Venom

Mine de rien, l’accord cryptique entre Disney/Marvel Studios et Sony/Columbia Pictures aura quand même eu tendance à compliquer les choses plus qu’à les clarifier. Outre ceux qui sont persuadés que Sony a perdu les droits d’exploitation cinématographiques de Spider-Man (alors qu’il suffit de regarder la liste des compagnies créditées dans le dernier film pour constater que ce n’est pas exactement le cas; d’ailleurs, c’est pour l’instant le seul film du MCU dont la distribution en salles a été majoritairement assurée par des filiales de Sony), les annonces préalables autour du film Venom informant que, pour l’heure, il se situe officiellement en dehors du MCU (et sans aucun lien avec l’homme-araignée incarné par Tom Holland) avaient de quoi déboussoler un peu. Et puis vinrent les premiers trailers inquiétants, suivis plus tard des premières critiques assassines

Une navette spatiale revient sur Terre avec quatre échantillons d’une forme de vie symbiotique mais trouve le moyen de se cracher (comme c’est étonnant), libérant ainsi l’une des bestioles (comme c’est étonnant), qui s’échappe en parasitant diverses personnes rencontrées (comme c’est étonnant), laissant dans son sillage une trainée de morts (comme c’est… OK, j’arrête). Les trois autres symbiotes, eux, deviennent les objets d’expérience d’une entreprise peu scrupuleuse de San Francisco, dirigée par le Elon Musk local. Mais il se trouve qu’un journaliste du coin, Eddie Brock, qui a tout perdu à cause de se dernier, s’introduit dans ses labos et devient l’hôte de l’un d’entre eux, Venom.

On ne va pas y aller par quatre chemins: c’est une très, très, très mauvaise adaptation. Venom est un personnage iconique de Marvel, étroitement associé au personnage de Spider-Man, et vu que le Spider-Man 3 de Sam Raimi ne lui avait clairement pas rendu honneur, la version Ruben Fleischer était attendue au tournant. Et c’est un bon gros fail, parce que le film est très loin de retranscrire la noirceur du perso.

Tout semble avoir été aseptisé, lissé pour rendre le film tout public (d’ailleurs, il y a pas mal de coupes évidentes dans certaines scènes, c’est assez flagrant). De fait, en tant qu’actioner, il ne propose rien de vraiment percutant ou d’original, et il faut attendre les dix dernières minutes pour enfin avoir une scène de baston digne de ce nom. Malgré des effets spéciaux beaucoup moins ratés que ce que laissaient entendre les premiers trailers (enfin, ce n’est pas exceptionnel non plus). Question psychologie des persos, c’est aussi du nivellement vers le bas.

Eddie Brock n’est plus que l’ombre de lui-même (au grand dam de Tom Hardy, qui s’est montré très critique sur le montage final du film), les personnages secondaires sont au mieux fonctionnels, les bad guys sont d’une platitude sans nom et Venom… est un animal de compagnie Disney. Non, sérieusement, il sert juste de « boost » physique et moral à Eddie, et va même lui filer un coup de main pour l’aider à reconquérir son ex. Sur fond de blagues et de comédie gentillette un peu con-con.

C’est là qu’on réalise que Venom est un peu le The Mask des Marvel au cinéma: une adaptation très light voire auto-parodique d’une BD beaucoup plus violente et trash. Ce qui, étonnamment, se tient: le film est une comédie correcte, qui ne casse certes pas trois pattes à un canard, mais arrive à faire rire. OK, pas à tous les coups et le plus souvent à ses propres dépends (genre quand ce n’est clairement pas censé être drôle), mais quand même: c’est probablement le seul intérêt du film. Le souci, c’est qu’on a utilisé le nom de « Venom » pour ça.

Au final, c’est à peine passable en tant que film d’action, effroyablement raté en tant qu’adaptation, et néanmoins très correct sur son pendant comique, même si ce n’est clairement pas toujours voulu (pour ma part, j’ai tendance à le considérer comme une comédie à tendance nanardesque réussie; mais c’est bien tout). Pas vraiment ce qu’on attend d’un film titré Venom, en fait. Donc en un sens, c’est un vrai gâchis, en dépit des évidents efforts de Tom Hardy pour essayer de porter le film à lui seul. Dire qu’il a signé pour deux suites…

Enfin, on se consolera en se disant que c’est Woody Harrelson qui hérite du rôle de Cletus Kasady.

Au revoir; à bientôt.

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