Le marronnier de la fin octobre (troisième édition)

C’est la saison des châtaignes, donc un bon moment pour un marronnier (quoi, c’est pas le même arbre?). Ah, précision avant de commencer: pas d’isekai ce trimestre, parce que j’en ai marre (et tant pis pour Moi, quand je me réincarne en Slime, malgré les bons retours critiques).

Anima Yell!: Kohane vient de rentrer au lycée et compte bien s’adonner à sa nouvelle passion, le cheerleading. Sauf qu’il n’y a pas de club dans son bahut, et qu’elle n’a aucune expérience en la matière; elle se tourne donc vers celle qui lui a donné cette passion, mais qui a étrangement abandonné en cours de route. Et je vais m’arrêter là, parce qu’au bout d’à peine deux épisodes, Kohane a fini par me saouler puissamment. D’autant que l’histoire n’a rien de bien prenant en soi.

As Miss Beelzebub likes: les anges déchus, en l’absence de leur big boss absolu, s’en remettent à la suivante dans la hiérarchie pour expédier les affaires courantes du monde infernal, c’est-à-dire Beelzebub. De la slice of life démonique, en somme. Et si je dois reconnaître une chose à cet anime, c’est sa façon assez inattendue de traiter la chose. Car le Pandémonium est une sorte de château de Neuschwanstein aux couleurs pastel, peuplé de gens fort gentils et prévenants, rempli d’adorables boules de poils, de sucreries, de macarons et autres délicieuses pâtisseries. Bref, j’ai rarement vu une représentation aussi juste de l’enfer (enfin, pour moi, c’est à ça que ça ressemble, en tout cas; terrifiant). Et sinon, il y a deux-trois blagues sur des lieux communs piqués à Collin de Plancy (genre Belphégor qui a tout le temps envie de pisser). Voilà, c’est tout.

Between the Sky and Sea: les réserves halieutiques des océans terriens ont disparu, mais, prévoyant, le gouvernement japonais a établi de grands bassins d’élevage dans l’espace. Il envoie régulièrement des équipes de pêcheurs triés sur le volet pour les exploiter, mais, constatant l’absence de femmes dans leurs rangs, il entend bien faire un effort de parité en formant une équipe de jeunes pêcheuses passionnées venues des quatre coins du Japon, qui vont devoir faire leurs preuves dans ce milieu machiste. Ne vous laissez pas avoir: si le pitch à l’air super intéressant présenté comme ça, dans les faits, c’est de la merde. Mais genre VRAIMENT de la merde. Parce que la personnage principale est une pure demeurée, parce que les autres persos sont caricaturaux au plus haut point, parce qu’il y a des invocs de RPG et que les captures sont présentées comme du fight de Monster Hunter aquatique (apparemment, ça vient du jeu d’origine, mais ça reste complètement con), parce que le postulat féministe de départ sert juste d’excuse pour cautionner tout un tas d’éléments sexistes, parce que rien, putain de rien, n’est cohérent dans ce truc qui ressemble juste à un K-On-like beaucoup plus con que la moyenne. À jeter.

Boarding School Juliet: comme son nom le laisse supposer, c’est Romeo & Juliette dans un lycée, en mode shôjô de baston. Sympa sans casser trois briques, c’est évidemment extrêmement convenu, cliché, déjà-vu, bref. Le genre de truc passe-partout qui a toujours existé, qui peut servir de bouche-trou quand on n’a rien d’autre à regarder et qu’on aura oublié dès la fin du générique. On parlait de quoi, déjà?

Double Decker! Doug & Kirill: Kirill est un jeune flic ambitieux dont le rêve est devenir un héros en bonne et due forme. Quoi de mieux pour cela que d’intégrer le Seven-O, organisation consacrée à la lutte contre l’Anthem, sorte de stimulant chimique surpuissant et potentiellement mortel. Toute ressemblance avec Tiger & Bunny n’est pas nécessairement fortuite, puisqu’on retrouve dans le staff de Double Decker! Rumiko Nagai, Eriko Kimura et Norihito Itagaki. Le ton est comique, déjanté, un peu barré mais pas trop, et les persos sont funs. Visuellement, si les éléments en CGI font un peu tiquer, on a connu bien pire et le reste rattrape facilement ces quelques petits soucis. Par ailleurs, la série est remplie de clins d’œil en tout genre et bénéficie de designs soignés, à tous les niveaux. Bref, Double Decker! a tout ce qu’il faut pour compter dans le trio des meilleures séries du trimestre.

