Mawaru Penguindrum – Station 1

Kunihiko Ikuhara est un bien étrange personnage: derrière les succès (au moins d’estime) qu’ont été les OVNI Utena et Yurikuma Arashi, il est un auteur, au sens cinématographique, dont le style est aisément reconnaissable. Pour ma part, c’est surtout avec la série animée Mawaru Penguindrum que je l’ai découvert, car, contrairement à Utena, elle m’a littéralement scotché. Aussi était-ce avec curiosité (et un brin d’appréhension) que je me suis lancé dans la lecture de ce… roman? Light Novel? Allez, disons roman (c’est qu’il y a très peu d’illustrations, en fait).

Depuis la mort de ses parents, Himari Takakura vit seule avec ses deux frères, Kanba et Shôma, qui sont aux petits soins pour elle. Car, à l’instar d’une histoire de Mark Twain, un malheur n’arrive jamais seul à ceux qui sont dans la dèche, et Himari est atteinte d’un cancer incurable. Et décède. Ou pas. Parce qu’un chapeau en forme de tête de manchot la ramène parmi les vivants, avec une sorte de seconde personnalité et trois volatiles associés chacun à un des membres de la fratrie. Kanba et Shôma se voient alors attribuer pour mission de retrouver le mystérieux « Penguin-Drum » qui seul permettra à Himari de rester en vie.

L’accroche est totalement WTF, et l’histoire ne l’est pas moins, puisque très rapidement, Kanba et (surtout) Shôma se retrouvent à côtoyer Ringo Oginome, une stalker obsédée par un professeur de leur lycée et dont le comportement est creepy as shit. Si on ajoute à ça les passages en mode « stratégie de survie enclenchée » et le fait que les manchots soient invisibles pour le commun des mortels (et plutôt facétieux), on tient un trip assez débilement fun, et pourtant horriblement dramatique.

La mort y est en effet omniprésente et la thématique du deuil constitue un moteur essentiel du roman. Déjà parce que c’est bien entendu la mort d’Himari qui sert de déclencheur, jetant les orphelins Kanba et Shôma dans une quête que jamais ils n’auraient imaginé, mais aussi parce que l’histoire personnelle de Ringo (sans trop spoiler) n’est pas non plus épargnée par la faucheuse. Cette dernière reviendra aussi, menaçante, plusieurs fois en filigrane.

Pour ce qui est du texte proprement dit, il n’est pas très élaboré d’un point de vue purement littéraire (roman jeunesse oblige). La narration change assez régulièrement de point de vue, mais dans ce premier volume (on verra ce qu’il en est par la suite), un seul se retrouve à la première personne: celui de Shôma, faisant de lui le personnage principal de l’histoire, pour le moment. Ce premier tome couvre les neuf premiers épisodes de la série, à vue de nez sans grosse divergence pour le moment (même si mon dernier visionnage remonte à un petit moment déjà).

Ce qui constitue, paradoxalement, son plus gros défaut: il n’apporte pratiquement rien à la série tant il en est proche. A priori, il a été écrit (en collaboration avec la romancière Kei Takahashi) en parallèle à l’élaboration de celle-ci, l’histoire de Mawaru Penguindrum pouvant théoriquement être indifféremment suivie sur son format visuel ou sur son format littéraire. Sauf que dans les faits, c’est la pâte visuelle de Ikuhara qui fait au fond toute la différence, et constitue l’un des intérêts premiers du scénario.

De cette esthétique restent dans le roman quelques éléments que l’édition française a conservé, comme sa très jolie couverture minimaliste en forme de plan de métro. Et quelques illustrations. N’ayant jamais eu sous les yeux l’édition originale japonaise, je suis incapable de dire jusqu’à quel point la version française d’Akata lui est fidèle. Cependant, il s’agit d’une belle édition, malgré quelques petites coquilles sur les noms propres (ponctuellement, il arrive que Himari devienne Himawari, Kanba Kanda et Shôma Sôma).

Quant-à le conseiller… je ne sais pas. Pour ma part, j’ai tendance à lui préférer la version animée, donc s’il y avait à choisir entre les deux, c’est vers cette dernière que je me tournerais (d’autant que l’intégrale DVD est encore trouvable à un prix abordable). Ceci étant dit, il n’est pas obligatoire de choisir entre les deux, et la lecture du roman est un bon moyen de se replonger, par un autre biais, dans une histoire dramati-comique de premier ordre.

À voir ce qu’il en sera de la suite, annoncée pour la fin du mois de février.

Au revoir; à bientôt.

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