Nighflyers (saison 1)

S’il y a bien deux sous-genres de la SF que j’affectionne particulièrement, ce sont la science-fantasy et la planet opera. Pas de bol, Nightflyers n’est ni l’un, ni l’autre. Et ce n’est pas folichon folichon, en plus.

Dans ce qui ressemble à une cantine spatiale, une femme se cache d’un homme armé d’une hache qui cherche à la tuer. Tout juste a-t-elle le temps d’envoyer un message d’avertissement à la Terre, avant de pouvoir mettre elle-même fin à ses jours. Flashback, 2093: la Terre se meurt, victime des conséquences écologiques des activités humaines. Mais il se trouve qu’une forme de vie extraterrestre, le Volcryn, a été repérée à une lointaine distance de notre planète, et qu’elle présente des caractéristiques telles que ses connaissances scientifiques pourraient bien sauver l’humanité. En urgence, le Nightflyer, meilleur vaisseau jamais créé par notre espèce, est apprêté pour embarquer une expédition de premier contact. Laquelle est composée de l’astrophysicien Karl D’Branin, de la psy Agatha Matheson, de l’experte informaticienne Lommie Thorne, etc. Et bien entendu, rien ne va se passer comme prévu, les gens ont des hallucinations, il y a une étrange présence à bord, blablabla, vous connaissez la suite.

Bah oui: la série est un juste un mélange à rallonge de Sunshine et de Solaris, deux films que pour ma part j’apprécie pas mal (moins le premier que le second, et pour ce dernier plus la version des années 1970 que celle des années 2000). Du coup, si, comme moi, vous les avez vu, pratiquement aucun des ressorts narratifs ne vous surprendra à quelque moment que ce soit. À part peut-être les séquences « cyberpunk » où Lommie rentre dans l’intelligence artificielle du Nightflyer (mais là encore, rien de neuf ou d’un minimum singulier: c’est beaucoup de réchauffé). Même les pouvoirs psy de Thale, qui auraient pu apporter un truc novateur, sentent le déjà-vu paresseusement étalé tel quel, sans réelle recherche derrière.

Pareil pour les visuels ou la direction artistique en général: il n’y a tellement rien qui donne ne serait-ce qu’un fragment d’identité à cette série que c’en est désolant. Et le scénario n’aide pas, non plus, puisqu’il est perclus d’incohérences diverses, quand il ne se contente pas de jouer la carte de la facilité à grosse ficelle. Déjà, je trouve très maladroit de démarrer sur un flashforward qui spoile directement la mort d’une des persos principales, qui plus est mortellement menacée par un autre perso principal.

Et ensuite, le coup du commandant qui n’apparaît dans un premier temps que sous forme holographique… OK, ça va, je te vois arriver avec tes sabots, t’es pas obligé d’attendre le dernier épisode pour me sortir ta grosse révélation, hein (surtout si c’est pour en rajouter une couche avec un maxi-cliché de drama à la con). Mais le problème, c’est que tout est comme ça, finalement: quel est l’intérêt d’une série dont tout, je dis bien tout, est déjà quasi-évident dès le premier épisode?

L’histoire est tirée d’un court roman de George R. R. Martin, qui date du début des années 1980. Alors, évidemment, outre la « modernisation » nécessaire, il a fallu broder vu la modeste densité du texte d’origine, car il était clairement insuffisant pour tenir une dizaine d’épisodes de plus quarante minutes. L’ennui, c’est que les ajouts ne sont pas des plus brillants et rendent le récit très insipide. Au final, ç’aurait très bien pu être réduit à un long métrage (d’autant que, de ce que j’ai compris, la première tentative en ce sens en 1987 a été un échec; je ne l’ai pas vu, donc je ne jugerai pas).

Le jeu des acteurs n’arrive par ailleurs que péniblement et seulement ponctuellement à redresser la barre. La plupart sont assez inexpressifs ou au contraire cabotinent comme s’ils n’en avaient rien à cirer. Celles qui s’en sortent le mieux sont peut-être Maya Eshet et Gretchen Mol, qui incarnent respectivement Lommie Thorne et Agatha Matheson. Et ce malgré une écriture assez pataude de leurs personnages. Quant-aux SFX, s’ils ne sont pas particulièrement honteux (genre face à Legends of Tomorrow, par exemple), ils n’ont clairement rien de transcendant, et ont même souvent un rendu assez awkward, le manque de budget se faisant régulièrement sentir.

Au final, la série n’est pas absolument catastrophique, mais n’a quand même pas grand-chose pour elle; du moins rien qu’on n’ait déjà vu en mieux (voire beaucoup mieux) par ailleurs. Du coup, je ne peux décemment pas la conseiller. En tout cas, à titre personnel, elle m’a passablement déçu. Voilà.

Au revoir; à bientôt.

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