Overlord

… est beaucoup de choses: un LN adapté en anime (assez bof, IMHO), un DLC (plutôt bon, lui) pour Mass Effect 2, le grand méchant de Blackstar (le « prototype » en 13 épisodes des Maîtres de l’Univers), une série de Horde-RPG des années 2000, un film de Stuart Cooper que je n’ai jamais vu (c’est bien?), et c’est accessoirement le nom de code donné à la bataille de Normandie de 1944. Et c’est de là que vient le nom du film de Julius Avery produit par J. J. Abrams, sorti officiellement aujourd’hui en France. Fermeture de la parenthèse « La Culture générale pour les Nuls ».

Peu avant le débarquement de Normandie, des parachutistes américains sont lâchés à proximité d’un petit village français occupé par l’armée allemande, avec pour mission de détruire une antenne de communication. Cette dernière compromet en effet toute l’opération alliée (ne me demandez pas pourquoi ni comment). Sauf que, pas de bol: la défense anti-aérienne germanique est plus efficace que prévu, et il n’y a qu’une poignée de survivants pour arriver à destination. Ed Boyce (le héros de l’histoire), son caporal hockeyeur à la retraite et quelques autres. Qui vont donc devoir prendre d’assaut une église reconvertie en forteresse nazie où se déroulent des expériences pas très très cool sur les populations locales. À cinq.

Mais en fait, coup de bol, c’est la section Cotorep de la Waffen SS qui est chargée de la sécurité: manifestement, les soldats allemands sont atteints tantôt de lourds problèmes de surdité, tantôt de légers handicaps mentaux. Non sérieusement: C’EST QUOI CETTE ARMÉE DE MERDE? Les américains peuvent hurler à tue-tête dans une baraque de village endommagée avec une patrouille allemande à proximité, ça va, personne ne les repère? Les gardes de la base sont mieux équipés et préparés que leurs ennemis, mais sont incapables de gérer des effectifs entre huit et dix fois inférieurs aux leurs??? Et je ne parle même pas de la diversion débile qui leur permet d’entrer dans la base à la fin…

Enfin bref, de toute façon, je suis sorti du film au bout d’une vingtaine de minutes, après la scène (très réussie, cependant) du parachutage en urgence. Parce qu’après… après. Oh, visuellement et sur le plan sonore, le film bénéficie de très gros atouts, aucun problème à ce niveau. Mention spéciale à l’équipe de maquillage, qui a fait un boulot extraordinaire sur l’acteur Pilou Asbæk (qui joue l’officier SS Wafner). D’ailleurs, niveau acting, rien à redire, à part un ou deux cabotinages.

Jovan Adepo s’en sort très bien pour son premier premier rôle au cinéma, Wyatt Russell est presque aussi bon que son père et le reste du cast fait très correctement son taff (y compris Iain De Caestecker, dont la performance est quand même meilleure que dans Agents of S.H.I.E.L.D.). Le problème, bin, c’est l’écriture. De manière générale, d’ailleurs, que ce soit celle des textes ou du scénario. Les personnages sont caricaturaux au possible et l’histoire est une telle accumulation de clichés qu’on se croirait à Perpignan en plein mois de septembre.

Après, oui, évidement, vu le genre auquel appartient l’œuvre et la période considérée, on se doutait bien qu’il y aurait un gros « référencement » visuel. C’est le cas, et ce n’est pas le souci: il est réussi dans l’ensemble et facilement identifiable (genre quand Mathilde Ollivier est filmée façon Sigourney Weaver dans Aliens), sans pour autant phagocyter tout le film. Non, ce qui bouffe le film, c’est son accumulation de situations incohérentes; d’autant que certaines sont particulièrement forcées.

Genre, c’était quoi l’utilité de faire beugler les persos quand on pouvait les faire chuchoter à la place? Non seulement ça aurait crédibilisé la scène, mais ça aurait aussi augmenté la tension ambiante dans la foulée. Et ce n’est qu’un exemple. Autre chose: le film ne fait jamais peur. En fait, il est à peine dérangeant: c’est juste Captain America: First Avenger avec un peu de body horror. Donc ne vous attendez pas à flipper, contrairement à ce que vendaient les trailers. En fait, j’ai même plus eu peur pour les persos en regardant Il faut sauver le soldat Ryan que devant Overlord.

Overlord n’est pour autant pas nécessairement un mauvais film: il est mauvais en tant que film d’horreur, mais pas en tant qu’actioner décérébré façon Rambo 2. Donc si c’est du divertissement un peu bourrin qu’on recherche, le film fait son job. Après, ça ne change rien au fait que la scénarisation soit une blague, hein. Pour l’anecdote, le film aurait dû appartenir à la franchise Cloverfield, mais vu que cette dernière n’est plus une série d’anthologie, il n’est plus possible de l’intégrer dans le Cloververse. Tant mieux, quelque part, le dernier en date était suffisamment moisi pour ne pas avoir besoin d’en rajouter une couche (même si Overlord est quand même meilleur, faut pas déconner).

Au revoir; à bientôt.

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