Godzilla II: Roi des Monstres

Et dire que je n’attendais pourtant rien de ce film

Plusieurs années après le désastre qu’a été la « gestion » de la crise MUTO par Godzilla, l’organisation Monarch, chargée de la découverte et surveillance des kaijus, est menacée de démantèlement par le gouvernement états-unien: ce dernier estime en effet que l’anéantissement est la meilleure solution, et ce n’est pas comme si ça n’avait pas marché dans l’épisode précédent. L’ennui, c’est que, pendant ce temps, un écoterroriste s’est mis en tête de réveiller tous les kaijus endormis, histoire que l’humanité prenne très cher. Et pour ce faire, il jette son dévolu sur le « Monstre Zéro » Gidorah, une hydre volante particulièrement dangereuse et ennemi juré de Godzilla.

Ni Aaron Taylor-Johnson, ni Elizabeth Olsen n’ont rempilé pour cette suite. Niveau continuité, il n’y a donc que la clique du personnage joué par Ken Watanabe (le Dr Serizawa) qui puisse servir de fil rouge. Bon, après, ce n’est pas nécessairement un problème, quand on y réfléchit: il y a déjà eu par le passé des séries de films dont les personnages principaux pouvaient alterner d’un épisode à l’autre sans que ce soit si grave que ça (au hasard, les films du MCU). D’autant que, faut-il le rappeler, la vraie star du film est Godzilla (ou aurait dû être Godzilla, plutôt).

Le problème, c’est que ce n’est plus Gareth Edwards à la direction, mais Michael Dougherty (qui n’avait à son actif que deux longs-métrages en tant que réalisateur, à savoir Krampus et Trick ‘r Treat). Et ça se sent. Si Gareth Edwards a un talent exceptionnel pour les jeux d’échelle et le rendu du gigantisme, son successeur semble avoir, lui, des problèmes ne serait-ce qu’avec les proportions des kaijus. Ce que peinent à sauver les SFX, pourtant très bons (voire même excellents sur certaines scènes; celles qui iconisent les kaijus, notamment).

Qui plus est, le réalisateur (ou les producteurs?) n’a manifestement pas pu s’empêcher d’insérer de force quelques clichés qui, régulièrement, bouffent la cohérence et l’impact de certaines scènes (tout en n’altérant cependant que très rarement le rythme effréné du film). Certes, Godzilla est une franchise traditionnellement low-cost à la base, et elle a connu son lot de nanars voire navets par le passé, mais il y a eu tellement de pognon engagé sur celui-ci que ce résultat est à la limite du pardonnable (surtout après celui de 2014, lequel n’est pourtant pas exempt de tout reproche; loin de là, même).

Quant-à l’écriture… Bon, je sais bien que le sous-genre du film de gros monstre n’a jamais particulièrement brillé par le génie de sa prose ou de son histoire, mais on atteint là un niveau de navetisme assez prononcé (du niveau de la trilogie de films d’animation de l’an passé, en fait). La logique s’est manifestement fait la malle, les dialogues sont parfois carrément non-sensiques et certaines scènes laissent rêveur tant elles semblent avoir été composées à l’arrache (particulièrement celles où le film tente de montrer l’ampleur mondiale de la catastrophe).

De plus, la plupart des persos, non contents d’être finalement trop présents par rapport aux monstres, sentent en plus méchamment le bâclé. Le héros, par exemple, n’est qu’un ersatz très archétypal de perso principal de film catastrophe à la 2012. Mais surtout, à part Millie Bobby Brown, personne ne semble s’impliquer. La palme revient à Ken Watanabe, qui a juste l’air d’attendre tout le long du film que son personnage y passe, histoire de pouvoir prendre le chèque avant d’aller voir ailleurs s’il ne trouve pas un rôle meilleur.

Enfin, le film tire beaucoup sur la corde du fan-service. Déjà par les musiques ou la bombe à destruction d’oxygène (ça, OK, cool), ou encore le rôle dévolu au Dr Serizawa (que je ne vais pas spoiler; disons que c’est un quasi-négatif de celui du Godzilla de 1954). Mais surtout en forçant à mort l’introduction de nouveaux kaijus (pour certains issus de films de monstres japonais, pour d’autres de mythes divers). Or, ces kaijus ne sont là que pour vaguement poser un contexte ou montrer qu’il y a de la destruction ailleurs, mais, contrairement aux quatre principaux (Godzilla, Mothra, Gidorah et Rodan), ne sont jamais ne serait-ce que correctement introduits.

Au final, Godzilla II n’est certainement pas le pire film de monstres qui soit (il y a ÉNORMÉMENT de concurrence; chez The Asylum, notamment). Il n’en demeure pas moins un échec, compte tenu des moyens dont il disposait et des précédents sur lesquels il se reposait. En fait, j’ai juste eu l’impression de me retrouver devant un 2012 avec des kaijus. Clairement, mais clairement pas le genre de film que j’ai envie de voir sur plus de deux heures. J’en retiendrai juste une colorimétrie qui sait bien mettre en valeur quatre kaijus, notamment Mothra, particulièrement réussie (elle était de toute façon déjà mon kaiju préféré à la base); mais c’est bien tout.

Au revoir; à bientôt.

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