bien décidé à emmener toute sa petite famille à l’abri de la pluie (sans blague…). Cette dernière charrie en effet un agent pathogène qui a tôt fait de contaminer la majeure partie de la population du Danemark, et notamment la mère de Simone (laquelle meurt dans d’atroces souffrances). Terrés dans un bunker pendant plusieurs années, Simone et son jeune frère Rasmus décident de ne finalement plus attendre leur père et se joignent à un petit groupe de survivants d’horizons divers. Tout ça pour découvrir que le monde a bien changé depuis la première pluie et tout ce temps passé sous terre.

Les histoires de survival, c’est presque devenu un sujet de blague tellement on y a eu droit ces dix-quinze dernières années. Toutefois, celles qui étaient basées sur des pandémies non-zombiesques se sont avérées relativement peu nombreuses au final (en comparaison des autres prétextes à survival, s’entend). N’ayant pas vu 12 Monkeys (pas encore, du moins), je n’ai pas d’élément de comparaison pertinent sous la main. Non, Helix ne compte pas, vu que la série prend dès les premiers épisodes un tour « huis clos à zombies » (même si techniquement, ce n’en sont pas; la suite avec le complot des immortels et l’île aux tarés n’est pas beaucoup plus reluisante de toute façon).

Quoi qu’il en soit, je ne vais pas y aller par quatre chemins: c’est très correct, mais ne va pas chercher bien loin. Il n’y a pas de grandes ambitions dans le scénario, puisqu’on y retrouve finalement l’essentiel des clichés habituels de ce genre de fictions: complot d’une entreprise sans état d’âme, villes ruinées peuplées de gens retournés à l’état sauvage, bunkers-refuges, survivants nomades dont les scrupules ont apparemment disparu avec la crise (mais en fait non), personnages secrètement immunisés (on se demande bien lesquels, oh là là…), communauté religieuse qui cache des trucs glauques…

Ça ne poserait pas vraiment de souci si ces clichés étaient renouvelés dans leur traitement, ou accompagnés de quelques audaces (ne serait-ce que deux ou trois nouveaux trucs), ou même de quelques éléments visuels et/ou contextuels pour donner à la série une identité propre. Sauf que ce n’est pas le cas, et il faudra se contenter de déjà-vu, à tous les niveaux. En contrepartie, il n’y a pas de réel problème de cohérence générale ou de situation WTF qui catapulterait le spectateur hors de l’histoire.

Les personnages ont droit à un développement intéressant, tous s’avérant plus ou moins ambigus (le « moins » étant pour la moitié des personnages masculins, assez prévisibles). Simone a les atours d’une humaniste pure et dure, mais elle n’hésiterait pas à se comporter de manière totalement cynique si la vie de son frère entrait en jeu, par exemple. Elle est de fait beaucoup plus retorse qu’à première vue, et cela donne lieu à certaines scènes à l’interprétation potentiellement ambivalente (dans la Copenhague en ruines de l’épisode 3, par exemple).

Dans l’ensemble, à l’exception de Martin (qui semble savoir ce qu’il fait) et de Simone (qui semble savoir où elle va), tous sont des paumés ou des asociaux. C’est en tout cas ce que nous révèlent les flashbacks sur leur vie d’avant, les montrant en général dans une posture qui n’est clairement pas à leur avantage et n’expliquant guère leur survie, au début de la crise, que par un gros coup de bol. Rasmus, lui, a grandi dans un bunker avec sa sœur pour seule compagnie, et peine un peu à s’adapter aux dynamiques de groupe; il s’agit d’ailleurs d’un des principaux ressorts du scénario, notamment dans sa relation avec Beatrice (personnage sous-exploité à mon avis).

Quant-à la fin, elle est volontairement ouverte pour laisser la place à une deuxième saison tout en constituant un final définitif acceptable en l’état. Il reste beaucoup de questions en suspens, mais la plupart des mystères de la série sont déjà plus ou moins élucidés: on connait le grand méchant (d’ailleurs incarné Johannes Bah Kuhnke, qui jouait déjà un ennemi de l’humanité dans Real Humans), on sait quel rôle a joué le père de Simone & Rasmus dans la catastrophe, on sait que les autorités jouent la carte de la quarantaine à l’échelle d’un pays plutôt que celle de l’aide humanitaire… et rien d’imprévisible dans tout ça, vu que c’était annoncé dès le premier épisode.

En fait, c’est un peu comme si les péripéties/pérégrinations étaient juste là pour meubler, avant qu’on nous dise: « alors, ce qu’on sous-entendait dans le premier épisode, on vous le confirme dans le dernier; contents? » Bon après, évidemment, je grossis le trait: tous ces épisodes sont avant tout l’occasion de développer les persos (à défaut du background, qui reste étonnamment léger), donc ce n’est pas non plus du simple remplissage. Juste que d’un point de vue purement narratif… ben ça ne sert pas vraiment l’histoire, quoi.

Et en même temps, n’est-ce pas le principe d’une série-survival? Délivrer au compte-goutte l’info sur le pourquoi et le comment pour se focaliser sur les persos et leurs interactions dans un contexte extrême/post-apo? Parce que dans ce cas, le contrat est totalement rempli. L’ennui, c’est qu’elle n’apporte rien de vraiment neuf, pour le coup, et que c’était peut-être là qu’elle avait une carte à jouer (ne serait-ce que par sa localisation au Danemark); un écueil que Dark avait su dans une certaine mesure esquiver.

Alors oui, The Rain permet de passer un bon moment devant son écran, d’autant qu’elle est assez courte (8 épisodes d’une quarantaine de minutes); mais qui s’en souviendra encore dans dix ans?

Au revoir; à bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s