Batman Ninja

Le monde des comics à super héros a cela de singulier qu’on peut en faire à peu près n’importe quoi. Spider-Man en zombie? Ça existe. Superman soviétique? Un des meilleurs DC jamais publiés. Batman en ninja dans le Japon féodal? Eh… ouais. Bon.

En affrontant Gorilla Grodd, Batman est catapulté dans le Japon médiéval, où il est accueilli par des samouraïs au service du Joker. Ce dernier et ses acolytes ont en effet pris le pouvoir, et il n’est pas le seul problème que Batman aura a régler dans le passé: la plupart de ses ennemis majeurs y ont installé leurs quartiers. Fort heureusement, il pourra compter sur l’aide (relative) de Catwoman et celle (moins relative) de ses plus fidèles alliés (Nightwing, Robin, Red Robin…).

Alors alors… comment dire… ce truc a-t-il un sens? Je veux dire, des scénarios à la con avec des héros costumés, j’en ai déjà pas mal bouffé, mais là, c’est un niveau de compétition, question n’importe quoi assumé. Limite, on dirait que les scénaristes ont foutu tous les clichés disponibles sur le Japon dans une calebasse avant de tirer au sort, puis de rajouter Batman & Co par dessus.

Surtout que le prétexte « Batman réinventé par les meilleurs dessinateurs japonais » (© Netflix), il a bon dos. Parce que ce n’est pas la première fois que des dessinateurs japonais travaillent sur un héros de comics, et aucun n’avait une contextualisation au pays du Soleil Levant aussi forcée, ni aussi caricaturale. Dans les Marvel Anime, par exemple, la raison de la venue des héros américains au Japon était logique: pour Wolverine, on s’appuyait sur le passé de Logan avec Mariko Yashida, et pour X-Men, on mettait (exceptionnellement) en avant Armor, l’une des rares mutantes japonaises de l’équipe (j’imagine que Sunfire devait être trop clivant). On pourrait aussi citer l’exemple de Snikt! de Tsutomu Nihei, qui avait parfaitement démontré (s’il en était besoin) qu’un dessinateur japonais peut très bien reprendre un héros de comics en faisant abstraction d’un contexte spécifiquement nippon.

Eh bien ici, ce sera piscine de poncifs éculés et de caricatures en tous genres, parfois d’un goût douteux. Le Joker grimé pour le Kabuki, OK, pas de souci (en plus ça colle bien au perso); Bane en sumo… bon, passe encore; mais Nightwing avec une coupe Sasuke, c’est non; et pour Robin encore moins. Ensuite, les robots géants en mode gattai, c’était vraiment nécessaire? D’ailleurs, c’est moi ou c’est perclus d’incohérences diverses et variées? Enfin bref.

Niveau visuel, par contre, ça a vraiment de la gueule. J’imagine que le filtre « papier de riz » va en agacer plus d’un, mais perso, ça ne m’a pas dérangé plus que ça. C’est un style, on va dire, et si en général, c’est un cache-misère pour faire excuser une qualité technique médiocre, ici, ce n’est clairement pas le cas. Bien sûr, tout est en CG, mais dans un style « Jojo » qui permet de bien faire passer la pilule (ce qui n’est pas illogique en soi, vu que la réalisation a été dirigée par Junpei Mizusaki, justement crédité sur plusieurs génériques de Jojo). Et si l’histoire est plus que bof, la mise-en-scène est plutôt bonne, elle. Après, il faut dire qu’elle a été supervisée par Kazuki Nakashima, qui après Gurren Lagann et Kill la Kill n’a plus rien à démontrer. Donc ouais, l’anime a de la gueule, et pas qu’un peu. Mais c’est aussi un peu décevant: les deux anime sus-cités avaient marqué par le dynamisme de leur composition et leurs scènes d’action; ici, c’est… bien; seulement bien.

Quant-au doublage (japonais, pas essayé la VA), il tient très bien la route: Batman est interprété par Kôichi Yamadera (aka Monsieur Spike Spiegel, entre autres nombreux rôles), le Joker par Wataru Takagi (aka Monsieur Eikichi Onizuka), Gorilla Grodd par Takehito Koyasu (aka Monsieur Dio Brando) Harley Quinn par Rie Kugimiya (aka Monsieur Alphonse Elric… bon, elle a fait plein de rôles féminins cools, aussi), Red Hood par Akira Ishida (aka Monsieur… putain y en a tellement de bien, j’arrive pas à choisir; allez Edge dans Panzer Dragoon Saga), Robin par Yûki Kaji (oh, c’est bon, hein), Nightwing par Daisuke Ono… Bref, niveau dub-staff, la production a mis le paquet. Et de ce que j’ai vu, la VA a aussi eu droit à son cast de qualité, puisqu’elle s’est payé les services de Tara Strong (qui reprend ses rôles habituels de Harley Quinn et Poison Ivy), Fred Tatasciore (qui a pas mal de voix Marvel & DC à son actif, mais a surtout été Saren dans Mass Effect) et Roger Craig Smith (soit la voix originale de Bruce Wayne dans Batman: Arkham Origins; entre autres).

Alors… eh bien, je ne sais pas trop quoi en penser, en fait. L’histoire est vraiment très faible et le chara-design assez inégal, mais le reste oscille entre le bon et l’excellent. En fait, je crois que sans son dernier quart totalement WTF (qui étrangement ressemble beaucoup à la dernière partie du dernier Astérix), je l’aurais même trouvé plutôt cool. Quoi qu’il en soit, c’est une expérience… étrange, disons.

Au revoir; à bientôt.

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