Mass Effect Andromeda: Initiation

Bragelonne, j’aime beaucoup votre travail de manière générale, mais il va falloir arrêter avec les autocollants à la con sur la première de couverture, là. Parce que ça vire au saccage. D’autant que, je me répète par rapport à la dernière fois, mais vendre un bouquin comme « recommandé par Gameblog.fr » c’est à peu près aussi pertinent que de demander à Jul de faire la promotion du Hellfest. Mais passons. Mass Effect Andromeda: Initiation est le deuxième volume d’un cycle littéraire censé éclairer le background du dernier fail jeu de la franchise (dernier dans tous les sens du terme, probablement). Le premier volume avait réussi à s’avérer bien plus intéressant que ledit jeu, mais qu’en est-il de celui-ci?

Cora Harper, lieutenant de l’Alliance, revient de l’espace asari après avoir passé un long moment en compagnie des chasseresses des Filles de Talein. Toutefois, ce retour ne se fait pas sans heurts et la biotique a bien du mal à se sentir chez elle parmi les membres de son espèce d’origine, particulièrement les Terriens. Aussi accueille-t-elle positivement la proposition d’Alec Ryder d’intégrer l’Initiative, projet de colonisation de la galaxie d’Andromède auquel participent divers peuples de l’espace concilien. Toutefois, un programme informatique expérimental indispensable à ce long voyage a été volé, et Cora, combattante d’élite, se voit confier la charge de le récupérer; de force s’il le faut.

Premier constat: il ne s’agit plus des mêmes auteurs que pour La révolte du Nexus. Le roman est en effet signé N. K. Jemisin et Mac Walters. N. K. Jemisin a derrière elle une belle carrière d’autrice de SF & Fantasy, plusieurs fois nominée et primée (deux Hugo et un Nebula, notamment). Quant-à Mac Walters, il n’est pas un inconnu des fans de la saga. Déjà parce qu’il est le co-auteur du scénario de la plupart des comics de Mass Effect, mais surtout parce qu’il est crédité comme scénariste sur ME 2 & 3, ainsi que comme directeur de MEA (aucun lien).

Et ça se sent dans Initiation. Parce que l’histoire est assez nettement structurée comme celle d’un DLC, à la manière de Lair of the Shadow Broker ou Overlord. Aller d’un point A à un point B pour y accomplir l’action C, puis boom boom baston, aller au point D, puis E, puis re-boom boom baston… tout laisse à penser que l’histoire a été écrite pour servir de DLC-prologue (un peu comme l’était Arrival vis-à-vis de Mass Effect 3). Ou de série de comics de transition (comme Redemption). Peut-être cette impression est-elle renforcée par le fait de n’avoir comme point de vue que celui de Cora et, dans une moindre mesure, d’Alec: on a de fait le sentiment de se retrouver dans une sorte de TPS littéraire.

Au moins ne pourra-t-on pas lui reprocher de trahir l’esprit de la franchise, puisqu’on est en plein dedans. Juste qu’après le huis clos/survival qu’était la Révolte du Nexus, ce roman à tendance biographique fait un peu pâle figure. D’autant que, s’il aborde des thématiques intéressantes, celles-ci sont très récurrentes dans l’histoire de la saga et ont parfois bénéficié d’un bien meilleur traitement sous forme ludique (je songe notamment au rapport à l’IA, qui s’est retrouvé au cœur de ME 2 & 3 avec Legion, EDI et les frères Archer). On a de fait parfois une gênante impression de redite en moins bien.

Quant-à Cora, je l’ai trouvée intéressante, mais sous-exploitée. En outre, on ne découvre sa formation asari qu’a posteriori, de manière sporadique, par le biais d’interactions soit avec les membres du peuple éponyme, soit pour montrer qu’elle est devenue socialement inadaptée à une Terre rongée par la xénophobie. Personnellement, j’aurais préféré la suivre depuis son départ vers l’espace asari, histoire de la voir évoluer, plutôt que faire sa connaissance via le running gag Khalisah al-Jilani. Mais il est vrai que le roman aurait alors pris une taille titanesque, et je ne pense pas que c’était le but.

Le but, c’était manifestement de montrer le développement de l’Initiative et les divers problèmes initiaux rencontrés par Alec Ryder & Jien Garson, en mettant l’accent sur un personnage important qui rejoindra l’équipe du PJ du jeu. Donc une démarche plus proche de Paragon Lost que de la trilogie de romans de Drew Karpyshyn. C’est peut-être là sa plus grande faiblesse, finalement.

Et c’est un tantinet paradoxal, car, si son développement est bridé par son objectif premier et son inscription cohérente dans la franchise, nul doute qu’il aurait été rangé parmi les volumes de littérature de gare qu’on oublie après lecture s’il n’avait été estampillé Mass Effect. Sa plus grande faiblesse est donc quelque part sa plus grande force. Ou en tout cas son principal intérêt.

Il s’agit en un sens d’une petite déception après La révolte du Nexus, mais le roman n’est pas honteux en soi. Juste moins intéressant que son prédécesseur, la faute à des partis-pris pas toujours pertinents. En fait, j’ai surtout eu l’impression qu’il manquait la première moitié de l’histoire; ou de lire ce qui aurait pu (voire dû) être une fiction visuelle (comics ou DLC du jeu).

Au revoir; à bientôt.

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