Hinomaru Sumo: Hinomaru était considéré à l’école primaire comme un sumotori prometteur, mais sa croissance s’étant arrêtée, il doit, arrivé au lycée, faire ses preuves. D’autant qu’il a atterri dans un établissement où sa discipline n’a pas le vent en poupe. Si la production d’un anime sur du sumo n’a rien de surprenant en soi, le fait de le voir arriver sur le catalogue français de Crunchyroll est déjà beaucoup plus étonnant. Parce que, même si on est peut-être le seul pays occidental à avoir eu un président fanatique dudit sport (au point qu’il a appelé son chien Sumo), on ne peut pas dire que la France soit réputée pour sa passion des sumotoris. Ceci étant dit, c’est une bonne surprise, au scénario pas original pour deux sous, mais très sympathique à suivre.

Iroduku – The World in Colors: Hitomi, descendante d’une lignée de mage, a fini par développer simultanément une achromatopsie et un désamour pour la spécialité de sa famille. Jusqu’au jour où sa grand-mère met au point un artéfact qui la renvoie dans le passé, en 2018, où elle rencontre Yuito, un dessinateur dont les couleurs sont les seules qu’elle parvient à percevoir. Avec P.A.Works aux commandes sur un thème pareil, on attendait évidemment un gros travail sur les couleurs (je rappelle qu’on parle du studio derrière Nagi no Asukara). Aucune déception de ce côté-là, on n’est pas très loin de Violet Evergarden. En revanche, c’est une autre histoire pour les séquences en noir & blanc, sous exploitées. Dommage. Ceci dit, tant que ça reste agréable à regarder et intéressant à suivre, il n’y a pas vraiment matière à se plaindre.

Jingan-san no Yome: Tomari devient un jour l’épouse d’un extraterrestre, Kanenogi, et cette série est juste une suite de slice of life humoristique sur leur vie de couple (et celle de leurs semblables). Enfin je crois. En fait, je n’arrive tellement pas à rentrer dans le trip que je suis bien incapable de dire ce que ça vaut: ce n’est juste pas du tout pour moi.

Jojo’s Bizarre Adventure: Golden Wind: Jotaro envoie Kôichi à Naples pour retrouver le fils de Dio, qui se fait appeler Giorno, a des petits problèmes avec le crime organisé et a récemment acquis le Stand Golden Wind. Ben… c’est Jojo, quoi. C’est toujours bien, Jojo.

Karakuri Circus: à la mort de son père, Masaru manque de se faire enlever par des automates et ne doit son salut qu’à l’intervention de Narumi, employé par un cirque pour se faire de la pub, et de Shirogane, une marionnettiste désignée pour être sa protectrice. Karakuri Circus est un des shônen des années 1990/2000 parmi les plus sous-estimés du catalogue de la Shôgakukan; en France, sa publication avait dû être stoppée à mi-parcours par Delcourt en 2007, faute de succès et d’accord avec l’éditeur original sur une réduction du tirage. Il faut espérer que cette version animée tardive (douze ans après la fin du manga) relance un intérêt du public pour le titre, car il vaut vraiment le coup; et elle lui rend d’ailleurs honneur pour le moment.

My Sister, My Writer: Yû essaie depuis un bail de réussir dans le monde merveilleux de l’écriture de LN, mais a jusqu’ici toujours échoué à remporter le moindre prix. Il s’avère que cette année, c’est sa propre sœur qui a remporté celui qu’il briguait, et que cette dernière lui demande de se faire passer pour elle. Je n’ai pas de mots pour décrire à quel point ce truc est à chier. Ah si: harem méta débile et moche. Et c’est encore trop gentil.

Radiant: Seth est un apprenti sorcier narutesque qui, comme ses semblables, est infecté par le pouvoir des Némésis, ennemis jurés de l’humanité. Bien que méprisé et craint par les habitants des Pompo Hills, ces derniers sont quand même plutôt contents de le trouver dans les parages quand tombe un jour du ciel un œuf desdites créatures. En gros, c’est comme du Black Clover, mais avec une réalisation beaucoup plus régulière (et globalement meilleure). Évidemment, ça ne va jamais voler très haut, mais dans le genre nekketsu, c’est plutôt correct, et vu que la technique suit… que demander de plus? Hm? Une reprise de World Trigger? Allons, le manga vient tout juste d’amorcer sa reprise, un peu de patience, voyons.

RerideD – Derrida, who leaps through time: en 2050, Derrida et son père travaillaient tous deux sur des robots révolutionnaires, lesquels ont été dévoyées par leur employeur. Cryogénisé pour une décennie, Derrida se réveille dans un monde ravagé par ses propres machines et où son ex-entreprise prospère sur les malheurs ambiants. Quand j’ai vu « Yoshitoshi ABe » j’ai foncé direct. Et c’est assez décevant pour le moment. Déjà, les persos manquent de relief, mais surtout le scénario n’a pour l’heure rien de bien folichon. Après, ce n’est pas non plus de la merde, mais on est quand même assez loin de Lain, NieA 7 ou Texhnolyze… En fait, c’est quand même très con de se construire des attentes sur le seul nom d’un chara-designer, non?

