Legend of the Galactic Heroes – Tempest

Continuation de la deuxième moitié du GinEiDen original, qui avance tranquillement vers sa conclusion. Et dans ce septième volume, rien de vraiment inattendu tant l’essentiel avait été annoncé dans le volume précédent. Tempest, donc; et spoilers, donc.

Faute d’avoir mis Yang Wen-li hors d’état de nuire, le Haut Commissaire Helmut Lennenkemp a mis fin à ses jours. Furieux contre l’Alliance, qu’il tient pour responsable de cette situation, le Kaiser Reinhard von Lohengramm lance à nouveau la flotte impériale à l’assaut de Heinessen. Sachant sa cause perdue, le maréchal Alexandor Bucock décide de donner un baroud d’honneur en sacrifiant ses dernières forces, tout en confiant en douce une bonne part de ses ressources militaires au rebelle Yang Wen-li. Ce dernier s’est lancé dans une opération audacieuse: la reconquête de la forteresse d’Iserlohn, qui sécuriserait au moins un temps sa position (d’autant que le système El Facil, à l’autre extrémité du corridor, a déjà proclamé son indépendance en même temps que son soutien à la rébellion de Yang).

Le gros set up du précédent volume voit donc ici son pay off: Yang Wen-li devient une « puissance » galactique à part entière (même si numériquement très inférieure aux autres), Julian Mintz revient auprès de son mentor, les résidus de l’Alliance n’en finissent plus de s’effondrer sur eux-même tellement ils se montrent en dessous de tout et le nouvel Empire commence à montrer les premiers signes de fractures internes (confirmant ce dont on se doutait depuis l’arrivée d’Elfriede von Kohlrausch dans l’histoire).

D’un point de vue purement stratégique, toutefois, il semble désormais évident que l’Empire l’a emporté sur toute la ligne, et que Yang Wen-li et son « corridor de la liberté » ne pourra guère faire plus qu’être une épine dans le pied de son antagoniste. Sa défaite future face au blondinet impérial semble donc inéluctable, mais l’ancien héros de l’Alliance a plus d’un tour dans sa manche. D’autant qu’il demeure une inconnue de taille: on n’entend plus beaucoup parler des survivants de l’Église terrienne, qui avait attenté à la vie de Reinhard par le passé et dont les actions sont imprévisibles. Enfin bon, si vous avez vu les OVA, vous connaissez la suite, de toute façon.

Aussi étrange que cela puisse paraître, alors que Flight était plus posé et ressemblait au calme avant la tempête (j’assume), Tempest ressemble paradoxalement pas mal à un volume de « remplissage » avant serious business, et ce alors qu’il propose le récit de deux batailles décisives. La faute probablement moins aux enjeux qu’aux éléments impliqués dans chacune: rien ne semble pouvoir résister aux deux meilleurs stratèges de la galaxie, si ce ne sont eux-mêmes. Or, Yang Wen-li comme Reinhard von Lohengramm s’évitent scrupuleusement sur les champs de bataille depuis la défaite de Vermillion; depuis que le premier a été « renié » par sa patrie, en fait.

Par conséquent, la principale flotte impériale, menée par son empereur en personne, ne saurait rencontrer de résistance crédible (surtout que les rapports de forces étaient devenus exagérément déséquilibrés en défaveur de l’Alliance). Et de son côté, la flotte des Irregulars de Yang n’a rien a craindre d’une flotte locale de l’Empire isolée, quand bien même s’appuierait-elle sur la meilleure forteresse jamais créée par la main humaine. Surtout que Julian Mintz est revenu au bercail, rentré d’un voyage initiatique qui lui a appris pas mal de choses (sur son entourage, déjà) et renforçant encore Iserlohn de ses talents martiaux polyvalents.

Nous avions avec Flight quitté un Empire plus puissant que jamais, il est désormais encore renforcé, mais le mince espoir incarné par les modestes forces de Yang continue de luire entre deux bras de la galaxie. À ce titre, tout laisse penser que Reinhard a volontairement laissé faire voire encouragé cette situation: il connaissait le tempérament de Lennenkemp mieux que personne et il n’y avait guère de doute que les choses dégénèreraient sous sa direction (ce qui ne serait probablement jamais arrivé sous, disons, Wolfgang Mittemeier ou Paul von Oberstein). D’autant plus que le jeune empereur était ressorti insatisfait de la conclusion de son « duel » contre Yang lors la bataille de Vermillion, aussi n’est-il absolument pas hostile à l’idée d’une « revanche » contre son homologue démocrate.

D’ailleurs, plus que jamais Reinhard semble vouloir maintenir un état de relative instabilité générale: depuis la disparition de Kircheis, c’est la guerre qui est devenue, plus que la conquête, sa raison d’être. Chaque victoire depuis le cinquième volume est donc, sous couvert d’unification et de magnanimité, discrètement sabotée par celui-là même qui l’a emportée, afin d’enflammer à nouveau à l’avenir la galaxie (et donc alimenter son feu intérieur). À ce titre, la disparition de l’Alliance, plus qu’un coup dur, peut être aussi vue comme une libération pour Yang, qui n’a désormais plus de comptes à rendre au gouvernement corrompu et népotique de Heinessen; nul doute que Reinhard est parfaitement conscient qu’il a donné à son adversaire l’occasion d’avoir les coudées franches pour l’affronter sans contre-ordre gouvernemental.

Tempest remet une couche de set up à celui qui avait été posé dans Flight, promettant maintenant un volume 8, Desolation, plus intense. Sortie annoncée pour Noël, jolie coïncidence.

Au revoir; à bientôt.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s