Astérix: Le Secret de la Potion Magique

vient tout juste de sortir officiellement en France. Et c’est bien. Voilà. Autre chose?

Suite à une chute de plusieurs dizaines de mètres, Panoramix a pour la première fois de sa vie quelques difficultés à marcher (perso, je serais mort à sa place, mais bon, dessin animé, tout ça). Du coup, il envisage très sérieusement la possibilité de préparer sa succession et contacte ses collègues druides afin qu’ils lui conseillent un apprenti apte. Apprenant la chose, Sulfurix, ancien rival de Panoramix, s’est mis en tête de piéger ce dernier, pour récupérer la recette de la potion magique, qu’il utiliserait pour ses propres ambitions.

Encore une fois, l’écriture « Astier » fait des miracles (pour une histoire inédite, en plus), et la technique « Clichy » la sert à merveille. La plupart des blagues font mouche (certaines fonctionnent même sans une ligne de texte), il y a plusieurs clins d’œil rigolos et les moments « dramatiques » sont… bin dramatiques, quoi. Pas trop, mais juste comme il faut. La première apparition de Sulfurix, par exemple, est un peu clichée, mais élégamment présentée et pose le personnage comme un antagoniste crédible: une sorte de Prolix réellement compétent dans son domaine et particulièrement dangereux.

Pareil niveau réal’: c’est du très haut niveau, avec plusieurs scènes superbes et mémorables. Ne serait-ce que le début, qui nous montre un Panoramix en mode Naruto qui court de branche en branche pour cueillir du gui (avant la chute fatidique). Quant-à la direction artistique, elle est efficace. Évidemment pas novatrice pour deux sous (on parle d’Astérix, là, hein), mais précisément celle qui était attendue. Bref, que ce soit au niveau visuel ou au niveau de l’écriture, c’est… à peu près comme le précédent en fait.

Ce n’était clairement pas facile de passer après Le Domaine des dieux tant il avait mis la barre haut. Les attentes étaient élevées et Le Secret de la Potion Magique s’en sort très honorablement. Sans surpasser son prédécesseur, mais je vois mal comment on pourrait le lui reprocher. Il en est digne, c’est tout ce qu’on attendait. Et ça permet de faire oublier un peu l’absence de Roger Carel au casting, parti en retraite.

Puisqu’on en parle, le doublage est bon. Dans l’ensemble, du moins. Son plus gros point noir, c’est Christian Clavier. Je sais qu’il a joué Astérix deux fois au cinéma, que c’est un acteur très populaire en France, etc. Mais pour moi, c’est non. Déjà parce que Clovis Cornillac et Edouard Baer étaient bien meilleurs dans le rôle (même si les films étaient merdiques), et ensuite parce que ce ne sont pas les bons comédiens de doublage qui manquent dans la francophonie (je suis persuadé qu’on pouvait en trouver un meilleur que Clavier).

Après, il n’est pas nécessairement grave que le casting du personnage qui donne son nom au film n’ait pas été, disons, optimal: parce qu’il a moins de texte que Panoramix, voire même (j’en suis à peu près certain) qu’un personnage secondaire comme Ordralfabétix. Si bien que le film aurait probablement dû porter le nom du druide plutôt que celui du guerrier gaulois tant ce dernier demeure au final peu utile à l’intrigue: si je vois mal comment le long métrage aurait pu se passer d’Obélix, Cétautomatix ou Pectine, je pourrais très bien l’imaginer sans Astérix.

C’est d’ailleurs l’un des deux vrais reproches que j’ai à faire à ce film, en fait. Maintenant, comme ça permet de moins entendre Clavier, en fait, ce n’est peut-être pas plus mal, donc je vais éviter de me plaindre. En plus, le reste du doublage est bon. Même la voix énervante d’Élie Semoun passe plutôt bien, vu que c’est de toute façon son personnage qui est censé être énervant (et il l’est). Guillaume Briat, Bernard Alane, François Morel et Lionnel Astier font, comme à leur habitude, de l’excellent travail. Daniel Mesguich fait aussi du très bon taff’ en campant un Sulfurix à la fois ténébreux et doucereux (sa performance m’a d’ailleurs un peu rappelé celle de feu Jean Piat dans la VF du Roi Lion), mais Alex Lutz en fait un peu trop sur l’accent germanique de Teleferix. Enfin, c’est ça, c’est juste pour chipoter.

Sinon, j’aime bien l’idée d’avoir collé de la New Wave (comme You Spin Me Round de Dead or Alive) pour un truc censé se dérouler dans le courant du premier siècle av. J.-C. Parce que, quitte à coller des anachronismes dans une comédie, autant y aller franco (tant que ça ne casse pas la cohérence visuelle de l’univers d’Astérix). En plus, ça permet de bien dynamiser certaines blagues (la première avec les pirates, par exemple). Par contre, je trouve la dernière partie du film assez… awkward. C’est le second vrai reproche que j’ai à faire au film, en fait, même si les choix qui ont été faits peuvent se défendre (plus que tout ce qui a pu être fait dans Le Ciel lui tombe sur la tête, en tout cas) et qu’elle est techniquement parlant très réussie.

Enfin, je ne vais pas spoiler, vous pouvez y aller de toute façon les yeux fermés (pensez juste à les rouvrir une fois dans la salle). Parce que, même si cette séquence est très bizarre et ne sera pas du goût de tous, le reste est vraiment sympa.

Au revoir; à bientôt.

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