Alita: Battle Angel

Ça faisait un petit moment que je devais voir Alita: Battle Angel, et c’est désormais chose faite. Quant-à savoir si ça valait vraiment le coup…

Le Dr. Dyson Ido découvre, alors qu’il fouinait dans la décharge de Iron City, une partie du corps cybernétique d’une fille qui, une fois réparée, s’avère être amnésique. Toutefois, Alita, comme la nomme Ido, a parfois des flashs de son passé et un talent inné pour le combat. Ce qui ne sera pas de trop, car Iron City, infestée de meurtriers et de dépeceurs de cyborgs, se trouve sous la coupe du cynique Vector, un puissant potentat aux méthodes mafieuses. Mais c’est aussi le lieu où évolue Hugo, un jeune des rues qui ne rêve que de monter à Zalem, la dernière cité céleste, et qui ne laisse pas Alita indifférent.

Alors, comme j’arrive longtemps après la bataille et que beaucoup a déjà été dit sur ce film, je ferai plus court qu’à l’accoutumée. Trois constats, ceci dit, qui tous tiennent à son statut d’adaptation de Gunnm (ou plutôt de la version américaine de Gunnm; d’où les changements de noms par rapport à la version que nous connaissons le mieux).

1- C’est davantage une adaptation de l’OVA de Madhouse de 1993 qu’une adaptation directe du manga de Yukito Kishiro. Le déroulé en est assez proche, les personnages de Chiren & Grewcica/Grewishka sont bien là (alors que Makaku, évidemment, non), et il n’y a guère que deux ou trois trucs, comme l’ajout du Motorball, qui constituent un renvoi exclusif au manga (avec pas mal de libertés, d’ailleurs; ça fait un peu « cheveu sur la soupe » aussi). Bref, ça ressemble quasiment à un remake en live action, ce qui pose par conséquent la question de sa pertinence: l’OVA parvenait à raconter autant de choses (si ce n’est plus) en deux fois moins de temps; et surtout mieux.

2- C’est une adaptation latino-américaine, et pas seulement du fait de la présence de Robert Rodríguez à la réalisation: tout dans la direction artistique, les designs et l’ambiance visuelle sonne comme une sorte de Mexique futuriste. À part au niveau sonore où, étrangement, rien de particulier ne se dégage. Quoi qu’il en soit, Iron City est colorée, lumineuse et vivante malgré la pauvreté et la criminalité. Ce qui n’est pas nécessairement hors de propos, puisque l’histoire nous parle d’une fille mystérieuse qui va se lier à un mec bossant pour un « cartel » et aspirant à « passer la frontière » du pays de ses rêves, avant que les choses ne dégénèrent.

3- C’est une adaptation tout public. Mais genre tellement tout public que tout ce qui est visuellement violent ou potentiellement choquant est relégué en hors champ, à quelques exceptions près qui n’engagent quasiment que du métal et du plastique. De fait, tout l’aspect sanglant et dérangeant du manga (et de l’OVA) est évacué avec la crasse originelle de Kuzutetsu: le film est étrangement propre, et n’a plus du tout le côté oppressant et cruel de l’œuvre d’origine. De même, pas mal de persos ont été édulcorés (comme Hugo/Yugo, par exemple).

Par conséquent, je suis ressorti très mitigé de ma séance. D’un côté, la réalisation est splendide, avec des plans absolument superbes, des scènes d’action très efficaces et un jeu d’acteur général vraiment très bon. Et de l’autre, la scénarisation est extrêmement timorée, l’écriture des dialogues est une honte et c’est une relecture qui passe à côté de certains des enjeux profonds de l’œuvre d’origine.

Ce qui est dingue, c’est que plus de 25 ans nous séparent de la sortie de l’OVA, et que, je le répète, ces deux épisodes étaient beaucoup plus intéressants. Aussi, je crois simplement que Alita: Battle Angel cumule la double tare d’arriver trop tard et d’avoir eu à subir l’autocensure du consensuel hollywoodien. On est certes très loin de cette catastrophe sanitaire qu’était Dragon Ball Evolution, vu que, manifestement, Rodríguez comme Cameron (à la production et à l’écriture) adoraient l’œuvre d’origine; ou du moins l’OVA. Mais c’est quand même plutôt déprimant de se dire que c’est tout ce qu’ils ont réussi à faire avec un matériau de base aussi riche, alors qu’on les a connu autrement plus inspirés par le passé. Sur Sin City ou Terminator, par exemple.

Au revoir; à bientôt.

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