Wotakoi

… est l’adaptation en série animée du manga publié chez Kana sous le titre Otaku Otaku. Voilà.

Nouvellement arrivée dans une société de… euh… je sais pas (je crois bien que ce n’est jamais dit explicitement), Narumi Momose retrouve parmi ses nouveaux collègues un de ses amis d’enfance, Hirotaka Nifuji, qui est un gros otaku revendiqué. Comme elle, d’ailleurs, mais elle, elle essaie de le cacher (parce que c’est quand même trop la honte, un adulte qui lit des mangas, regarde des anime et joue à des jeux vidéo, hohoho… quoi, pourquoi vous me regardez comme ça?). Sauf qu’il s’avère que, chaque fois qu’elle a voulu se mettre en couple avec un homme « normal » (quoi que ça veuille dire), il a toujours fini par découvrir le pot-aux-ronces (c’est comme les roses, mais avec des mûres; donc c’est mieux), et la plaquer. Un soir de biture post-boulot, nos deux otaques décident donc que, quitte à se mettre en couple, autant le faire entre eux, vu qu’ils se comprennent et s’acceptent mutuellement depuis quasiment deux décennies. En plus, comme le hasard fait bien les choses, deux sempai du taff sont également des otaku; du genre tsundere.

Alors, on ne va pas tortiller: c’est une très fidèle adaptation du manga, qui est déjà super sympa à la base. De la slice-of-life dont la principale originalité est de mettre en scène des adultes à la fois otaku et entrés dans la vie professionnelle. Ce n’est certes pas nouveau, mais ça ne représente qu’une modeste proportion par rapport à toutes les séries de slice-of-life centrées sur des lycéens ou des étudiants (au hasard, Genshiken).

Ils sont d’ailleurs super attachants chacun à leur façon, ces persos, avec de multiples dualités et oppositions qui s’attirent: Narumi et Hirotaka ont par exemple des caractères radicalement opposés (la première est à la fois dynamique, bavarde, anxieuse et tête-en-l’air, quand le second est calme, taciturne, insouciant et méticuleux), tout comme s’opposent par leur fonctionnement leur couple (balbutiant mais plutôt posé) et celui que forment leurs sempai (qui dure depuis le lycée alors qu’ils passent leur temps à s’engueuler). S’opposent également la manière dont chacun vit sa passion, qui n’est d’ailleurs pas la même: Hirotaka est à fond dans les jeux mais se passionne peu pour le reste, quand Narumi est plutôt une fujoshi.

Du reste, la forme que prend l’histoire n’a rien de bien surprenant en soi, vu que ce sont des ressorts classiques de rom-com, à base de quiproquo, de coups de sang, de situations singulières ou de questionnements maladroits. Qui fonctionnent, tous, malgré une narration qui, cependant, emprunte peut-être un peu trop à son format d’origine (sans que ce soit nécessairement nuisible, c’est juste que chaque support a ses propres qualités et qu’il n’est pas nécessairement pertinent de trop coller à celles de l’original).

De plus, la série va droit au but, en nous épargnant les gros atermoiements pénibles ou le pathos romantique: quand il faut meubler, ça se fait à la blague, et les deux principaux couples sont de toute façon déjà formés dès le premier épisode. Au fond, la vraie question sera de savoir si les couples en question supporteront le poids de l’otakisme de chacun. Car, en filigrane, c’est bien l’interrogation de l’autrice du manga: peut-on être à la fois « vraiment » adulte (ce que symbolise le fait de former un embryon de famille, une fois arrivé dans la vie active) et otaku (c’est-à-dire immature selon les standards sociaux japonais; et français; et de plein d’autres pays, j’imagine). En fait, la réponse apportée à demi-mot dans l’anime est oui. Du moins, jusqu’ici. Car la série ne compte que 11 épisodes, lesquels ne couvrent qu’à peine plus que les trois premiers volumes du manga, toujours en cours au Japon au moment où j’écris ces lignes; mais vu qu’il n’y a, pour l’instant, que six volumes qui ont été publiés, c’est plutôt normal.

Plus normal, en tout cas, que la traduction bâclée proposée par Amazon Prime Video. Sérieusement, quand on montre des persos qui jouent à Monster Hunter, ON NE TRADUIT PAS « FARM » PAR « CULTIVER » BORDEL! Et là, ce n’est qu’un exemple du premier épisode, car la série est infestée de contresens et d’approximations, jusqu’à son terme; le summum de la connerie arrivant quand le mot « boss » est traduit par « patron » alors que les persos sont dans un MMO… Enfin, tout le monde sait ce que c’est qu’un putain de boss de jeu vidéo, non? Il est juste scandaleux que le service de VOD payant d’une des entreprises les plus riches de la planète propose une VOSTF du niveau d’un fansuber débutant!

De fait, il est assez difficile de conseiller la série en l’état: elle est vraiment super sympa, mais sa localisation francophone est vraiment super ratée. Contrairement à celle du manga. Donc en attendant qu’un éditeur de DVD/BR ne refasse le boulot (correctement cette fois-ci, espérons-le), vous pouvez toujours vous rabattre sur la version papier. Sinon, j’imagine qu’il y a moyen de changer la langue des sous-titres, donc, à la limite, en VOSTA…

Au revoir; à bientôt.

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