Vrac de trucs japonais terminés (onzième édition)

Qui dit « avril » dit « changement de saison » avec tout ce que ça implique en conclusions de séries animées à la TV. Mais pour commencer, quelques mangas.

Mangas

Mirages d’Emanon: Emma est retrouvée, amnésique et fiévreuse, dans une forêt de Kyûshû, par un monteur-documentariste. Petit-à-petit, ils vont s’éprendre l’un de l’autre, mais Emma n’est pas tout à fait ce qu’elle pense être. Aucun effet de surprise, évidemment, quand on a lu les précédents Emanon. Toutefois, si Errances d’Emanon appelait très fortement une suite, ce ne sera pas pour cette fois: l’histoire se situe explicitement entre le « corps principal » de Souvenirs d’Emanon et son dernier chapitre, couvrant ainsi la longue ellipse qui séparait les deux. On y voit donc la jeune femme, désormais dépouillée de ses souvenirs de plusieurs millions d’années d’évolution, mener une vie aussi normale que faire se peut, jusqu’à sa grossesse. Et donc, à l’exception de la fin, ce sera de la slice of life, très contemplative et constellée de flashs mémoriels; et de tout un tas d’occasions que Kenji Tsurata a trouvé pour mettre son héroïne dans le plus simple appareil (sans pourtant jamais sombrer dans la vulgarité). Très beau, très lent, très élégant, très… Tsuruta, en fait.

Les Montagnes Hallucinées: une expédition en Antarctique met à jour les vestiges d’une mystérieuse civilisation perdue dans un endroit où l’être humain n’était pas censé avoir posé le pied. Adaptation fidèle du roman éponyme de Lovecraft (enfin, selon ce dont je me souviens; ma lecture remonte à un petit moment déjà), ce manga bénéficie de deux très gros atouts. Le premier, c’est son dessin, absolument sublime. Parfois chaotique, surtout quand il s’agit de rendre des silhouettes sombres sur fond noir, mais c’est un peu le but, dans une œuvre qui doit exprimer l’indicible. Son second atout, c’est son édition façon vieux livre relié de cuir (à la manière de ce que fait parfois Bragelonne), édition que Ki-oon, comme souvent, a particulièrement soigné (on leur pardonnera le coup du code barre moche collé derrière). Maintenant, si j’avais un reproche à faire, ce serait le rythme assez bizarre de l’histoire et le côté un peu trop encyclopédique de plusieurs dialogues, mais c’est aussi ça, le style de Lovecraft. On pouvait donc difficilement réaliser adaptation plus fidèle, à moins de partir dans des délires hallucinatoires complets (ce qui aurait pu être cool aussi, remarquez).

Alderamin on the Sky: il y a quelques années, je m’étais intéressé à l’anime qui était tiré du LN éponyme (indisponible en France, évidemment), et en étais arrivé à la conclusion que, pris comme ça, ce n’était pas extraordinaire, mais que ça pouvait faire une très bonne introduction à une saga grandiose. Du coup, je m’étais rabattu sur le manga, en me disant que, au moins, comme ça, je connaîtrais la suite. Et pas de bol: le manga (fort correctement dessiné et scénarisé au demeurant) s’achève au volume 7, à peu près au moment de l’histoire où s’achève l’anime (avec une petite ellipse sur la fin exposant un succinct aperçu de l’avenir). Fuck.

Anime

Hinomaru Sumo: nekketsu sportif/baston classique de chez classique, plutôt intéressant pour ce qu’il « dévoile » du monde du sumo (même si, évidemment, ça ne va pas se regarder comme un documentaire, non plus)… et à la réalisation aléatoire. Enfin, aléatoire… on a surtout droit à une tendance tangible à la baisse de qualité progressive, notamment dans les backgrounds des derniers épisodes, où c’est assez creepy tellement c’est bâclé. Ceci étant dit, la série aura au moins eu le mérite de jeter un éclairage sur ce très sympathique titre, vu que la publication du manga est passée à peu près inaperçue chez nous.

Mob Psycho 100 II: pas sûr que l’humanité était prête pour ça. J’avais trouvé la première « saison » assez dingue en termes d’audace scénaristique et choix artistiques, mais celle-ci va encore plus loin. Chaque épisode est une petite pièce d’orfèvrerie et s’il y avait une série à ne pas manquer ce trimestre, c’était bien elle. L’histoire quant-à elle développe avec brio les personnages de l’esper Mob et, surtout, de son mentor escroc et sans pouvoir Reigen, avec un gros accent sur la dimension dramaticomique qu’ils incarnent. Tout en conservant ce qui fait la force principale de ce titre, à savoir son humour et son chara-design pseudo-bâclé. On en a aussi appris davantage sur la Griffe et ses membres, et c’était assez sympa de voir la bande de Mob/Reigen s’étoffer au fur et à mesure. Bref. Je m’arrête là, allez la voir si ce n’est pas déjà fait, c’est une série magistrale.

