The Punisher (saison 2)

Arrivée récemment sur Netflix et binge-watchée dans la foulée. Alors alors…

Frank Castle, ou plutôt Peter Castiglione, s’est un peu mis au vert après les événements de New York de l’année passée, sachant qu’il est officiellement mort (et semble avoir l’intention de le rester). Dans un bar d’un patelin paumé du Michigan, il tombe sur la jeune Rachel-qui-ne-s’appelle-pas-vraiment-Rachel, poursuivie par un gang plutôt bourrin. Qu’il massacre, Punisher-style. L’ennui, c’est que ledit gang est en réalité un rassemblement de portes-flingue mené par John Pilgrim, un cousin de Scott un criminel néonazi repenti qui continue cependant de tuer pour le compte de ses bienfaiteurs. Et qui ne compte pas lâcher sa proie comme ça. Pendant ce temps, à New York, l’agent Madani voudrait bien que le prince Caspian Billy Russo se souvienne qu’il était un gros connard dans la saison précédente, sauf qu’il est (partiellement) amnésique. Du coup, quand ce dernier s’évade de son institut psychiatrique, elle se dit que ce serait marrant de vaincre encore une fois le mal par le mal et entreprend de ramener le Punisher; quitte à ce qu’il trimbale ses propres emmerdes avec lui.

Bon, on ne va pas tortiller: niveau scénarisation et photographie, on reste clairement dans la lignée de la saison précédente, avec une qualité sensiblement équivalente. Du coup, pas grand-chose à dire de plus sur ces aspects: c’est correct, sans révolutionner quoi que ce soit. M’enfin, s’il n’y a pas de transcendance, d’éclair de génie ou que sais-je, ce n’est pas franchement un problème: tant que la machine ronronne sans se gripper, il n’y a pas matière à se plaindre, vu que ce sera toujours mieux que les dernières saisons des quatre autres séries Marvel-Netflix. Pour ce qui est du casting et du jeu d’acteur en général, je suis en revanche un peu plus mitigé. Jon Bernthal s’en sort toujours très bien et les « support/recurring » issus de la saison 1 s’en tirent aussi honorablement. Giorgia Whigham, qui joue Rachel-qui-s’appelle-en-fait-Amy, se débrouille plutôt pas mal aussi. Pour les antagonistes, par contre, c’est déjà beaucoup moins ça.

En fait, aucun n’est crédible, pas même Jigsaw. Je ne sais pas si c’est lié au jeu outré de Ben Barnes ou à son maquillage très soft pour un mec censé être défiguré. Mais je n’arrive simplement pas à croire à ce personnage. Pareil pour ses sidekicks, d’ailleurs, que ce soit le Dr Dumont qui pue la trahison dès sa première scène, ou la multitude de boulets qui orbitent autour de lui. Les vétérans qui n’arrivent pas à revenir à la vie civile, c’était un des moteurs de la première saison (et même son plus gros point fort); mais là, ils sont systématiquement ratés, presque des comic-reliefs tellement ils se ridiculisent tous seuls. Quant-à la clique Pilgrim/Schultz… Était-ce bien nécessaire? Parce que, sérieusement, cette intrigue, personne ne peut y croire. Si ç’avait été contextualisé, genre, il y a trente ans, OK, pourquoi pas. Mais à la fin des années 2010, non. Juste non. C’est d’autant plus dommage que les trois antagonistes principaux de cette facette de l’histoire sont incarnés par des pointures. Et que, niveau background, si le couple Schultz est bâclé et caricatural, John Pilgrim avait lui tout pour constituer un adversaire intéressant pour Frank Castle.

Surtout, enfin, l’évolution de ce dernier me semble discutable. Dans la saison précédente, il était un vétéran violent et instable, hanté par la perte d’êtres chers et par son passé militaire, en quête d’une vengeance qu’il a fini par accomplir. Dans la saison 2, il y a encore un peu de ça, mais il est beaucoup moins nuancé, devenant une sorte de papa-ours ultra-bourrin mais au grand cœur, qui n’aura de cesse d’abattre du méchant à la chaîne. Les victimes collatérales? Quand il y en a, ce n’est jamais directement de son fait, aussi la violence du Punisher est montrée avec beaucoup de complaisance, comme l’application d’une forme de justice morale expéditive, à la manière d’un héros d’actioner des années 1980; un peu comme dans Commando, mais sans l’humour débile. Donc pas franchement un anti-héros, au final.

Quoi qu’il en soit, cette saison deux de The Punisher, si elle n’est pas à proprement parler mauvaise, est quand même assez décevante. Manque, surtout, un antagoniste vraiment crédible, ce qu’auraient pu être Jigsaw comme Pilgrim. Sauf que le premier ressemble à une blague et que le second poursuit une quête qui n’a même pas lieu d’être. Plutôt que mener deux histoires entrecroisées, il eût peut-être été plus intéressant de se consacrer à une seule et d’y mettre le paquet. Cela dit, The Punisher s’en sort cependant mieux que les dernières saisons des autres séries Marvel-Netflix. D’ailleurs, la connexion avec celles-ci est plus que ténue: la présence de Karen Page ne sert à rien; idem pour celle de Turk. Donc ce n’est probablement pas avec cette franchise que se pérenniseront les héros des trois séries annulées l’an passé.

Au revoir; à bientôt.

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