Vrac de séries terminées (troisième édition)

La période des canicules étant propice à l’enfermement dans des ténèbres si possible fraiches, elle est de fait le bon moment pour rattraper certains cours qu’on aurait loupé dans l’année.

Luke Cage (saison 2)

Suite à la grande fiesta contre The Hand, Luke Cage s’en est retourné à Harlem, où il continue de jouer les héros de bas étage. Misty Knight, qui a perdu un bras dans l’affaire, a par conséquent beaucoup plus de mal à faire son boulot de flic. Elle a néanmoins gardé une dent contre Mariah Dillard et son acolyte Shades, et compte bien avec l’aide de Luke les faire tomber de leur piédestal. Jusqu’au moment où arrive comme un chien dans un jeu de quilles Bushmaster, fort au point de rivaliser avec Luke et obsédé par l’idée de se venger de Mariah.

J’ai eu un peu plus de mal avec cette saison. Déjà, je ne suis pas certain qu’il soit pertinent, de manière générale, de donner à des personnages comme Luke Cage ou Jessica Jones des antagonistes qui jouent dans la même cour (à savoir la force brute); surtout après les avoir opposés à des Némésis qui étaient littéralement leur antipode. Dans la première saison, Luke Cage était un monstre de puissance qui affrontait des ennemis sans pouvoirs particuliers, mais d’autant plus dangereux, car rompus aux règles de la politique, de l’argent, de la truanderie, etc. Or, maintenant, si Mariah est toujours bien là, c’est surtout Bushmaster qui sera son principal adversaire (et ce paradoxalement alors qu’ils sont tous deux opposés à la première).

Par ailleurs, la série aurait aussi bien pu s’appeler Misty, car, autant que Luke, c’est un personnage central de l’histoire. Et peut-être le plus intéressant, avec Tilda et Shades. La première est la fille de Mariah, au départ plutôt à l’écart des magouilles de sa mère mais elle s’y trouve mêlée de fait quand Bushmaster décide que tous les membres de la famille Dillard doivent trépasser. Le second est l’amant de Mariah, et certainement le personnage le plus ambivalent (même si, au fond, il ne fait aucun doute que c’est un vrai connard). Ce sont d’ailleurs eux, avec leurs acolytes et ceux de Bushmaster, qui vont mener le jeu, confinant Luke & Misty à un rôle de réaction, avec une très faible initiative avant la fin.

Si bien qu’au fond, ce sont les entre-déchirements des villains qui causent leur perte, plus que l’intervention des héros. Mais est-ce vraiment un mal, au fond? Parce que, autant j’ai trouvé intéressants les états d’âme de Misty, autant l’évolution de Luke… voilà quoi. Surtout sur la fin, même si là, je pense que c’est plus la façon dont elle est amenée que ce qu’elle présente qui est problématique.

Cloak and Dagger (saison 1)

À la Nouvelle Orléans, la compagnie Roxxon a déconné quelques années plus tôt en provoquant une catastrophe industrielle majeure. Et comme les absents ont toujours tort, c’est l’ingénieur Nathan Bowen, décédé dans l’affaire, qui a été accusé de tous les maux. Sa fille, Tandy, exposée à une étrange substance durant l’incident, vit désormais de vols en tous genres, ciblant principalement la gentry locale. Elle croise un jour le chemin de Tyrone, lui aussi accidentellement exposé à l’époque, ce qui semble réveiller un pouvoir latent chez les deux jeunes.

Et déjà, quelle différence avec les versions comics… Bon, ce n’est pas nécessairement un mal, d’autant que les choix sont scénaristiquement justifiés. Par exemple, le passage de New York à la Nouvelle Orléans peut s’expliquer, d’une part, par le fait qu’il y a déjà quatre franchises sérielles TV chez Marvel qui y situent leur action (auxquelles il faut ajouter leur cross over); et d’autre part, par le fait qu’il permet d’introduire plus facilement certains thèmes, d’ailleurs avec un effet de mise-en-abyme, puisque l’un des persos les plus importants après le duo principal est O’Reilly, une policière débarquée d’Harlem où elle côtoyait Misty Knight (tout se recoupe).

