Guerre & dinosaures, vol. 2

… ou The Dinosaur Knights dans sa version originale (soit un bien meilleur titre qu’en VF, mais passons) succède à un volume au bilan mitigé.  Qu’en est-il de celui-ci?

Vaincus à cause de la débilité profonde de la noblesse locale, les mercenaires Karyl et Rob ont cependant réussi à sauver les meubles lors de leur dernière bataille en date. Las, ils sont pourtant tenus pour responsables de cet échec et sont convoqués par leur employeur devant un tribunal improvisé. Pendant ce temps, la princesse impériale Melodía, qui s’est enfuie de la capitale, se réfugie au Jardin de Providence au beau milieu de ces tensions, attendant d’être rejointe par son amant hédoniste, le chevalier Jaume. Ce dernier est toutefois partagé entre son amour pour elle et sa dévotion au trône, qui a déclaré sa dulcinée rebelle à l’instigation du vil Falk. Néanmoins, l’empereur de Nuevaropa a d’autres chats à fouetter que de s’occuper de sa fille en fugue: la rumeur d’une Croisade menée par un Ange Gris sonne comme le glas pour le vieux Felipe.

Bonne surprise: ce volume s’avère meilleur que le précédent, probablement pour trois raisons, qui tiennent toutes aux personnages. La première, c’est que certains y occupent une place moins importante (je songe notamment au très plat Jaume, qui n’a guère qu’un rôle fonctionnel et vaguement chevaleresque de prince charmant en devenir). La deuxième, c’est que d’autres se voient placés dans un contexte où ils peuvent dévoiler de nouveaux pans de leur personnalité, voire gagner en maturité (et là, c’est surtout le cas pour Melodía, qui poursuit son évolution entamée à la fin du volume précédent et a quitté les ors du palais). La troisième, c’est que Shiraa revient en personnage-point-de-vue à plusieurs reprises, et qu’il s’agit de très loin du meilleur du roman (je vous rappelle qu’on parle d’une jeune allosaure qui prend Karyl pour sa maman).

D’ailleurs, quelque part, heureusement qu’elle est là, car sans elle, les dinos ne seraient, à nouveau, qu’un simple élément de décor dans un univers de fantasy assez peu inspiré, tout bien considéré. Rien de bien scandaleux, mais rien de vraiment innovant non plus. Après, vu que les mentions de type « publicité mensongère » ont disparu de la couverture du deuxième volume, on ne rencontre pas cette fois-ci de problème de promesse non-tenue (je t’en foutrais, moi, des « Un croisement entre Jurassic Park et Le Trône de Fer » tiens!).

En gros, c’est de la bonne vieille fantasy/swashbuckler comme les USA en ont produit à la chaîne pendant un siècle, et le bouquin de Victor Milán n’a clairement pas à rougir devant la bibliographie de Lin Carter (que j’aime beaucoup, d’ailleurs). De ce point de vue, le roman tient totalement la route, avec certes beaucoup de lieux communs et pas vraiment de surprise, mais un style dynamique et pas mal d’action.

Plus que dans le volume précédent, malheureusement dominé par des intrigues de palais paresseuses et des personnages souvent beaucoup trop naïfs pour être intéressants. Bon, il n’y a que peu de changement sur ce dernier point, mais l’auteur semble avoir considéré qu’il valait mieux mettre en avant les autres persos, ceux qui ont un peu de consistance, comme Rob. Ou mettre Melodía dans des situations où sa naïveté risquait de provoquer des catastrophes (et je l’en remercie).

Enfin, on a désormais un « grand méchant » très monolithique en la personne de l’Ange Gris Raguel, mais techniquement, vu qu’il n’est pas humain et qu’il est venu sur Paradis pour commettre un génocide, on lui pardonnera son manque de nuance. D’autant que l’intrigue ne s’en trouve pas particulièrement simplifiée, elle n’avait rien de complexe à la base, en dépit de son ambiance de complot et de trahison (laquelle n’a jamais été subtilement exploitée de toute façon).

Bref, tout ça pour dire que ce deuxième volume corrige un certain nombre des défauts du premier et recentre son intrigue sur ce qui était son meilleur aspect: le côté swashbuckler avec des dinosaures. On obtient donc un roman défouloir qui fait du bien. Et j’ai hâte d’en connaitre la fin, dans le troisième et dernier volume, The Dinosaur Princess, paru l’an dernier aux USA et qui devrait rapidement pointer son nez dans nos contrées francophones. À titre posthume, hélas! puisque l’auteur est malheureusement décédé en février dernier.

Au revoir; à bientôt.

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