Vrac de trucs japonais terminés (douzième édition)

Un vrac qui revient de loin (et parfois de très loin), parce que j’ai beaucoup, beaucoup de retard sur pas mal de trucs. Traduction: ne vous étonnez pas de trouver ici des œuvres terminées depuis plusieurs mois en France. Voilà. Bon, on commence?

Manga

Celle que je suis: dans le Tokyo des années 1980, Yûji Manase, étudiant, a toujours détesté sa masculinité. Et c’est en essayant sur un coup de tête une robe laissée par sa sœur qu’il réalise se sentir beaucoup plus à l’aise avec des vêtements féminins. Ce qui n’aurait pas été un problème si la transidentité n’était pas un sujet tabou et socialement mal accepté. Enfin, on est au Japon, pas en France: la transphobie n’ira pas plus loin que du verbal, le récit se centrant sur les états-d’âmes de Yûji (qui, on s’en doute, peine à s’accepter). Et accessoirement sur le « love triangle » qu’il compose avec deux collègues de fac, mais dont l’issue ne fait pas grand mystère. Bref, le cœur du manga, c’est Yûji qui à apprend à se connaître. Mais les bonnes intentions sont une chose, le résultat final une autre… et il y a certes quelques passages aux dialogues maladroits, mais c’est surtout trop court. Enfin, on se consolera en se disant que ça lui évite l’écueil des longueurs inutiles, et que ça reste de toute façon très bien quand même. Juste que j’aurais préféré que ce soit un peu plus développé.

Princess of Mana: les deux prêtresses de l’Arbre Mana doivent, selon la prophétie habituelle, trouver l’élu qui sauvera le monde avec son épée sacrée. Escortées par leur garde du corps Ian, elles vont cependant faire face à un certain nombre de déconvenues. Le lecteur aussi, s’il s’attend à une adaptation fidèle d’un quelconque épisode de la saga. Car il s’agit, en gros, d’une suite lointaine du premier Seiken Densetsu/Mystic Quest. Et si l’on en reconnaît bien, globalement, l’univers et l’ambiance (bien qu’on soit en fait plus proche de Seiken Densetsu 3 que du premier sur ce plan), niveau histoire, ça n’a pas grand-chose de commun en dehors des grandes lignes du lore. Ce qui n’est pas nécessairement un mal, la scénarisation d’un jeu n’étant forcément pas la plus adaptée à un support papier (en témoignent la longue litanie de transpositions foireuses de franchises de jeux vidéo en BD ou romans). Toutefois, de la part de l’auteur de Barakamon, on aurait pu s’attendre à beaucoup mieux que ce qu’on a sous les yeux. Ce serait cependant oublier qu’il s’agit de sa toute première série, et qu’elle a par conséquent pas mal des défauts inhérents à la fois aux œuvres des débuts et aux travaux de commande sur IP déjà bien établie. Le fait est que, si on retrouve bien un peu du mood de Barakamon (entamée d’ailleurs avant même la fin de la publication de Princess of Mana) avec le personnage d’Emma, l’histoire n’a elle rien de bien transcendant. Mais rien de scandaleux non plus, donc ce n’est déjà pas si mal.

Woodstock: oui, bon, ça va, je vous ai dit que j’avais beaucoup de retard, non? Pour résumer vite fait (parce que ça fait 18 volumes au total, quand même), Gaku fait de la musique dans son coin sous le pseudo de Charlie, mais sa rencontre avec les musiciens de génie Shiina et Kaname va un peu changer la donne: Charlie devient le nom d’un groupe de rock indé qui petit-à-petit arrive à creuser son trou sur la scène japonaise. Mais surtout, Gaku a un rêve: participer à un « Woodstock » japonais. Beaucoup de clichés de rock movies dans ce manga, qui est donc sympa à lire (quoi? ce n’est pas toujours négatif, les clichés, hein). Le dessin, en revanche, est très inégal: si les instruments sont généralement impeccables, on ne peut pas en dire autant des visages, qui parfois rappellent ceux de l’autre Asada, mais parfois aussi semblent vraiment maladroitement exécutés. Après, on s’en fout un peu: Beck version manga n’était pas particulièrement beau non plus, et ce n’est pas vraiment ce qui compte le plus dans un manga sur la musique. Ici, on a à peu près tout, avec des persos attachants en plus, et même si l’histoire est cousue de fil blanc, le fait est qu’elle n’est pas dépourvue d’intérêt, ou de sens. Qui plus est, la façon dont Yukai Asada l’inscrit dans l’événementiel (le manga se terminant peu après le séisme/tsunami de 2011) lui donne un sens du réel particulièrement pertinent. En un sens, il est presque dommage qu’il ne soit arrivé que si tardivement chez nous.

