La Nonne

Je vais désormais le plus souvent à reculons aux séances de films dits « d’horreur » au cinéma. Pas que je n’aime pas le genre, bien au contraire, mais une partie importante du public de ces films est assez… pénible. Au point que, dans le ciné que je fréquente habituellement, il y a eu par le passé plusieurs cas de titres tout simplement annulés après une seule projection, suite à de multiples dégradations et comportements… disons poliment inconséquents. Eh bien, cette fois-ci, tout s’est très bien passé, pas de problème à signaler et la séance s’est déroulée dans une ambiance paisible; donc c’est cool. Par contre, le film, lui, était nul à chier (on ne peut pas tout avoir, non plus).

Roumanie 1952:  un couvent catholique est le théâtre de manifestations malignes, et une nonne est retrouvée pendue pile à l’entrée par un paysan québécois; le Vatican en ayant été informé, il envoie sur place un exorciste et une nonne encore novice pour enquêter, lesquels arrivent comme des fleurs dans une République populaire en pleine Guerre Froide (et en pleine période de répression des représentants des Églises catholiques), sans que les autorités n’en aient manifestement quelque-chose à foutre.

Bon, déjà, le contexte, c’est loupé. Mais si seulement il n’y avait que ça… Parce que le scénario de ce film est une telle purge… Rien ne tient debout, probablement parce que le scénariste s’est mis en tête de recycler en masse poncifs, clichés et facilités tellement grosses qu’on ressort de la séance en ayant clairement l’impression d’être pris pour un con. Et pourtant, il y avait bien deux ou trois idées, mais elles sont traitées avec tellement de balourdise qu’elle ratent le coche à chaque fois (arrivant même à transformer parfois le truc en simili-film de zombies).

D’ailleurs, ce putain de démon est sacrément facétieux, parce que, vu l’étendue de ses pouvoirs (qu’il exhibe d’ailleurs dès le début), il pourrait conclure l’histoire dès la première demi-heure. Pire, il est en un sens le seul à se faire du mal, puisqu’il pourrait sans aucun problème arriver à ses fins sans se faire prendre, mais préfère donner à ses antagonistes l’occasion de le mettre hors d’état de nuire. Quant-aux personnages…

Le Père Burke est juste con. Tellement con qu’il est manifestement incapable d’identifier une présence démoniaque quand elle se trouve sous ses yeux, alors même qu’il a consciemment été victime dudit démon la veille, et qu’il vient de lire un bouquin explicitant clairement ce que cache le couvent… lequel bouquin n’est arrivé entre ses mains que grâce audit démon (quand je vous dis qu’il est en carton…).

La Sœur Irène n’est pas foncièrement beaucoup plus futée, mais elle a au moins le mérite d’agir à peu près efficacement, contrairement aux bras cassés que sont les mecs dans ce film. Quant-au dernier perso important de l’histoire, surnommé Frenchie (perso, je l’aurais surnommé « Relou » parce que c’est ce qu’il est), c’est peut-être celui qui a le plus suscité d’hilarité dans la salle. Je n’en dirai pas plus pour éviter de vous spoiler, des fois qu’il vous viendrait l’envie d’aller voir ce film pour vous marrer.

Car… ouais. Ce film est drôle, en fait. Involontairement drôle, hein; parce que, quand il essaie de faire de l’humour, ça ne l’est clairement pas; ça casse même l’ambiance. Laquelle n’est jamais vraiment effrayante, de toute façon: l’essentiel de la tension réside dans un usage abusif du jump scare (qu’on voit souvent arriver à l’avance). Mais du coup, on rigole bien; des réactions des persos (ou de leur absence de réaction); de leur connerie (du genre « pour plus de sécurité, faisons plusieurs groupes de un » car il est bien connu que c’est ce qu’il y a de plus efficace); ou des très grosses ficelles qui pendouillent un peu partout, privant le film de tout effet de surprise.

Bref, La Nonne n’est pas un film qui fait peur; c’est un film qui fait rire. Donc en gros, imaginez que c’est Anna Faris qui joue Sœur Irène et renommez dans votre tête le titre en « Scary Movie: Origins » (alors, peut-être que vous trouverez ça cool; mais j’ai quand même du mal à comprendre comment James Wan a pu cautionner ce truc).

Au revoir; à bientôt.

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