Sicario: La Guerre des cartels

… est la suite de Sicario tout court. Et je suis un peu embêté. Parce que je suis allé le voir sans avoir vu le premier. Du coup, pas sûr que mon avis sur le film soit très pertinent. Mais bref. Ah, et risque de spoiler, aussi.

Suite à un attentat sanglant dans le Kansas, le gouvernement américain charge l’officier Matt Graver de mettre hors d’état de nuire les cartels mexicains: ces derniers ont en effet servi de passeurs à au moins l’un des terroristes. Le plan du ministère de la défense est tout simplement de s’arranger pour qu’ils s’entretuent, en déclenchant une guerre des gangs au Mexique. Graver fait donc appel à Alejandro Gillick pour enlever la fille de Reyes, le plus gros bonnet du coin, et laisser penser que c’est le fait d’un cartel rival. Sauf que les choses ne se passent pas du tout comme prévu.

Avant toute chose: le choix du sous-titre français n’a pas grand-chose de pertinent. En VO, c’est Day of the Soldado, qui a déjà beaucoup plus de sens que La Guerre des cartels, laquelle est certes l’objectif à atteindre en théorie (du moins au début, parce qu’en plus ça change en cours de route), mais qu’on ne voit jamais. Après, c’est sûr qu’il y a eu bien pire comme titre de film francisé (je ne me remettrai jamais de l’Invasion des profanateurs de sépultures), mais c’est toujours désagréable de se dire que je ne sais quel gugusse d’un département de com’ quelconque a estimé que ce serait plus rentable de trafiquer le titre plutôt que juste le traduire (ou le sortir tel quel, à la limite).

Quant-au film en lui-même, eh bien je dois avouer que je suis ressorti assez mitigé de la salle. En fait, j’ai adoré le début. Que ce soit la mise-en-scène de l’interrogatoire musclé de Graver ou la mise en place du plan visant à capturer Isabel Reyes, tout m’avait semblé réellement pertinent dans l’approche très ambivalente des méthodes des services américains; idem pour le camp d’en face, d’ailleurs, puisque ce qui est montré de la criminalité mexicaine n’a évidemment rien de reluisant, bien au contraire.

Toutefois, le film, vers son milieu, prend une direction très convenue. Tellement convenue qu’il en devient vraiment fadasse. Là où l’histoire aurait pu prendre un tour réellement dramatique, elle devient juste celle d’un actioner standard et sans ambition. Sans qu’il y ait d’ailleurs vraiment beaucoup d’action, en comparaison d’autres films du genre. En fait, c’est un peu comme si le scénariste (Taylor Sheridan) avait décidé que le début n’était pas assez hollywoodien et mettait les bouchées doubles dans la deuxième partie; du coup beaucoup plus complaisante et clichée. Certaines scènes sont d’ailleurs assez inutiles, et semblent juste avoir été insérées là pour rallonger artificiellement la durée du film.

D’un point de vue purement formel, ceci dit, il n’y a pas vraiment de gros raté; mais il n’y a pas non plus de grosse fulgurance. Si bien que ce sont finalement les acteurs qui le portent du début à la fin. Les deux principaux, en fait, à savoir Josh Brolin (qui me fait de plus en plus penser à Jeff Bridges et Kurt Russell quand ils étaient plus jeunes) et Benicio del Toro, qui n’a plus rien à prouver à personne depuis un petit moment déjà. Toutefois, l’évolution de leurs personnages au fil du film aurait certainement gagné à un traitement moins binaire (parce que, héros oblige, ce sont évidemment de braves gars, en dépit des saloperies qu’ils ont pu faire avant).

Surtout dans leur évolution, dont les transitions sont assez brutalement expédiées. Particulièrement pour Graver, qui passe presque inexplicablement d’efficace exécutant des basses besognes sans poser de question à mec qui désobéit à sa hiérarchie pour des raisons « humanistes » dont il semble royalement se foutre dans la première partie du film. L’évolution de Gillick est déjà plus cohérente, mais pas franchement plus intéressante. Sauf peut-être dans la toute dernière scène, lourde de sens.

Au final, je crains que Sicario: La Guerre des cartels ne reste pas dans les mémoires,  ne serait-ce que parce qu’il n’a rien de bien mémorable, que ce soit dans son histoire, son traitement ou son esthétique. Comme divertissement d’action, il peut faire son boulot, mais n’ira pas plus loin.

Au revoir; à bientôt.

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