Dark (saison 2)

Après une première saison enthousiasmante l’année dernière, la série allemande Dark est revenue pour une deuxième saison… dans une relative indifférence (en France, du moins). Parce que… bah, c’est vraiment pas de bol: elle est arrivée sur Netflix pile le même jour que le mastodonte Evangelion qui, plus de vingt ans après sa première diffusion TV, continue à faire couler de l’encre un peu partout (ce qui constitue un très bon coup de com’ à une semaine de la diffusion en convention des dix premières minutes du prochain long métrage, d’ailleurs). Mais bref. Qu’en est-il de cette deuxième saison de Dark?

Jonas a voyagé vers l’avenir post-apo de l’Allemagne des années 2050, où Elisabeth Doppler mène d’une main de fer les survivants de Winden, défendant les ruines de la centrale avec détermination. En 2020, les quatre familles de Winden suivies dans la saison 1 accusent le coup des disparitions successives de Mikkel, Ulrich et Jonas, alors qu’un nouvel enquêteur vient de débarquer en ville; mais le pire reste encore à venir. En 1987, Claudia Tiedemann prend conscience de l’incroyable pouvoir que lui confère l’anomalie et entreprend de voyager entre les différentes époques, tandis qu’en 1954, son père Egon s’interroge sur le mystérieux criminel qui a tenté d’assassiner Helge Doppler l’année précédente. En 1921, enfin, un mystérieux groupe, au sein duquel officie Noah, se réunit autour d’un certain Adam, dont la devise est Sic Mundus Creatus Est.

Étonnamment, la saison 2 présente moins de complexité que la première, alors que le nombre de personnage est toujours conséquent et que le nombre d’époques s’est étendu. Mais le fait est que l’intrigue se recentre beaucoup sur quelques personnages ou petits groupes de personnages, en négligeant un peu les autres. Ulrich Nielsen, par exemple, restera désormais assez secondaire, tout comme Ines ou Helge (et ce ne sont pas les seuls). A contrario, les différentes incarnations de Jonas et Claudia demeurent au cœur de l’histoire, et ils sont de fait omniprésents (sauf erreur de ma part, ce sont même les seuls personnages à être présents sous une forme ou une autre dans chaque épisode de cette saison).

Qui plus est, outre ces deux fils rouges, les transitions sur les changements d’époque semblent mieux maîtrisés, ou peut-être est-ce le regard du spectateur qui s’est habitué à guetter les éléments contextuels permettant de comprendre précisément quand on se trouve (comme les bagnoles). Certaines transitions s’opèrent aussi en se focalisant sur un personnage donné, comme Egon, dont le changement d’acteur indique explicitement quand on passe de 1954 à 1987 (ou l’inverse). Bref, ce qui était peu clair dans la première saison est ici mieux maîtrisé.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, elle continue sur sa lancée, en entrainant avec elle son lot de sous-intrigues. Mais ces dernières se voient quelque peu simplifiées (par exemple, le love-triangle autour d’Ulrich, Katharina et Hannah est toujours bien présent, mais son pendant de 1987 est désormais inexistant ou presque). On en sait surtout davantage sur ce Winden post-cataclysme teasé à la fin de la première saison, et il est heureux que le personnage jusque-là sous-exploité d’Elisabeth ait droit à un rôle important (et inattendu).

Toutefois, 2053 et 1921 constituent une forme d’Alpha et Omega du cycle, donc des extrémités chronologiques sur lesquelles on s’attardera au final peu en comparaison des autres époques (par exemple, on ne saura pratiquement rien des gens auxquels s’oppose la bande d’Elisabeth). Elles sont d’ailleurs assez simplement exposées, puisque 1921 est le moment depuis lequel Adam lance ses opérations et 2053 l’aboutissement de ses machinations, ni plus ni moins.

L’essentiel de l’histoire repose sur le principe de l’immuabilité d’un événementiel cyclique, dans le sens où, comme dans la première saison, le passé façonne l’avenir et l’avenir le passé. S’affirme aussi l’idée que rien de ce qui sera accompli ne pourra modifier les faits: Ulrich ne peut qu’échouer à ramener Mikkel à son époque, Jonas ne peut qu’échouer à empêcher le suicide de son père, Claudia ne peut qu’échouer à sauver Egon, Charlotte ne peut qu’échouer à tenter de prévenir l’apocalypse du 27 juin, etc. Ou du moins est-ce ce que pense le groupe d’Adam. Sur lequel je ne dirai rien (pas plus que je ne dirai ici s’ils se trompent), car ce serait méchamment spoiler.

Disons cependant que, pour reprendre une idée évoquée par le nouvel enquêteur, l’inspecteur Clausen (incarné par Sylvester Groth; excellent choix de casting), Winden fonctionne en vase clos. Très peu de gens en partent, très peu de gens y viennent, et les conséquences des voyages temporels ajoutent encore à ce sentiment d’enfermement et de repli, de cercle fermé. Le cas de Mikkel/Michael est le plus évident, mais il n’est pas le seul.

Enfin, niveau acting, la série reste égale à elle-même. Louis Hofmann joue son rôle à merveille tout comme Julika Jenkins, ce qui tombe plutôt bien vu que ce sont ces deux-là qui auront le plus de temps de présence à l’écran. Par contre, c’est moi ou les dialogues deviennent de plus en plus grandiloquent avec le temps? Rien de très choquant, mais ça donne un côté assez puéril à certaines situations qui gagneraient à être traitées avec une relative sobriété. Enfin, c’est du pinaillage; elle bien, cette saison.

Du moins jusqu’à la dernière minute, qui m’a semblé plutôt… étrange, disons. Dissonante, pour être plus précis. Pas mauvaise pour autant, non, mais la direction prise par l’histoire risque de s’avérer un peu casse-gueule pour la suite. Et ça va faire pas mal de choses à justifier en plus de ce qu’il y a déjà à avaler. À voir dans la saison 3 la façon dont le staff de la série va prendre ce tournant.

Au revoir; à bientôt.

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