The Dead Don’t Die

Je déteste Cannes. Ça n’a pas toujours été le cas, mais maintenant, je déteste Cannes. Son festival, surtout. Parce que devoir se taper une heure de pubs et de gens bien habillés qui se touchent pendant qu’Édouard Baer se ridiculise à l’écran, juste pour voir un film en avant première dans une salle quasiment vide à 450 bornes de la Croisette, c’est juste méga-chiant. Sans compter que… c’est quoi l’intérêt, au final? Parce que ça ne met pas le spectateur dans les meilleures dispositions pour regarder le film qu’il est venu voir… Alors oui, du coup, mon point de vue sur The Dead Don’t Die risque d’être pas mal biaisé.

Les pontes de la finance, de l’énergie et du gouvernement états-unien ont décidé un jour que, fracturer les pôles pour favoriser la production énergétique, c’est OK, so why not. Les risques? Quels risques? Il n’y a pas de risque, qu’allez-vous inventer, sombre complotiste! Enfin bref, doit arriver ce qui arrive: la Terre dévie de son axe, la Lune se met à émettre des radiations étranges, et les morts reviennent à la vie dans la petite ville de Centerville (je pense que le mec chargé de donner les noms de lieux bosse aussi pour DC).

Au départ, je dois dire que je n’attendais pas énormément du film, vu que je n’y allais que parce que je trouvais cool de retrouver quelques-unes de ses têtes d’affiche dans un film de zombie. Le trop sous-estimé Steve Buscemi, déjà, mais aussi (et surtout) Bill Murray, Tilda Swinton et Danny Glover. En plus, Iggy Pop en zombie, c’était une super idée, et Adam Driver, bien dirigé, est un bon acteur. Quant-à Jim Jarmusch… bon, OK, aucun de ses films ne m’a marqué. Mais ce n’est clairement pas un bras cassé, en tant que réalisateur.

Et de fait, la photographie et le jeu des acteurs sont certainement les deux plus gros points forts du film. La première est souvent somptueuse, et si la Lune semble assez miteuse, le reste s’en sort vraiment très bien; l’étalonnage, notamment. Je note juste que les aspects gores normalement consubstantiels au sous-genre du film de zombie sont ici relativement light. Mais c’était aussi le cas dans Bienvenue à Zombieland (dans lequel Bill Murray incarnait d’ailleurs son propre rôle) et surtout dans Shaun of the Dead, comédie zombiesque que j’adore. Sauf qu’ici, le mélange comédie/zombie ne marche pas vraiment.

Beaucoup de blagues tombent simplement à plat (ou alors, c’est la traduction française qui a déconné; c’est très possible, remarquez), et l’humour général tourne beaucoup à la redondance et à la répétition. Ce qui est drôle au départ, mais au bout d’un moment, devient un peu agaçant. Autre chose, le quatrième mur est pété en dix minutes chrono. Alors oui, plein de comédies font ça, mais ici, ça sonne juste comme une grosse facilité, une manière de ne pas assumer son délire.

Et « délire » est un mot qui n’est pas immérité quand on regarde l’histoire et certains persos. Par exemple, le personnage incarné par Tilda Swinton (Zelda Winston; ouais, très recherché), est juste une sorte de blague ambulante, qui survole le film comme une Marie-Sue… sauf que non. Surtout que le perso est juste hilarant par son décalage avec le reste. Un décalage accentué par le fait que les flics avec lesquels elle interagit sont soit blasés et veulent en faire le moins possible (comme celui incarné par Bill Murray), soit d’une normalité qui confine au cliché (comme celle incarnée par Chloë Sevigny).

Le problème, c’est qu’il y a beaucoup, beaucoup de lourdeurs à côté. Des clins d’œil qui se transforment en éborgnement, par exemple. Ou des persos totalement inutiles, au point de ne jamais interagir avec les principaux et qui ne servent en fait à rien. Bob l’Ermite, OK, pourquoi pas (il sert d’ouverture au film et permet au spectateur de suivre de loin certains événements, de prendre du recul, etc.; et il est marrant, en plus). Mais je ne pige pas ce que vient faire le centre pour délinquants juvéniles et ses occupants dans cette histoire.

En fait, le scénario de The Dead Don’t Die a tout du scénario à l’écriture forcée. Dans une volonté de retourner pas mal de clichés du sous-genre du zombie, mais de manière super maladroite, voire carrément condescendante. Un peu comme si le film s’évertuait, non pas à faire rire, mais à démontrer que, quand même, les histoires de zombie, c’est nul, en fait. C’était peut-être le but, je ne sais pas, mais du coup, je ne suis manifestement pas le bon public pour ça.

The Dead Don’t Die arrive dix ans après Bienvenue à Zombieland et quinze ans après Shaun of the Dead. L’ennui, c’est que, s’il est plutôt joli, il n’est clairement pas à la hauteur en termes d’écriture. Restent donc au final ses partis pris esthétiques et ses personnages décalés, qui en font une sorte de bizarrerie, de curiosité pas nécessairement inintéressante, mais qui ne restera probablement pas dans les mémoires.

Au revoir; à bientôt.

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