X-Men: Dark Phoenix

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Il y aura bientôt vingt ans sortait en salle le premier film estampillé X-Men. Et sortait il y a peu ce qui est bien parti pour être le dernier épisode sous égide de la 20th Century Fox. Du coup, que vaut cet opus aux douces effluves de fin de règne?

1992: Charles Xavier envoie son équipe secourir une expédition de la NASA dans l’espace proche, mais Jean Grey se retrouve prise dans ce que tout le monde pense être une éruption solaire. Sauf que non: c’est le Phoenix, entité extraterrestre dévastatrice, qui vient de s’introduire dans son organisme, renforçant au passage ses pouvoirs au prix de sa stabilité mentale. Pendant ce temps, une équipe d’extraterrestres s’introduit sur Terre pour tenter de la mettre la main sur elle.

Alors du coup, non, ce n’est pas un remake du lamentable X-Men: L’Affrontement final. Ç’aurait pu, mais non. Il s’agit, à nouveau, d’une très libre adaptation de la Dark Phoenix Saga des comics (au même titre que Days of Future Past; ou Apocalypse). S’agit-il pour autant, comme affirmé un peu partout, du pire film X-Men de tous les temps… faut pas déconner, non plus: en comparaison du troisième épisode commis par Brett Ratner ou du premier Wolverine, il n’y a juste pas de match. De la tétralogie Lawrence/McAvoy/Fassbender, OK (plus mou, plus mal écrit, etc.). Mais de la totalité de la franchise au ciné, non; juste non.

Ceci étant dit, le film est quand même loin de l’excellence, et c’est un euphémisme. Certes, le jeu d’acteur est des plus corrects (en dépit d’une écriture vraiment calamiteuse); sauf Cyclops, pour lequel Tye Sheridan réussit à être tout le temps ridicule. En fait, j’ai limite eu l’impression que c’était Wade de Ready Player One qui tentait un cosplay moisi tout le long du film. Mais sinon, si on sent bien que Jennifer Lawrence et Nicholas Hoult commençaient à en avoir un peu marre, ils font plutôt bien le taff, et le reste des acteurs semblent relativement appliqués (notamment James McAvoy). Du moins autant que faire se peut.

Toutefois, la plus grosse déception vient peut-être de Jessica Chastain, qu’on a connu beaucoup plus inspirée… mais ce n’est pas elle qui est personnellement en cause ici: c’est l’écriture assez ratée de son personnage (les antagonistes étant d’ailleurs le plus gros ratage du film). Lequel est un extraterrestre métamorphe, qui comme ses comparses, fait très pâle figure après les Skrulls de Captain Marvel (ne serait-ce que parce qu’ils sont complètement teubés). Mais au final, c’est l’ensemble du film qui est dur à avaler après les films estampillés MCU de ces deux dernières années.

Car, clairement, X-Men: Dark Phoenix n’est vraiment, mais vraiment pas à la hauteur de ce que produisent chaque année maintenant les Marvel Studios. Pas seulement sur le plan technique, d’ailleurs: l’histoire n’est même pas du calibre de, disons, celle du dernier Ant-Man. Et ce qui pouvait encore passer à l’époque de Days of Future Past ou Apocalypse, c’était surtout parce que le MCU était dans un creux de vague (pour rappel, ces deux films sont sortis à peu près au même moment que Iron Man 3 et Captain America: Civil War).

Or, Dark Phoenix débarque un mois après Avengers: Endgame. Et pour un « final » (Dark Phoenix étant manifestement le dernier X-Men non-MCU), il est vraiment miteux en comparaison. Il y a bien quelques scènes d’actions relativement impressionnantes (comme celle avec les hélicos qu’on voit dans les trailers), mais la plupart manquent cruellement d’ampleur. Par exemple, on sent bien une vague tentative au début de capitaliser, encore, sur le pouvoir de Quicksilver… mais ça ne marche pas cette fois-ci, vu que le personnage est très rapidement évacué de l’histoire.

Dans le même ordre d’idées, le combat de nuit dans la rue, ou celui dans le train, ou plus encore le combat final (qui est assez stupide d’ailleurs), ne sont pas du niveau de ceux des trois autres films de la tétralogie. Pour un climax, c’est plutôt désolant. D’autant que le film ne conclut en fait rien, ni sur le fond ni sur la forme. Et puis, la conclusion de la franchise X-Men/Fox au ciné, on l’a déjà, depuis un bail: c’est Logan.

Enfin, d’un point de vue formel, le film référence beaucoup. Pas à la façon de Days of Future Past ou Apocalypse, qui bourrent les références aux 70ies/80ies: ici, on a un traitement en la matière même moins explicite que celui de Captain Marvel. En fait, en dehors du lancement d’Endeavour, il n’y a pas grand-chose des 90ies dans Dark Phoenix. Par contre, niveau caméos et allusions aux comics, ça y va: Dazzler donne un concert son et lumière, Magneto vit avec Selene sur ce qui semble être Genosha, et on peut sur certains plans essayer de s’amuser à retrouver tel ou tel easter egg. Mais ça reste du détail de pur fan-service.

Au fond, Dark Phoenix n’a malheureusement pas grand-chose pour lui. La scénarisation, sans être aussi honteuse que les pires épisodes de la franchise, n’a rien de palpitant, et ses villains sont juste pathétiques. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y avait pas moyen de trouver mieux: rien que Selene aurait pu faire une meilleure antagoniste si elle avait eu droit à un traitement plus proche de son personnage originel. Mais bref, le film souffre de son manque cruel d’ambition, et donc d’intérêt; ou plutôt d’éléments qui justifieraient son intérêt. Il reste donc un divertissement tout juste passable, très anecdotique, et handicapé en plus par un calendrier particulièrement défavorable. Et surtout d’une position par rapport au reste de la saga qu’il est manifestement incapable d’assumer; la faute à des enjeux largement sous-exploités. Donc pas le plus mauvais épisode, non, mais vraiment très, très dispensable.

Au revoir; à bientôt.

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