La confrontation des idéaux de cette new-yorkaise éprise de justice aux réalités du far south raciste va même constituer un motif récurrent de l’histoire (et ceux qui ont une petite connaissance de l’œuvre originale comprendront très vite où elle essaie de les emmener). Il tourne autour du personnage de Tyrone, afro-américain dont le frère a été abattu par un flic véreux le soir de l’incident Roxxon, et dont l’activation accidentelle de son pouvoir va lui permettre de retrouver la trace.

Car, sans grande originalité il est vrai, la première saison va s’acharner à montrer que ni Tandy, ni Tyrone ne maîtrisent leur pouvoir respectif. Et on va avoir droit à du décalque de schéma monomythique (parfois même littéralement, avec un épisode complet de mise-en-abyme; encore). C’est peut-être là le plus gros écueil rencontré par cette série: elle brasse tellement de clichés et de poncifs que c’en est parfois difficile de ne pas sortir du récit, blasé par une désagréable impression de déjà-vu.

Ceci étant dit, elle est loin d’être la plus mauvaise des séries Marvel (titre détenu haut la main par Iron Fist), et, en un sens, elle détonne un peu avec celles-ci, en proposant une approche plus « coming of age » par opposition à des héros maîtrisant déjà bien leurs pouvoirs et dotés d’un peu de bouteille (au sens littéral pour Jessica Jones). Et ce sans sombrer dans le « Smallville » bas de gamme. Toujours ça de pris.

Lastman (saison 1)

Richard Aldana est un jeune boxeur amateur de la ville de Paxtown, où sévit la mafia, et qui joue au petit bastonneur de rue quand l’occasion se présente. Sa vie bascule le jour où son ami et grand-frère de substitution Dave McKenzie est abattu par l’Ordre du Lion. Ce groupe, dirigé par un certain Rizel, recherche Siri, fille adoptive de McKenzie dont Richard ignorait l’existence, et qu’il va désormais protéger avec une poignée d’acolytes.

J’avoue, j’ai du retard, vu que la série date d’il y a environ deux ans: j’ai attendu la diffusion Netflix pour le rattraper, et elle n’a commencé que cet été. Préquelle à la BD éponyme de Balak, Bastien Vivès et Michaël Sanlaville, Lastman transpire de tellement d’influences différentes qu’il serait difficile de les lister ici en étant exhaustif. On peut cependant en citer quelques-unes, comme City Hunter, Ashita no Joe (à moins que ce ne soit Rocky, j’ai un gros doute), Berserk ou Les Neufs Princes d’Ambre. Ce qui donne un peu l’impression, sur le papier, que la série part dans tous les sens; mais dans les faits, tout reste très cohérent.

Elle tient place dans un monde qui ressemble au nôtre sans l’être: Paxtown ressemble au New-York des années 1980, mais avec des technologies des années 2000. Toutefois, ce n’est pas l’unique monde dont il sera question, car il est régulièrement fait référence à la Vallée des Rois, terre mystique dont sont originaires les Roitelets, sortes de démons incarnés dans des humains lambda (comme Rizel), et qui est en quelque sorte « l’Ambre » de cet univers.

Le tout est traité avec un comique grinçant et corrosif, qui pourtant ne dédramatise rien, lui donnant une tonalité très particulière. L’animation n’est pas optimale, mais elle est largement compensée par le scénario, la direction artistique et la dimension sonore de l’animé. Prise dans son ensemble, parce que si les musiques valent le coup d’être écoutées, il y a aussi du lourd niveau doublage, avec feu Patrick Béthune, Martial Le Minoux, Barbara Beretta, William Coryn ou encore Vincent Ropion.

Bref, c’est un excellent titre, et j’espère sincèrement que ce second succès, à retardement via Netflix, saura convaincre quelques financeurs d’allonger une petite somme pour une autre saison du même acabit. Même si, techniquement, celle-ci propose une fin définitive très acceptable. Ce serait juste cool de voir la BD adaptée à l’écran, en fait.

Au revoir; à bientôt.

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