Run with the Wind: alors qu’il s’enfuit après avoir tiré son repas à l’étalage, Tobio Kageyama Kakeru, étudiant fauché, est rattrapé par Haiji… qui lui propose de rejoindre son club d’athlétisme, dont l’objectif est de courir la mythique Hakone Ekiden (un relais à dix sur 217km, rien que ça). Alors oui, il y a des ressemblances visuelles avec Haikyû!!, et c’est logique vu que c’est aussi du Production I.G et que le chara-design est signé Takahiro Chiba, directeur de l’animation sur tous les Haikyû!!. Pour l’instant, que du très bon, avec une réalisation au poil, un scénario qui tient la route (à défaut d’être très original) et une dizaine de persos fort sympathiques servis par un doublage de bonne qualité. À suivre, donc.

Skull-face Bookseller Honda-san: un squelette est vendeur en librairie. Voilà, fin du pitch. Non, sérieusement, c’est tout. Quoique, pas tout à fait: si le perso principal est un squelette et que ses collègues sont affublés de masques plus ou moins horrifiques, ce n’est que pour le skin. En gros, ce sont des avatars, quoi; avec des gens tout ce qu’il y a de plus « normaux » derrière. Car, à l’origine de cet anime (techniquement à la ramasse, mais OSEF), il y a un gag-manga écrit par un ancien libraire nommé Honda, et qui raconte beaucoup de vécu. En grossissant le trait, évidemment, mais rien que pour ça, c’est intéressant. Et c’est drôle (souvent à nos dépends, en tant que clients, mais c’est de bonne guerre).

Tsurune: … est le nom donné au son que fait la corde d’un arc de kyudo lorsque la flèche est décochée. C’était le sport dans lequel officiait Minato au collège, mais il a fini par lâcher l’affaire après le décès de sa mère. Cependant, un prof de son nouveau lycée, un certain M. Tommy (et j’aime déjà cet anime, je ne sais pas pourquoi), a décidé de rendre sa gloire d’antan à son club d’archerie et entend bien le recruter, avec le soutien des amis d’enfance de ce dernier. En gros, c’est Free! au pays des arcs et flèches, avec sensiblement les mêmes qualités et défauts, que ce soit sur le plan technique, esthétique, scénaristique, etc. KyoAni, donc.

Ulysses: Jeanne d’Arc and the Alchemist Knight: alors que la Guerre de Cent Ans fait rage, Montmorency étudie l’alchimie afin de mettre un terme définitif au conflit. Au fil de ses expériences, il croise la route de Jeanne d’Arc, à qui il confère les pouvoirs d’une partie de la pierre philosophale et qui devient de fait un monstre de puissance anglophobe. Alors, il est évident qu’on est dans de la fantasy et pas dans une fiction historique à proprement parler (donc on va évacuer tous les problèmes de type anachronique, sinon on n’a pas fini). Et comme récit de fantasy, pris juste comme tel, il faut bien avouer que C’EST UNE PUTAIN DE DAUBE DE MERDE!!! Vous savez quoi, pour le prochain trimestre, j’ajoute la catégorie « nouvelle adaptation de LN » à ma liste des anime à éviter. Ce sera ma bonne résolution de 2019 et personne ne s’en portera plus mal.

Voice of Fox: Hu Li est un compositeur-interprète amateur sans le sou, cumulant les petits boulots et notamment un qui commence à lui poser problème. Il sert en effet de voix de play-back à Kong Que, à la demande d’un producteur véreux, mais un certain Sky semble au courant de son petit secret. Coproduction sino-japonaise, sa réalisation a été confiée à Yumeta, studio qui n’a jamais particulièrement brillé, mais a quand même sa petite expérience dans le domaine de l’anime musical avec La Corda d’Oro. De fait, Voice of Fox n’est pas particulièrement brillant non plus, mais n’a pas rougir face à sa concurrence directe. Seules originalités, son contexte chinois et une partie de son chara-design quelque peu atypique dans le sous-genre (son héros, notamment). Mais c’est bien tout.

Xuan Yuan Sword Luminary: dans une Chine ancienne de fantasy, Zhao, Yin et Ning vivent leur petite vie champêtre jusqu’au jour où leurs familles sont massacrées par l’empire de Taihaku; Zhao est capturé pour être réduit en esclavage, quand ses deux amies parviennent à s’échapper, pour mener une vie d’errance. Jusqu’au jour où Yin met accidentellement la main sur une épée mythique et un automate surpuissant. Adapté de la série de jeux Xuan-Yuan Sword (aucune idée de quel épisode par contre; jamais joué), l’anime est pour le moment assez correct sans particulièrement sortir du lot en quoi que ce soit. C’est certes déjà plus que pas mal d’adaptations de jeu, mine de rien.

Sinon, bien deg’ que SSSS.Gridman soit simulcasté par Crunchyroll dans le monde anglophone et en Scandinavie, mais pas en France, sans que manifestement quiconque ait décidé de prendre le relais…

Au revoir; à bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s