City Hunter: Shinjuku Private Eyes

Le 23 avril 1999 était diffusé sur les écrans japonais un téléfilm intitulé City Hunter: Kinkyû Chûkei!? Kyôaku han Saeba Ryô no saigo (devenu en français City Hunter: La Mort de City Hunter; parce qu’on aime bien les répétitions inutiles, dans le marketting culturel français). Un téléfilm qui, comme son nom (japonais) l’indique, traitait de la course au scoop et de la désinformation dans les médias TV à des fins peu recommandables. Et qui marquait, techniquement, la fin de City Hunter en version animée. Ou pas, parce que, presque 20 ans après, c’est un nouveau long métrage qui a montré le bout de son nez, à savoir City Hunter: Shinjuku Private Eyes. Ou Nicky Larson: Private Eyes dans nos contrées. Parce que oui, on a, ENFIN, eu droit à un long métrage en animation de City Hunter dans les salles françaises (et la même année que sa sortie originale, en plus). Champomy?

Une étudiante qui a récemment perdu son père dans un « accident » contacte la police car elle se sent suivie (et donc en danger). Ne pouvant rien faire pour elle, l’inspecteur Saeko Nogami/Hélène Lamberti la réoriente vers Ryô Saeba/Nicky Larson. Ce dernier officie toujours, avec son associée Kaori Makimura/Laura Marconi, en tant que nettoyeur et, vu que la fille est mignonne, s’empresse d’accepter. Pendant ce temps, de sinistres individus, liés à l’affaire, ourdissent leur sombre complot.

Du coup, ouais, c’est un épisode TV en version longue. Remarquez, c’est toujours plus ou moins ce qu’ont été les longs métrages animés de City Hunter. Mais c’est particulièrement vrai ici. En fait, on dirait une sorte de fusion entre Secret Services (le premier téléfilm) et La Mort de City Hunter, à ceci près qu’il est ici bien plus question du passé de Kaori/Laura que de celui de Ryô/Nicky. OK, c’est chiant, je garderai juste les noms japonais à partir de maintenant.

Petite parenthèse, au sujet de la VF: autant j’aime beaucoup City Hunter, autant je ne me rappelle pas avoir jamais été un très gros fan de Nicky Larson. Même si les voix de feu Maurice Sarfati avaient un indéniable charme, j’ai toujours trouvé l’occidentalisation outrancière de l’œuvre pour le moins… inutilement nanardesque, disons. Quant-au staff de doublage francophone, j’imagine qu’il rappellera de bons souvenirs à certains, puisque pratiquement tous les comédiens principaux de la série ont rempilé (ceux qui sont encore en activité, du moins). Mais pour ma part, et malgré tout le respect que je peux avoir pour son travail (très efficace), je préfèrerai toujours à la voix de Vincent Ropion celle de Akira Kamiya. Et du coup, je regrette un peu de ne pas avoir pu le voir en VOST.

Bref, concernant l’univers du film, force est de reconnaître qu’il y a eu un effort de modernisation. Incomplet, il est vrai, mais il n’est pas illogique en soi. Je m’explique. Entre la fin des années 1990 et maintenant, il y a eu évidemment pas mal de changements, comme, au hasard, la suppression du fameux panneau où écrire XYZ. Qui devient ici une application en réalité augmentée. Cool. Mais dans le même temps, Ryô et Kaori (comme tous les autres persos) n’ont manifestement pas vieilli. De fait, ils incarnent une sorte d’intemporalité dans ce Shinjuku d’animation où se télescopent des réalités post-modernes et d’autres plus anciennes.

En témoigne l’enjeu principal du film, où le danger vient de drones high-tech ultra-performants auxquels s’opposent Umibôzu et Ryô, des combattants « à l’ancienne » qui y vont au flingue, au fusil à pompe et au bazooka. La présence du robot de service dans le café Cat’s Eyes est également une manière d’appuyer l’évolution qui s’est opérée pendant que la franchise était en dormance; même si ça reste un point de détail qui n’apporte pas grand-chose au final.

Détail amusant: dans la VF, le rôle de l’antagoniste principal est dévolu à Philippe Lacheau, qui incarnait il y a peu la version live la plus récente du héros de la franchise; et qui affronte donc ce dernier (qui est accessoirement aussi son rival en amour), doublé, on l’a vu, par Vincent Ropion, soit son plus ancien interprète francophone. Vu que j’ai peine à croire qu’il s’agisse d’une simple coïncidence, je trouve que c’est très bien vu de la part du directeur de casting de la VF (il n’est pas non plus exclu que la demande vienne directement du Japon, ceci dit, mais je n’ai rien lu/entendu là dessus).

Par ailleurs, le film DÉBORDE de fan-service. Je ne parle pas des trucs plus ou moins graveleux/grivois, habituels dans la saga, mais de pur fan-service Hôjô/City Hunter TV (souvent en mode easter egg, mais aussi parfois en élément important de l’intrigue). Pour éviter de trop spoiler, disons qu’on y retrouve quasiment tous les persos récurrents des séries (manque juste Reika Nogami), mais c’est surtout sur le plan musical que le fan-service se fait le plus sentir. Car le staff a décidé de bourrer un maximum d’inserts, d’openings, d’endings et de thèmes récurrents de la franchise, de Angel Night à Get Wild en passant par Still Love Her et Footsteps.

Du coup, oui, le film joue beaucoup sur la fibre nostalgique, au point de reprendre sans nuance des tropes éculés et qui ressemblent aujourd’hui à des facilités d’écriture. Comme Kaori en demoiselle en détresse (alors que rien, mais absolument RIEN ne le justifie). Sans parler de l’écriture des antagonistes, qui est une blague. Quant-aux aspects purement techniques, on va dire que le bilan est mitigé. On est certes très loin de certains épisodes moches de la fin des années 1980, mais certaines scènes sont bizarrement chorégraphiées ou animées.

Bref, comme on pouvait s’en douter, City Hunter: Shinjuku Private Eyes s’adresse avant tout aux fans de la série animée. Il est cependant moins sympa que pouvaient l’être en leur temps Secret Services et surtout Goodbye My Sweetheart (la faute, principalement, aux antagonistes). Maintenant, rappelons-nous quand même que la franchise revient de très loin et qu’il est juste incroyable de se dire qu’on a pu avoir droit, en France, à deux films en salle en un semestre (l’année de leur sortie originale, en plus).

Au revoir; à bientôt.

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