My Roommate is a Cat: l’histoire de la cohabitation entre Haru, la chatte de gouttière, et Subaru, l’écrivain asocial, n’aura finalement duré que douze épisodes. Très mignonnette dans son exécution comme dans son ton, la série aura tout de même été un peu plus qu’un simple exposé didactique sur « comment s’occuper d’un chat quand on n’y connait rien » car il y est aussi beaucoup question de reconstruction de soi après un deuil. Au fond, c’est une sorte d’éloge de la zoothérapie. Plutôt une bonne chose, en fait, mais ça ne va malheureusement pas très loin, et si les deux persos principaux sont attachants, les autres, c’est… différent, disons. Beaucoup plus transparent. Donc oui, c’est très sympa, feel good et tout, mais… il manque un petit quelque chose, non?

Run with the Wind: malgré un nombre d’épisodes un peu atypique (23), la série aura eu au final une structure tripartite très simple (et assez convenue). D’abord, la préparation/entrainement pour le Hakone Ekiden (qui est une occasion de présenter l’ensemble des personnages). Ensuite les sélections et entrainements intermédiaires (qui sont un prétexte pour exposer la majorité des problèmes de chacun de ces personnages). Et enfin la course en elle-même (soit en gros la résolution de l’ensemble). Rien de bien nouveau sous le soleil, mais on parle de Production I.G, donc c’est forcément travaillé et suffisamment esthétisé pour valoir le coup d’être vu. Un peu comme My Roommate is a Cat, c’est un anime feel good, qui réussit de plus avec élégance là où Cheer Boys avait échoué: montrer un groupe relativement conséquent d’étudiants (tous assez développés) avancer vers une plus grande maturité au travers d’une discipline sportive dans laquelle beaucoup d’entre eux débutent. Avec un parallèle en négatif pour les deux persos principaux: pour Kakeru, cet Hakone Ekiden est le début d’une nouvelle histoire (et d’une potentielle carrière sportive); pour Haiji, c’est un accomplissement et un chapitre de sa vie qui se clôt, avant d’entrer dans le monde professionnel. Bref, c’était vraiment sympa.

Ultraman (Netflix Edit): des décennies après la grande époque où Ultraman tabassait du gros kaiju, l’homme en qui il s’incarnait (Shin Hayata) a tout oublié de cette mésaventure. Mais il a gardé une force et une résistance surhumaine, qu’il a transmises à son fils, Shinjirô. Alors que les extraterrestres sont désormais parmi nous, ce dernier devra devenir à son tour Ultraman, afin de défendre le Japon contre les plus menaçants (dont un mystérieux Bemular). MAIS QUELLE MERDE! Bon, OK, je n’ai jamais été un gros fan d’Ultraman. Déjà, je n’ai vu aucune de ses séries live-action du XXe siècle (donc en gros, j’ai loupé l’essentiel). De la série animée des années 1970/80, je n’ai vu (et revu) qu’une poignée d’épisodes sortis à l’arrache en VHS en France. Et des nombreuses suites et spin-off, j’ai essayé de regarder un tokusatsu (Ultraman X; j’ai dû tenir trois ou quatre épisodes, pas plus); et c’est tout. Alors effectivement, je n’appartiens manifestement pas à la catégorie des fans de la franchise, mais même moi je trouve cet anime insultant pour elle. Même si j’aime bien les design « modernes » des héros (qui font maintenant très metal hero), l’animation est dégueulasse, l’histoire est une blague, le scénario ne vaut pas mieux et les persos sont tous plus navrants (ou inexistants) les uns que les autres. Le pire, ce sont les combats, totalement incohérents, soit par leur chorégraphie, soit par leur contexte (genre des civils vont rester à deux mètres d’un fight mortel??? Je sais que le sous-genre du super-héros confine au catch, mais il y a des limites, quand même!). Tout baigne dans la connerie et les situations clichées (en véhiculant parfois une xénophobie bien crade). Donc, non, ce n’est pas un anime que je recommanderai. Pas du tout, non.

Bon, j’essaierai, sauf empêchement (ou rien à dire) de faire un autre marronnier à la fin du mois. Mais pour l’heure, il n’y a pas énormément de titres qui m’ont tapé dans l’oeil (évidemment les suites/reprises de One Punch Man et Ace of Diamond, éventuellement Kono Oto Tomare et la nouvelle adaptation de Fruit Basket…).

Au revoir; à bientôt.

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