The Haunting of Hill House

Bon bon bon. Comme les séries adaptées de comics sur Netflix, ça commence à sentir la viande en décomposition avancée, je me suis dit que ce serait cool de changer un peu et de regarder vers ce qui se faisait en trucs plus ou moins horrifiques. Je suis tombé sur ça un peu après Halloween. Et c’était très cool.

Au début des années 1990, la famille Crain emménage dans une jolie maison ayant appartenu à la famille Hill (tristement célèbre pour s’être éteinte sur deux individus considérés comme maboules). Un soir, le père évacue en urgence ses cinq enfants afin de les soustraire à ce qui ressemble à une manifestation surnaturelle, laissant leur mère sur place, morte. En 2018, alors que les liens avec leur père se sont distendus, la famille doit de nouveau se réunir: Nell, la benjamine, est retournée dans la maison Hill, à présent abandonnée.

Alors déjà: wow! Si le résumé de l’histoire peut sembler très classique (il l’est), le traitement est, lui, beaucoup plus accrocheur. Le scénario jonglera en effet entre différentes époques, avec moult flashbacks sur le temps où la famille vivait à la maison Hill. C’est qu’il s’en est passé, des choses traumatisantes: des apparitions de la femme au cou tordu qui semblait poursuivre Nell à celles du grand homme au chapeau qui a lui choisi de s’en prendre à Luke (son jumeau), en passant par de nombreux phénomènes horrifiques relevant tantôt du poltergeist, tantôt de la rencontre à la Shining (version film). Ça, plus les morts d’animaux inexpliquées, l’amie imaginaire qui n’est pas si imaginaire que ça, les habitants locaux qui en savent au fond plus qu’ils ne veulent le dire, les découvertes macabres, etc.

Alors oui, c’est cliché, mais quand c’est bien fait, pourquoi s’en plaindre? Le gros point fort de la série étant ses transitions réussies, jamais les changements d’époques n’arrivent comme un cheveu sur la soupe ou ne viennent briser le rythme, bien au contraire (c’est plus fluide, par exemple, que dans Dark). Ce rythme est d’ailleurs volontairement lent, voire très lent, et s’il y a bien quelques jumpscares ici ou là, ils sont plutôt appropriés et jamais abusivement utilisés: la tension et la peur se créent sur le long terme.

La série va donc prendre tout son temps pour se mettre en place, livrant dans un premier temps le point de vue d’un personnage par épisode, le premier servant d’introduction générale. Se succèdent donc (par ordre de naissance) Shirley (agent funéraire qui s’est découvert cette vocation avec le décès de sa mère), Theo (psychothérapeute et douée de psychométrie dans le sens « Eiji » du terme), Luke (en cure de désintox), puis sa jumelle Nell. Seul l’aîné Steven n’a pas droit à ce traitement; c’est qu’il ne croit pas vraiment aux phénomènes paranormaux dont ses frères et sœurs ont été victimes, et a même construit sa fortune littéraire sur ces histoires (au grand dam des autres, qui lui en veulent).

Les cinq épisodes suivants insisteront fortement sur les interactions houleuses au sein de cette famille (leur père absent les ayant rejoint) tandis que les apparitions morbides et effrayantes semblent se multiplier, et même les appeler vers la maison Hill. Comme toute fiction à maison hantée qui se respecte (c’est-à-dire PAS Hantise, qui est d’ailleurs adaptée du même bouquin), cette dernière est un personnage à part entière, omniprésent même quand la famille Crain se trouve à des milliers de kilomètres, sur la côte ouest.

Concernant son statut d’adaptation, il faut bien le dire: BEAUCOUP de libertés ont été prises avec le roman de Shirley Jackson. Et c’est tant mieux, car l’histoire n’en est que meilleure. Le fait d’avoir fait des personnages principaux une fratrie d’enfants de Hugh Crain, d’avoir supprimé le personnage du chasseur de fantômes, d’avoir ajouté à l’histoire Shirley (manifeste allusion à l’autrice) et Steven (probable hommage à Stephen King; qui a d’ailleurs beaucoup aimé la série)… tout cela, ce sont d’excellentes idées qui permettent de développer un background aussi vaste que troublant (et permettent accessoirement de tenir 10 épisodes sans meubler artificiellement).

Niveau réalisation, pas grand-chose à dire: c’est bon, voilà tout. Elle a été confiée à Mike Flanagan, un habitué des films d’horreur de série B qui a déjà travaillé sur pas mal de TV shows.  Il s’agit cependant ici (pour autant que je sache) de la seule série TV où il a été crédité à la réalisation de tous les épisodes (ainsi qu’à l’écriture), aussi peut-on considérer que l’essentiel des choix artistiques opérés viennent de lui. D’autant qu’il était également producteur exécutif. Quoi qu’il en soit, on ne peut clairement pas dire qu’il ait bâclé son travail.

La direction d’acteur est également très bonne, chacun (même les plus jeunes) étant de plus manifestement investi dans son rôle. Les plus mémorables sont évidemment les parents, campés par Timothy Hutton, Carla Gugino, et Henri Thomas, mais les autres ne sont pas en reste. Quant-aux revenants et apparitions, ils sont flippants à souhait (cependant moins quand ils sont « suggérés » que lorsqu’ils sont ouvertement montrés).

Au final, c’est une série qui gagne à être vue, autant au premier degré que pour son sous-texte (dont il est difficile de parler sans spoiler). Sincèrement, si ce n’est pas déjà fait (ou que vous avez une réelle phobie des histoires d’épouvante), regardez The Haunting of Hill House. Même si je sais que ça ne sert pas à grand-chose de dire ça maintenant, vu que j’arrive après la bataille.

Au revoir; à bientôt.

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