Vrac de séries terminées (huitième édition)

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Eh oui, encore un vrac de séries. Avec une bonne proportion d’anime, vu que c’est une fin de trimestre, etc.

Jessica Jones (saison 3) – AKA Goodbye Marvel Netflix Universe

Trish Walker a abattu la mère (psychopathe) de Jessica Jones, aussi cette dernière garde-t-elle une légère petite rancœur de rien du tout à l’encontre de sa sœur d’adoption. Quoi qu’il en soit, un soir qu’elle essayait de se poser bourrée avec un mec rencontré dans un bar, Jessica se fait poignarder par un illustre inconnu cagoulé. Qui sera désormais sa nouvelle cible, tandis que Trish, de son côté, met à l’épreuve ses nouveaux pouvoirs afin de devenir une super-héroïne en bonne et due forme (Hellcat, donc).

Eh bah, tout ça pour ça… OK, la saison est meilleure que la précédente, et il y a eu un petit effort sur le choix l’antagoniste principal (qui est un depowered complet; ça change). Mais pour une conclusion de multi-franchises, c’est vraiment très très short. D’ailleurs, le seul perso récurrent des autres séries à faire un petit caméo (totalement inutile, d’ailleurs) est Luke Cage. Pas de baroud d’honneur, et même une fin assez honteuse tellement elle est ridiculement filmée.

Quant-à cette saison 3 prise en elle-même et pour elle-même, c’est juste correct, mais sans plus. On peut être sensible aux enjeux soulevés par le scénario et adhérer au message féministe que la série défend depuis le départ, il n’empêche que l’exécution comme l’écriture sont malheureusement assez pataudes, en comparaison de la saison 1. Avec beaucoup de passages facepalm quand Trish entre en scène (et je suis intimement persuadé que ce n’était pas voulu).

Pas mal de recyclage de gags aussi (genre celui du costume, déjà vu dans la première saison; et aussi dans Luke Cage), et d’inexplicables trous dans l’histoire. Un exemple? Les séquelles de l’agression de Jessica, dans le premier épisode. On insiste d’abord beaucoup sur le fait qu’elle a dû subir une ablation de la rate, qu’elle sera donc soumise à un traitement à vie, etc. Et puis au bout de quelques temps, plus rien; il n’en est tout simplement plus question, à une ou deux vagues allusions près.

Par contre, on saura à peu près tout de la vie sexuelle et sentimentale de Jeri Hogarth et Malcolm Ducasse, de leurs déboires personnels, états d’âmes professionnels, etc. C’est cool, mais la série s’appelle « Jessica Jones » et j’aurais bien voulu la voir un peu plus; parce que je m’en cogne un peu, de ses potes avocats ou autres. Enfin, je dis ça, mais en fait, leurs histoires sont presque plus intéressantes que les aventures de Jessica (même si ça reste du sous-House of Cards).

Parce qu’on se fait un peu chier, à suivre cette triple dualité Jessica/Hellcat/Sallinger, malgré un plot qui aurait vraiment pu être intéressant, pour le coup. Mais tout est traité de manière assez caricaturale, avec peu de nuance et de manière extrêmement prévisible. De plus, l’évolution de Jessica, sur ces trois saisons, n’est pas franchement tangible en dépit de tout ce qu’elle a vécu (et qui comptent parmi les pires choses qui pourraient arriver IRL).

Bref, il est un peu triste de se dire que le MNU s’achève définitivement sur une saison qui ne restera pas dans les mémoires, même pour de mauvaises raisons. J’aurais dû m’en tenir à la fin de The Punisher, en fait…

Good Omens (saison 1)

Il y a quelques millénaires de cela, Adam et Ève ont été chassées de l’Éden, du fait d’une suggestion malheureuse du démon Crowley. Mais dans sa grande mansuétude, la principauté Aziraphale leur a donné de quoi survivre aux dangers du monde du dehors (une jolie épée enflammée, en l’occurrence). De nos jours, les ducs infernaux Hastur et Ligur convoquent Crowley afin qu’il livre au couvent sataniste local ni plus ni moins que l’Antéchrist. Le problème, c’est que Crowley et Aziraphale aiment bien le monde tel qu’il est, contrairement à leur hiérarchie…

Vous ne vous êtes jamais remis de la mort de Douglas Adams, regrettez que Red Dwarf soit terminée et regardez en boucle les films des Monty Python? Alors cette série est probablement pour vous. Elle baigne dans un humour parfaitement débile, ce qui est totalement logique quand on regarde les noms qui en sont à l’origine: il s’agit en effet d’une adaptation d’un roman de feu Terry Pratchett et Neil Gaiman.

