Art of Mana

Une fois n’est pas coutume, parlons artbook. Oui, ça m’arrive d’en acheter, et oui, je me montre extrêmement faible face à la franchise Seiken Densetsu.

Pour contextualiser mon expérience personnelle, je fais partie de ceux qui ont découvert cette série de jeux avec le deuxième opus, connu en Occident sous le nom de Secret of Mana (sur Super NES, donc; celui qui se trouve sur la SNES Classic Mini et qui a récemment eu droit à un remake douteux sur PS4). À l’époque, c’était une jolie baffe, et l’un des meilleurs Action-RPG disponibles en Europe. Je crois que j’y ai passé tout un été, mais il le valait bien.

Je n’ai découvert son prédécesseur, Mystic Quest, que quelques années après. Après le troisième épisode, dont je n’avais pas vraiment profité à l’époque, vu que le japonais et moi, ça faisait deux (c’est encore le cas, d’ailleurs). Quant-à Legend of Mana, je n’y ai pas beaucoup joué (tardivement, en plus), mais assez pour trouver la direction artistique aussi formidable que le jeu en lui-même chiant. À ce moment, j’étais passé aux Megaten et aux Elder Scrolls, et si j’ai bien accroché par la suite au « remake » du premier qu’était Sword of Mana, force est de reconnaître que les Seiken Densetsu nouveaux ne m’intéressaient plus vraiment. Je n’ai pas dû jouer plus de quelques heures à Dawn of Mana, que je n’ai pas plus aimé que Legend of Mana. Les autres, je n’y ai simplement pas touché (à part Children of Mana, que j’ai rapidement lâché).

Toutefois, c’est encore avec plaisir que je rejoue aux trois premiers épisodes (et je fais partie des cons qui espèrent encore une traduction officielle du 3, au moins en anglais). Bref, « Mana » est une sorte de grosse madeleine de mon adolescence, le synonyme d’un mois de révisions de brevet lâchement abandonnées pour récupérer huit esprits élémentaires et arpenter les cieux sur le dos d’un dragon blanc. D’où une grosse hype lors de l’annonce, par la bien nommée Mana Books, de la publication de ce artbook.

L’ouvrage se divise en trois chapitres. Le premier s’attarde sur les épisodes « numérotés » et leurs remakes plus ou moins récents (sauf Sword of Mana, étrangement renvoyé dans le suivant), le deuxième sur les autres jeux de la franchise, et le troisième sur la présence des personnages de Seiken Densetsu dans les Sword of Vermillion, avant de retranscrire un entretien avec Kôichi Ishii et Hiromichi Tanaka (producteurs et/ou designers sur la plupart des épisodes). Aucune image de jeu, juste des artworks et esquisses.

Et ça commence plutôt bien, avec une « galerie spéciale » composée de huit illustrations pour certaines très iconiques, comme l’illustration de la jaquette de Seiken Densetsu 2 ou celle que Haccan avait réalisé pour l’anniversaire de la série, mettant en scène les personnages principaux des trois premiers épisodes.

Au programme du premier chapitre, Mystic Quest et ses remakes (Final Fantasy Gaiden version mobile & Adventures of Mana; ah, oui, aussi, la terminologie reprend, dans la mesure du possible, la version occidentale, anglophone la plupart du temps ou francophone quand elle existe), Secret of Mana (en trois versions: l’originale, le portage mobile et la version HD en 3D DÉGUEULASSE de cette année), Seiken Densetsu 3, la compilation Seiken Densetsu Collection de la Switch (qu’on attend toujours en Europe…) et, enfin, Dawn of Mana. Chapitre qui s’attarde presque exclusivement sur le chara-design…

… qui est certes un point fort de la franchise, il est vrai. Mais les décors, splendides en général, auraient bien mérité un traitement identique. Il faudra se contenter de contextuel, dans des illustrations générales mettant en scène les personnages principaux. Pareil pour le bestiaire, d’ailleurs, dont on n’aura peu ou prou que celui du premier épisode dans ce chapitre, à l’exception des esprits élémentaires. Détail amusant, ceci dit: pour Secret of Mana, on a droit à des montages photographiques de peluches.

L’avantage, cela étant dit, est qu’on peut facilement voir l’évolution du design de la série en prenant pour base certains personnages récurrents. Toutefois, cette évolution tient beaucoup au style personnel de l’illustrateur (préférence pour Haccan et Nao Ikeda, à titre personnel; même si Nobuteru Yûki a signé le chara-design de Seiken Densetsu 3, on sent toutefois moins sa pâte que dans Chrono Cross ou Dragon Force II), même si on peut observer un souci du détail bien plus important au fil du temps, parfois pour un même jeu (le cas le plus éloquent étant évidemment Secret of Mana, dont les personnages « s’étoffent » visuellement avec les remakes).

Le deuxième chapitre suit sensiblement le même chemin, avec plus de concept arts à proposer, lesquels rendent évidemment honneur à l’ambiance visuelle générale des jeux. Même si, encore une fois, l’accent est surtout mis sur les personnages. Se suivent donc, dans l’ordre, des artworks sur Legend of Mana, Sword of Mana, Children of Mana, Friends of Mana (dont je découvre l’existence à cette occasion), Heroes of Mana et Rise of Mana (que je ne connaissais pas, non plus).

Quant-au troisième et dernier chapitre, la partie « collaboration à Sword of Vermillion » est très succincte (trois pages pour douze illustrations); le serious business, c’est l’interview, et on en a pour son argent. Pas de très gros scoop, mais des informations intéressantes. Sur le processus de production, déjà, dans le contexte particulier des consoles Nintendo au début des années 1990 et des évolutions internes de Square par la suite. Sur le choix, ensuite, de certaines personnes à des postes clefs (comme Yûki, sollicité suite à son travail sur les Chroniques de la Guerre de Lodoss). Sur les restrictions techniques et problèmes divers rencontrés en cours de développement (notamment sur Seiken Densetsu 3). Sur le regard prospectif et rétrospectif, enfin, que les deux créateurs ont pu porter sur leur œuvre.

Au final, Art of Mana, n’est pas vraiment la « bible visuelle ultime » (sic) qu’elle prétend être. C’est un (bon) artbook de chara-design, avant tout. Et c’est déjà pas mal, effectivement. Un bien bel ouvrage, quoi qu’il en soit.

Au revoir; à bientôt.

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