Les Animaux fantastiques: Les Crimes de Grindelwald

Avant de commencer à parler du film proprement dit, un petit mot de contexte. Le multiplexe le plus proche de chez moi est loin d’être exempt de tout reproche, et je me suis déjà, à plusieurs reprises, facepalmé devant des situations disons, poliment, inattendues. Mais le coup du « mince le projectionniste s’est planté de film » pour une avant-première, salle pleine, à 20h… ça, on ne me l’avait jamais fait. Tout comme l’heure et demie d’attente supplémentaire avant de pouvoir regarder le « bon » film. Autant dire pas des conditions de visionnage optimales pour ce deuxième opus des Animaux fantastiques.

Gellert Grindelwald s’est échappé de détention et commence à rassembler ses partisans pour le grand lancement de son projet nazi. Mais pour le mener à bien, il va avoir besoin de l’aide de Flash Croyance (qui a survécu), seul à même de mettre hors d’état de nuire Albus Dumbledore. Ce dernier se refuse cependant à intervenir directement, quand bien même pourrait-il rivaliser avec cette vieille connaissance, au grand dam des autorités dont les aurors (parmi lesquels Tina Goldstein) galèrent à ne serait-ce que trouver des indices. Cependant, il ne reste pas les bras croisés et envoie discrètement enquêter à Paris son ancien étudiant Newt Scamander.

Et non, désolé, mais « Norbert Dragonneau » c’est non. Déjà, je suis contre la francisation des noms propres, mais quand c’est justifié et bien traduit, on va dire que ça passe. Sauf que ce n’est pas le cas ici, et même le littéral « Triton Scamandre » aurait eu plus de sens; ne serait-ce que pour l’affection que porte manifestement sa famille aux références antiques, vu que son frère s’appelle Thésée. En plus, pourquoi Croyance et cette famille sont les seuls dans ce cas? Parce qu’aucun autre patronyme n’a été francisé dans ce film, quand même. Pour Croyance, je comprends la traduction du prénom, ça évite un gros contre-sens et c’est plus ou moins ce qu’il signifie; mais passer de Barebone à Bellebosse… urgh. Et pour les Scamender, je ne pige juste pas.

Bref, ces considérations d’adaptation mises à part, je suis ressorti très mitigé de ma séance. Déjà parce que rester dans une salle de ciné pendant plus de 4h, c’est long, mais aussi parce que le film n’est pas aussi fantastique que l’annonce le titre. À ce sujet, le titre n’est pas des mieux choisis. D’une part, les animaux y jouent un rôle beaucoup plus mineur que dans le précédent: ne sont réellement utiles à l’intrigue que le niffler, Pickett et un gros chat (et aussi, dans une moindre mesure, les chats noirs du ministère français des affaires magiques; référence au Chat Noir de Montmartre?).

D’autre part, les fameux « crimes » de Grindelwald sont finalement davantage spéculés et anticipés que montrés. Autrement dit, le titre annonce beaucoup de choses… que le film annonce aussi, en fait; pour le prochain épisode. Si bien que, si l’histoire n’est pas inintéressante en soi, le scénario semble lui s’évertuer à faire du remplissage et combler une lacune du premier, qui introduisait Grindelwald sans réellement développer son background. Ici, on a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’exposition. Et paradoxalement, très peu de choses sur le Paris « magique » dont le ministère de la magie ressemble juste à une succursale de celui du Royaume-Uni.

Au fond, le film sert surtout à poser les jalons pour le prochain, en exposant le « programme » de Grindelwald (en gros, c’est le Hitler des mages; quelle surprise) et en révélant l’identité réelle de Croyance, ainsi que la « vérité » sur la lignée des Lestrange. Le tout avec un rythme assez étrange d’un point de vue cinématographique. Il est en effet assez erratique, passant de moments très speed à d’autres qui sont étonnamment lents, voire très lents, voire carrément chiants.

De même, beaucoup de nouveaux personnages sont ici introduits, parfois totalement inutiles (genre le personnage de Nagini, il sert à quelque chose à part donner la réplique à deux ou trois reprises à Croyance?). Par ailleurs, l’écriture de certains dialogues et monologues est assez alambiquée, très littéraire: il en ressort beaucoup d’ambiguïté dans la posture de Grindelwald, ce qui quelque part renforce sa dimension dramatique, mais ajoute aussi une certaine lourdeur dans l’écriture. Et à d’autres moments, c’est étrangement puéril, notamment quand il est question des affaires sentimentales des personnages (qui sont généralement leur propre pire ennemi en la matière). Quant-au comique, si je l’avais trouvé plutôt bien géré sur le premier, ici, il arrive trop souvent comme un cheveu sur la soupe, dans des scènes qui semblent artificiellement rajoutées à l’arrache.

Bref, le film est surtout un gros pavé d’exposition tragique, avec quelques scènes d’action pour faire passer la pilule. Mais le fait est que le scénario suit probablement trop de sous intrigues simultanément à la principale (qui est d’ailleurs double, puisqu’elle mêle les relations entre Grindelwald et le monde magique à la quête des origines de Croyance); si l’intégration des secrets de Leta Lestrange semblait indispensable au vu de ses liens avec ce dernier, était-il bien nécessaire d’y ajouter les amourettes de Newt et Jacob? Et le personnage de Nicolas Flamel, quelle est son utilité à part le fan service? Car, s’il avait pu être reproché au premier épisode de ne pas assez référencer l’univers d’Harry Potter, ce n’est clairement plus le cas ici. Est-ce que c’était pertinent, par contre, dans pas mal de cas, j’ai des doutes (d’autant que, si le premier pouvait être vu en stand alone sans rien connaître de l’univers, ça semble difficile pour celui-ci).

Toutefois, je ne pense pas que le film soit parti avec de mauvaises intentions: il ne s’agit pas d’une suite faite simplement pour le fric, et il est évident que J. K. Rowling, unique créditée à l’écriture, souhaitait en faire une sorte de pamphlet politique (on pourra dresser pas mal de parallèles avec l’actualité passée et récente), une sorte de plaidoyer pour une plus grande ouverture d’esprit, un appel à se méfier des discours extrémistes, etc. Sauf que son scénario est malheureusement déséquilibré et peut-être trop complexifié, et que niveau réalisation… bin c’est du David Yates qui fait du David Yates, quoi. Aussi le seul mot qui me soit venu à l’esprit en sortant de la salle était « dommage » (et pas seulement pour les déboires de projection).

Au revoir; à bientôt.

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