Retour aux Sources

C’est le premier post de ce blog sur un manhua, mais je dois bien avouer que je n’en lis pas beaucoup. Pas que je n’aime pas ça, mais force est de reconnaître que, depuis la disparition de Xiao Pan, les éditeurs francophones ne se bousculent pas pour éditer de la BD chinoise (même si elle n’est clairement pas la plus mal lotie chez nous). Enfin, fort heureusement, ça n’a pas dissuadé Kana de publier Retour aux Sources, de Zhuo Hsuan, BD taïwanaise… publiée dans un sens de lecture « japonais » (l’était-elle également en VO ou les planches ont-elles été inversées pour faire plus « manga » afin de toucher un public plus large?).

Chen Nuannuan est étudiante en beaux-arts à l’université de Taipei, la seule, avec Xia Zhixun, à s’intéresser aux cours de culture folklorique (et ce dernier n’y est évidemment pas étranger). Un cours où le professeur les invite à utiliser leurs grandes vacances pour mener une enquête de terrain, en équipe, dans un coin de leur choix. Et c’est Daxi que choisit Xia Zhixun, vu qu’il en est originaire, et qu’il n’y a pas remis les pieds depuis sept ans. Chen accompagnera donc « Axun » dans son retour aux sources, emprunt de nostalgie, alors que se prépare un festival traditionnel en l’honneur de Nezha.

Si l’ambiance n’est jamais dramatique, ce n’est cependant pas non plus la fiesta la plus insouciante, puisque Axun revient dans une famille désunie et alors que quelques soucis apparaissent ici et là. Jamais de manière violente ou grandiloquente, ceci dit: le malaise d’Axun est certes palpable, mais jamais exagéré. Disons plutôt qu’il se place dans une logique de regrets à propos de ses actes manqués (ou de ceux des autres). Maintenant, certains personnages semblent s’évertuer à dynamiser l’ambiance, par une sorte de jovialité naïve ou d’enthousiasme communicatif. Notamment Yixin, ami d’enfance d’Axun persuadé d’être dans le vent, mais qui a toujours un train de retard, question mode (ce qui ne l’empêche pas de qualifier Chen de ringarde).

Chen est, elle, un personnage… assez fade, en fait. Et c’est probablement volontaire: elle est un archétype de « fille de la capitale » débarquant en province, mais sans être particulièrement hautaine ou méprisante, et même plutôt curieuse de rites de Daxi. De fait, elle découvre, comme le lecteur, cet environnement familier pour Axun, mais exotique pour quelqu’un venant de Taipei, et c’est donc à elle que l’on est appelé à s’identifier (d’où, je pense, sa personnalité peu affirmée). Cela permet en outre d’intégrer dans le récit des explications qui auraient, dans le cas contraire, été reléguées en fin de bouquin, en marginale ou en bas de page.

Elle suivra le parcours d’Axun, dont le travail d’analyse va se muer en participation active au festival, dans lequel son père jouait un rôle important par le passé: l’enquête ethnographique des étudiants se confond avec la quête personnelle de l’un d’entre-eux, sur fond de rites traditionnels (le titre original était d’ailleurs Rites of Returning). Le tout suivant un rythme relativement lent, parfois contemplatif, mais permettant justement de bien saisir l’ambiance des instants. Le trait de Zuo Hsuan (que je découvre, pour l’occasion), me fait un peu penser à celui de Satsuki Yoshino (à qui on doit notamment Barakamon), et colle donc parfaitement à ce type d’histoire. Laquelle a le mérite de ne pas trainer en longueur.

Et deux volumes, ça tient sous le sapin. À bon entendeur…

Au revoir; à bientôt.

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