Ant-Man & la Guêpe

Puisqu’il était absent de Avengers 3, certains se demandaient ce que pouvait bien faire l’Homme-Fourmi pendant que Thanos s’amusait à dégommer la fine fleur de l’héroïsme marvelien. Ce film tente plus ou moins de fournir une forme de réponse.

Assigné à résidence suite à sa participation à la grande baston de Civil War, Scott Lang est ramassé par Hope Van Dyne, alias la Guêpe, pour les aider, elle et son père, à extraire sa mère de l’infiniment petit où elle est emprisonnée depuis plusieurs années. L’ennui, c’est que le labo secret que Hank Pym a construit à cet effet attise les convoitises de pas mal de monde, notamment d’un certain parrain de San Francisco, Sonny Burch. Et surtout d’une infiltratrice capable de se rendre invisible et intangible, surnommée Ghost.

Ce qui est un peu surprenant, puisqu’à la base, Ghost est plutôt un antagoniste d’Iron Man, mais bon, pour ce que ça vaut dans les univers Marvel… ‘fin bref. Si le film est toujours centré sur Scott, son principal moteur est le passé de Hank Pym, qui a manifestement pas mal de choses à se reprocher. Après, dans le MCU, ce n’est pas lui qui a créé Ultron, donc il fallait bien compenser d’une manière ou d’une autre.

Quoi qu’il en soit, les antagonistes sont aussi consistants qu’une feuille de PQ mouillée, mais quelque part, on s’en fout: ils ne sont là que parce que sans eux, bin pas d’histoire. Bah ouais, si le trio n’avait pas Burch, Ghost et le FBI aux fesses, vu le peu de temps que prend le sauvetage de Janet Van Dyne proprement dit, le film aurait duré 20 min maximum. Perso, je n’ai rien contre les cours métrages, mais c’est vrai que j’aurais forcément râlé si j’avais payé ma place plein pot pour deux dizaines de minutes.

L’essentiel du film, au-delà du McGuffin Janet, s’appuie principalement sur deux éléments: Scott doit faire croire au FBI qu’il est toujours chez lui (ce qui donne lieu à des scènes dignes de La Folle Journée de Ferris Bueller), et le trio doit soit mettre en sûreté, soit récupérer le labo transportable de Hank (ce qui donne lieu à des scènes dignes… des Looney Toons; sérieusement).

Le film en lui-même est une blague; pas une « grosse/grasse » blague comme le dernier Deadpool, mais on est clairement dans un registre globalement comique façon Spider-Man: Homecoming. Parce que, contrairement à la majorité des films du MCU sortis depuis Avengers premier du nom, les « menaces » sont ici très localisées et les enjeux pour ainsi dire familiaux. Et c’est l’accumulation de situations stupides et de répliques débiles qui va constituer l’intérêt du film.

Sonny Burch est ainsi beaucoup plus ridicule qu’inquiétant. Et le trio d’acolytes de Scott se pose encore et toujours en comic relief. Au final, seule Ghost a d’une certaine manière un côté dramatique assez prononcé, mais je n’ai jamais vraiment eu l’impression que le film appuyait violemment sur le pathos; pas plus que de raison, s’entend. Le scénario joue aussi beaucoup sur la blague classique mais toujours efficace du « il reste quelques ajustements à faire sur ton nouveau costume » (et ce que ça implique).

D’un point de vue visuel, la direction artistique n’a pris aucun risque, se contentant de continuer sur sa lancée de l’épisode précédent (à savoir un simple recopiage des designs des armures de Mass Effect). Quant-au plan purement technique… bah rien de spécial à dire, en fait: c’est du MCU efficace, mais avec un budget resserré (enfin resserré… il a certes coûté entre 40 et 50 millions de dollars de moins que Black Panther, mais ça reste du plus de 150 millions au final, quand même). Les effets ne semblent jamais vraiment honteux, quoi qu’il en soit. Pas plus que le jeu d’acteur, globalement dans le ton mi-sérieux, mi-burlesque qui traverse l’ensemble, à l’image du premier épisode.

Le détail amusant, c’est qu’après Michael Keaton, c’est Michelle Pfeiffer qui passe des Batman de Burton au MCU, en incarnant une Janet Van Dyne vieillie et débordante de bienveillance. Walton Goggins est plutôt marrant en Sonny Burch, et Hannah John-Kamen… fait le boulot qu’on lui demande (c’est toujours mieux que sa prestation dans Ready Player One, ceci dit). Alors que ça ne se justifiait pas nécessairement, le film introduit le personnage de Bill Foster, incarné par Laurence Fishburne, égal à lui-même, et que j’espère revoir par la suite.

Enfin, le film n’est que très marginalement connecté au reste du MCU. Ce dernier impose la situation de départ (liée à Civil War) et la situation finale (que je ne vais pas spoiler, même si elle est tellement évidente qu’elle ne surprendra personne),. Dans la totalité du long métrage, on restera dans l’allusif, au mieux, et rien de ce qui s’y passe ne serait de nature à l’influencer de manière conséquente. Et c’est à double tranchant. Car si c’est effectivement une qualité réelle que de pouvoir se poser en stand-alone, sans nécessiter de se farcir la totalité des épisodes précédents pour comprendre ce qui se passe, cela en fait aussi un épisode totalement inutile pour la compréhension de l’ensemble, et donc dispensable, pour peu qu’on ne s’intéresse qu’à la main story.

En toute honnêteté, j’ai passé un très bon moment devant, mais ce n’est clairement pas un incontournable, ni dans le genre super héroïque, ni en tant que composante du MCU. Donc oui, le film est une réussite, mais j’ai bien peur qu’il ne finisse par rejoindre la cohorte des films des Marvel Studios qu’on regarde une fois et qu’on oublie (comme Iron Man 3, mais en bien).

Au revoir; à bientôt.

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