X-Men – Les Origines

… est un recueil de titres au départ publiés entre 2008 et 2010, édités en volume relié, en France, en 2014. Et c’est dans la collection Marvel Deluxe que ce dernier a été réédité en novembre dernier. Le concept? Onze récits indépendants racontant l’histoire de quelques-uns des membres les plus iconiques des X-Men, pour l’essentiel avant qu’ils ne rejoignent Xavier.

Alors, le schéma sera très le souvent le même: un ado se découvre une mutation, qui en fait soit un paria à éliminer ou enfermer d’urgence, soit un élément dangereux que telle ou telle faction voudra recruter. Puis arrive Xavier qui par télépathie arrange le tout et accueille à bras ouverts le jeune mutant en question dans son institut de Westchester. Avec évidemment des variations (et deux ou trois exceptions), en fonction du perso considéré dans le chapitre en question.

Ces persos, ce sont quatre des cinq X-Men originels (et du coup, pourquoi pas Archangel?), quelques-uns de l’équipe suivante (en l’occurrence Wolverine, Colossus, Nightcrawler… et c’est tout; là encore, pourquoi eux et pas Storm, Warpath ou Banshee?), Gambit, Emma Frost, Sabretooth et Deadpool… Bon, j’imagine que la justification de certains choix a dû se jouer sur des questions de popularité, mais c’est un peu dommage pour tous ceux dont l’origin story était alors assez vague et qui du coup auraient pu être étoffés; je songe notamment à la « jeune » génération qui a survécu à la Décimation (qui tombait en plus quelque temps avant la publication originale de ces chapitres), comme Anole ou Pixie. Alors que le passé de Logan ou de Scott Summers, on en avait déjà bouffé pas mal à l’époque…

Du coup, ces récits sont d’intérêt relativement inégal. Tout comme leur scénarisation, par ailleurs. Il n’y a pas vraiment de mauvais chapitre ici, mais quelques-uns s’avèrent simplement meilleurs. En l’occurrence, des chapitres scénarisés par Kieron Gillen, Chris Yost et Mike Carey: Sabretooth, Colossus, Gambit et Beast. Si Beast et Colossus répondent peu ou prou au schéma « normatif » qu’on a vu plus haut, pour Sabretooth et Gambit, c’est un peu plus compliqué. Déjà, le premier est, effectivement, un criminel en puissance qui n’aura de cesse de s’en prendre à sa Némésis, et cette origin story sert finalement surtout à présenter les relations passées entre les deux mutants. Pour Gambit, eh bien son histoire personnelle est simplement TRÈS différente de celle des autres X-Men: à aucun moment dans cette origin story il ne bénéficiera de l’aide de Xavier (comme Sabretooth et Deadpool), puisque c’est Mr Sinister qui mettra la main sur lui. Il sera même, à son corps défendant, un des artisans du massacre des Morlocks par les Marauders.

Quant-au dessin, eh bien là encore, vu que pas mal de dessinateurs différents ont été mobilisés, c’est assez inégal. Et surtout vraiment très varié. Le chapitre sur Beast, par exemple, a un rendu plutôt photo-réaliste très réussi, mais qui a tendance à le rendre statique, et un peu creepy (on pourrait, dans une moindre mesure, faire le même constat pour la partie Jean Grey du recueil). A contrario, les chapitres sur Gambit et Colossus sont eux dessinés dans un style beaucoup plus classique, mais impeccable, beaucoup plus dynamique. C’est d’ailleurs le cas de la plupart des récits compilés ici, à l’exception peut-être des chapitres sur Iceman et Emma Frost, que je trouve assez faibles en comparaison des autres, pour le coup.

Enfin, le chapitre le plus « différent » est (comme on s’en doute) celui sur Deadpool. Non par son dessin, mais par sa scénarisation, qui est une (nouvelle) mise-en-abîme dramaticomique du personnage, préparant son propre biopic à Hollywood. Je pense que c’est un récit que j’aurais beaucoup plus apprécié s’il avait bénéficié du double ou du triple de pages, car il semble ici assez rushé (mais c’est un reproche qu’on peut également faire pour les histoires de Wolverine, Emma Frost et Sabretooth).

Au final, c’est un recueil intéressant et dans l’ensemble réussi (les sorties de route s’avérant au final peu nombreuses), bien qu’assez inégal sans qu’on atteigne en la matière le point de Age of Apocalypse. Après, comme chaque récit est indépendant, il n’y a rien qui interdise de faire l’impasse sur un ou deux en cours de lecture, pour s’attarder sur les meilleurs. On regrettera juste l’absence de chapitre consacré à Archangel (même si ça ne se justifiait pas beaucoup plus que pour les autres X-Men originaux, parce que leurs origin story respectives sont quand même assez bien connues). Et aussi une certaine frilosité dans le choix des persos centraux (même si c’est vrai que Sabretooth, je ne l’avais pas vu venir; mais comme il y est beaucoup question de Wolverine, au fond, c’était aussi un peu une solution de facilité).

Au revoir; à bientôt.

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