The Predator

Si la franchise Alien a pris très cher ces vingt dernières années (un grand merci à Ridley Scott…), son « parèdre » n’avait lui eu droit, outre les cross-over dégueulasses de Paul W. S. Anderson, qu’à un très oubliable remake in-assumé par Robert Rodrigez. Et puis arriva Shane Black.

Deux vaisseaux yautja (oui, ce n’est jamais dit dans aucun des films, mais c’est comme ça que ça s’appelle) s’affrontent dans le vide spatial, jusqu’à ce que l’un, endommagé, arrive à se transporter jusqu’à la Terre. Plus précisément à l’endroit où Quinn McKenna, sniper très efficace, accomplit sa dernière mission et voit l’appareil s’écraser. Après avoir réussi à expédier à sa blonde un petit paquet de tech lootée sur l’épave (et après avoir failli se faire démonter par le pilote extraterrestre un peu pas content), il est pris en charge, par l’armée, qui a bien l’intention de le faire interner en psy. Pas de bol: le Yautja aussi a été pris en charge, par le programme Star Gazer, qui a bien l’intention de l’étudier. Vous sentez venir la suite?

C’est d’ailleurs une des caractéristiques du film: on voit tout venir à l’avance, sauf quand c’est vraiment beaucoup trop con pour qu’on y croie. Parce que oui, ce film est con, et pas qu’un peu. Je rappelle que le scénario est co-signé Fred Dekker, à savoir monsieur Robocop 3, donc il y a du skill. Ne cherchez pas de cohérence générale, il n’y en a pas (et tout ce qu’on pourrait essayer de trouver est balayé d’un revers de main par la fin, de toute façon). De même, les dialogues ont aussi un bon level de connerie, mais c’est vrai qu’on a affaire à d’ex-militaires cinglés, une scientifique supposément « originale » (enfin, je crois; elle n’est pas super bien présentée, en fait), et un gamin autiste. Donc ce n’est pas illogique. Mais si vous espériez un film sérieux et respectueux du reste de la saga… c’est vraiment pas de bol.

Bon, sinon, pas grand-chose à dire sur les musiques, dans l’ensemble oubliables sans être hors sujet, ou sur la photographie et la mise-en-scène, classiques mais efficaces (surtout les scènes d’action, réussies, à une près: Shane Black n’est pas un bras cassé en la matière). L’ennui, c’est que quand le montage et l’histoire ne suivent pas, ça donne… ça. Des « Predators » (vu que Yautja, c’était trop compliqué, apparemment) qui se retrouvent face caméra sans fufu dès les premières minutes, une agence militaire plus caricaturale et incompétente que jamais, un mioche parmi les persos les plus centraux (ce que même P. W. S. Anderson n’avait pas osé), des « chiens de chasse » tellement inefficaces qu’ils en deviennent ridicules… Bref, plein d’idées archi-connes.

À côté d’idées archi-bonnes, et c’est ça qui fait mal. Les motivations qui poussent les Yautja à visiter la Terre aussi régulièrement, déjà (sauf que c’est ensuite creusé dans une direction qui rend la chose totalement débile). Le fait de centrer le récit sur des vétérans internés, rendus à peu près fous par leur vécu de soldat, et qui pour le coup ont une histoire à eux (abordée avec pas mal de dérision, en dépit de l’aspect dramatique de la chose). Le fait d’avoir développé l’idée (ou du moins essayé de développer l’idée) qu’il existe des conflits et des factions au sein même du peuple Yautja (ce qui apparaissait déjà dans Predators). Ou tout simplement le fait d’avoir tenté d’ancrer ce récit dans la chronologie générale, mais qui au final n’aboutit à rien, puisque le seul personnage qui rattache cet épisode aux précédents est celui joué par Jake Busey, fils de Gary Busey qui incarnait l’agent Keyes dans Predator 2 (et non, rien ne permet d’affirmer que le personnage incarné par Françoise Yip est Miss Yutani, désolé).

Alors ouais, le film est raté, mais sérieusement, après les trailers, vous en attendiez quelque chose? Parce que moi pas. Ou plus, en fait. C’est un peu comme si toutes les grandes franchises de SF des années 1980/90 n’étaient plus bonnes qu’à l’auto-dérision, volontaire ou non (je ne crois pas que dans le cas d’Alien, ce soit volontaire, par exemple, mais il y a clairement une volonté d’atténuer et amoindrir par « l’humour » la portée de ce qui faisait autrefois la force de Terminator et maintenant Predator, dans la forme actuelle de ces franchises). Donc on peut y aller comme pour Venom, histoire de rire un peu (jaune, surtout). Ou on peut se rabattre sur le vieux film de John McTiernan (dans lequel joue Shane Black, d’ailleurs). Sinon, il y a Robowar de Bruno Mattei: même histoire, mais avec un cyborg en carton à la place de l’extraterrestre, et en Bruno Mattei (pour info, c’est Claudio Fragasso dans le costume; le mec qui a réalisé Troll 2).

Au revoir; à bientôt.

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