Anime

Rascal Doesn’t Dream of Bunny Girl Senpai: alors, en gros, vous prenez quelques topoi classiques de la SF nord-américaine (le dédoublement, l’inversion de corps, le « un jour sans fin » etc.), et vous collez ça dans un environnement lycéen. Ce qui évidemment rappelle un peu un titre qui avait marqué son temps au cours de la décennie 2000 (avant de tomber quelque peu dans l’oubli), à savoir La Mélancolie de Haruhi Suzumiya. Et… ça tient très bien la comparaison. Que ce soit sur le plan technique ou au niveau de l’écriture, ça n’a certes rien de bien révolutionnaire, mais c’est très correctement réalisé/narré/dessiné. Avec un personnage principal beaucoup plus attachant que Kyon et aucune nana aussi chiante que Haruhi. Bref, c’est plutôt cool, et je me demande bien pourquoi je ne le découvre que maintenant, alors que la série semble avoir rencontré son petit succès lors de son simulcast l’année dernière…

Tsurune (OVA): Masa doit tourner dans une émission de TV où une idol apprendrait les rudiments du kyûdô dans son sanctuaire. Sauf qu’il n’y connait rien, en idol, et demande donc conseil à ses élèves, qui ne s’y connaissent pas mieux. Aussi est-ce vers leurs rivaux de Kirisaki qu’il se tourne, ce qui donne lieu à un entrainement conjoint entre les deux clubs. Épisode de pur fan-service pour montrer les archers sous leur meilleur jour… et c’est à peu près sans intérêt (à part faire fantasmer les fujoshi). Voilà voilà.

Light Novels

Re:Zero, vol. 5: après avoir explosé son record de lamentabilité, Subaru se demande bien comment recoller les morceaux avec sa chère Émilia. Malheureusement, cette dernière s’en est retournée au manoir Roswaal, tandis qu’il est soigné à la capitale, au manoir Karsten. Et encore plus malheureusement, un très mauvais pressentiment l’assaille: il est certain que sa dulcinée court un grave danger. Ce volume est, pour l’heure, le plus sombre de la série, qui pourtant avait connu de sinistres passages par le passé. Il faut dire que les échecs de Subaru s’étaient, jusqu’au (très dispensable) volume 4, généralement soldés par plusieurs morts particulièrement sanglantes (les siennes, surtout, mais pas que). Le tome 5 remonte quelques crans encore au dessus, en ajoutant l’angoisse de l’éloignement d’Émilia et le fait que cette dernière soit en froid avec l’anti-héros. Plus quelques péripéties et dangers inattendus, popant sur la map tel un world boss à l’heure du timer. Ceci étant dit, la menace principale porte désormais un nom (dégueulasse, mais bon, on ne peut pas tout avoir), et l’histoire continue d’avancer, après un volume 4 très statique et foncièrement déplaisant.

Durarara!!, vol. 5: c’est le début de la Golden Week a Ikebukuro, et Izaya continue de comploter dans son coin. Alors que Masaomi essaie de mettre en garde Mikado, ce dernier se retrouve embarqué avec Anri par un kôhai haut en couleur (le bleu, principalement). De leur côté, Celty et Shizuo se heurtent à de nouveaux adversaires inopinés: un duo de tueurs russes très efficaces pour la première, et une fille de yakuza pour le second. Encore une fois, l’adaptation animée s’est avérée très fidèle, et l’histoire passe mieux à l’écran que sur papier, donc j’ai bien envie de dire que, si on l’a vue, la lecture du LN est pour l’instant facultative. Il n’empêche qu’il reste très agréable à lire et bien meilleur que la plupart de ce qu’on peut avoir en France en la matière. J’aurais même tendance à dire que c’est le meilleur titre publié par Ofelbe jusqu’ici. Mon seul regret est que le rythme de publication soit si lent, alors qu’il est si terminé au Japon depuis des lustres…

Roman

Mawaru Penguin Drum, vol. 2: le Penguin-Drum a été déchiré en deux, et si Ringo semble désormais vouloir collaborer avec Shôma et Kanba, de nouveaux antagonistes commencent à manifester leurs intentions. Des antagonistes parmi lesquels se trouvent d’ex-relations de Kanba, mais aussi d’autres dont, jusque-là, il était difficile d’imaginer qu’ils pouvaient être hostiles… à moins, évidemment, d’avoir vu la série TV, que le roman continue globalement de suivre (par contre, comme mon visionnage remonte à un bail, je ne me suis pas amusé à relever les détails qui pouvait ou non différer). Quoi qu’il en soit, le roman continue clairement sur la lancée du premier tome, et a donc les mêmes qualités et défauts. Qu’on peut résumer en un mot, à savoir Ikuhara. Parce que, si les histoires de ce dernier sont toujours bien écrites, une grosse partie de l’intérêt de ses œuvres passe par leur dimension visuelle (et dans une moindre mesure sonore), ici évidemment quasi-absente. Il n’empêche que ça reste une lecture très loin d’être désagréable.

Voilà, je crois qu’on a fait le tour.

Au revoir; à bientôt.

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