Dragon Ball Super: Broly

Un peu soûlé de l’avoir raté en VOSTF il y a deux mois, je me suis rabattu sur la VF de Dragon Ball Super: Broly, sortie la semaine dernière. Du coup, oui, ce post arrive très en retard. Et donc, comme pour Alita, je vais essayer de faire court.

Peu avant la destruction de la planète Vegeta, le jeune et surpuissant Broly avait été exilé, au grand dam de son père Paragus parti à sa suite, sur une lointaine planète hostile. Longtemps après, Freezer rassemble une armée gigantesque avec pour objectif final d’anéantir Goku et ses potes. Et il se trouve que deux inoffensives recrues ont retrouvé la trace de Paragus, qui accepte d’autant plus facilement la proposition d’enrôlement de Freezer que ce dernier lui promet la tête du prince Vegeta. Broly, monstre de puissance sous contrôle précaire, devient donc l’outil de leur vengeance.

Le film est scindé en trois actes, le premier étant un très long flashback relatant les dernières années de la civilisation Saiyan, jusqu’au moment de l’exil de Goku sur Terre. Le deuxième est une relativement courte (en comparaison) phase d’exposition, suivie d’une très, très, très longue suite de combats. Mais, en fait, j’aurais préféré que cette dernière partie occupe une proportion plus importante du montage final, parce que les deux premières le sont beaucoup trop, même la deuxième (beaucoup trop verbeuse et percluse d’éléments très dispensables, comme les motivations de Freezer et Bulma pour retrouver les Dragon Balls).

Le long flashback d’introduction fait pas mal de révisionnisme par rapport à ce qu’on avait pu voir en téléfilm. Exit, par exemple, le pouvoir de prescience de Bardock, qui spécule désormais les événements à venir par sa seule intelligence. Et c’est tant mieux, quelque part. De même, il en montre beaucoup plus sur l’enfance de Broly (et le royaume Saiyan de cette époque) que le film de 1993, et là… disons qu’il y a à boire et à manger. Autant je suis content qu’on se soit débarrassé au passage du prétexte de l’inimitié Goku/Broly, autant je trouve que pas mal de passages sont justes chiants (et auraient pu être abrégés).

À ce sujet, la personnalité de Broly n’a quasiment plus rien à voir avec le personnage d’origine, qui était un monstre de cruauté et de brutalité. Le Broly de ce film est beaucoup plus humain et explicitement présenté comme naturellement gentil; juste en colère. Sauf que c’est l’un des êtres les plus puissants et incontrôlables de l’univers, et que le moindre de ses coups de sang a forcément des conséquences catastrophiques. Aussi, quand il sombre dans une rage folle, ça donne le combat le plus épique et désespéré que Goku ait eu à mener depuis Beerus (qui est hors compétition puisqu’il s’agit d’une divinité).

Cette grande baston est juste magnifique, et catapulte la franchise Dragon Ball à un niveau qu’elle n’avait jusqu’ici jamais atteint au cinéma. Techniquement, c’est du très haut de gamme, au service de choix artistiques juste excellents. Je songe, par exemple, à la séquence à la première personne, qui m’a énormément fait penser à Dragon Ball Z V.R.V.S. (en beaucoup plus dynamique et mieux animé, faut pas déconner, non plus). Alors, après, oui, évidemment, un film qui se vend sur son fight, on se doute bien que ce n’est pas un intimiste film d’auteur cérébral. Ça ne veut pas pour autant dire que le film n’exprime rien d’autre que de l’action brutale.

Ce combat oppose successivement trois antagonismes (plus un quatrième, sur la fin). Le premier, c’est celui du prince héritier déchu mais pétri d’orgueil confronté aux erreurs de règne de son père, qui doit faire face à un enfant du peuple enragé contre l’aristocratie qui l’a exilé. Le deuxième, c’est celui de deux hommes issus des basses castes, mais qui se sont construits différemment, l’un par ses talents innés, et l’autre par l’entrainement et ses multiples rencontres; tous deux se sont hissés à un niveau bien supérieur à ce que la société quasi-féodale des Saiyans attendait d’eux, mais de manière radicalement différente, l’un se faisant l’incarnation de la sauvagerie des marges quand l’autre se pose en sauvage civilisé. Le troisième, c’est celui du manipulé contre le manipulateur qui en a perdu le contrôle; et qui prend cher dans sa gueule.

Ce combat est d’ailleurs théoriquement le plus long du film, mais est presque totalement ellipsé. Un dernier antagonisme final est là plus pour du fan service qu’autre chose, mais n’est pas dénué de sens. Juste que je ne vais pas le spoiler (même si les bandes annonces l’ont déjà fait, hélas!). Un trait commun à tous ces affrontements: ils sont cataclysmiques et laissent la planète Terre dans un état de ravage qui n’est pas sans rappeler Namek. Là encore, il y aurait beaucoup à dire sur la dimension métaphorique du film.

Bref, c’est très probablement le plus réussi de tous les films de la franchise Dragon Ball réunis, surpassant sur tous les plans le premier film introduisant Broly, lequel était pourtant considéré comme l’un des meilleurs du lot (les deux autres par contre…). Si je regrette un peu de ne pas l’avoir vu en VO, force est de reconnaître que la VF reste très bonne à sa manière, et que le cast des années 1990 est toujours bien là, avec Patrick Borg, Éric Legrand, Mark Lesser, Céline Monsarrat, Philippe Ariotti et Brigitte Lecordier (qui n’a que de tous petits rôles ce coup-ci). Et non, la présence de Mouloud Achour n’est que très anecdotique et ne gâche rien d’important.

Au revoir; à bientôt.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s