De plus, les deux rôles principaux sont tenus par David Tennant et Michael Sheen, deux acteurs qui n’ont plus rien à prouver depuis longtemps. Alors, je n’ai pas lu le roman d’origine, du coup je ne peux pas vraiment dire ce que ça vaut comme adaptation (le scénario est signé Gaiman, donc j’en déduis que c’est fidèle à la vision d’au moins un des deux auteurs). Prise comme ça à brûle-pourpoint, c’est une (courte) série que je trouve vraiment très très sympa, dans la longue lignée des séries dramaticomiques à l’ironie mordante qui sont un peu l’apanage de la BBC (Blackadder, The Thin Blue Line…)

Bon, après, elle n’est pas exempte de défaut (les SFX ne pas toujours optimaux, disons), et quelques morceaux d’acting ne rendent pas vraiment honneur au script. Script qui est d’ailleurs étonnamment plus faible sur le dernier épisode, beaucoup plus « premier degré » que les autres. Mais il n’empêche, ça reste une excellente comédie, qui, sous couvert de divertissement à tendance blasphématoire, se livre à une acerbe satire sociale et politique.

Sarazanmai

Trois ados à problèmes se retrouvent directement impliqués dans un conflit entre les kappas et les loutres. Et c’est en toute logique que, transformés en kappas de guerre, ils doivent vaincre de gros kaijus créés à partir de criminels par les loutres. Tout ça afin de récupérer des coupelles mystiques qui, quand cinq d’entre-elles sont réunies, permettent d’exhausser un vœu.

À première vue, ça n’a aucun sens, mais c’est en réalité un peu plus compliqué que ça. L’anime, comme toute création de Kunihiko Ikuhara qui se respecte, a une dimension symbolique et métaphorique pour le moins conséquente. Au fond, ce qu’on suit, c’est une sorte de descente aux enfers de personnages qui, généralement par affection, vont déconner et s’enfoncer toujours un peu plus. Ce qui permet aux trois « héros » de garder la tête hors de l’eau, c’est qu’ils apprennent à se reposer les uns sur les autres et à se faire confiance mutuellement, tout en acceptant diverses réalités au fil du temps.

Sans ce relatif optimisme, ç’aurait presque pu être du Gus Van Sant, en fait. Mais il y a aussi le traitement à la Ikuhara, qui lui donne cet aspect à la fois kitsch et haut en couleur qui est le sien, très inspiré des codes de magical girls, avec un sens de la dérision qui relève à la fois du comique et du dramatique. Le personnage de Keppi, le prince kappa, est un exemple éloquent, tout comme le duo de faux policiers qui œuvrent pour le compte des loutres.

L’écriture, aussi, est beaucoup plus complexe que ce qu’on pourrait penser au premier abord, ne serait-ce que parce qu’il y a une bonne quantité de jeux de mots absolument intraduisibles en français. Comme celui sur « kawauso » par exemple. Mais ce n’est qu’un cas parmi d’autres, et l’adaptation de l’anime a dû être particulièrement fastidieuse pour le traducteur (qui a manifestement fait un excellent boulot).

Quoi qu’il en soit, Sarazanmai est l’un des meilleurs anime du trimestre, et même du semestre (voire probablement de l’année bien qu’il soit encore trop tôt pour l’affirmer). Mais ce n’est clairement pas le meilleur Ikuhara (qui reste à mes yeux Mawaru Penguin Drum): beaucoup trop court (et donc dense) par rapport à tout ce qu’il essaie de brasser. S’il y avait eu une dizaine d’épisode de plus, par contre…

The Rising of the Shield Hero

Catapulté sur un monde parallèle de RPG en ouvrant un bouquin, Naofumi Iwatani se retrouve, avec trois autres représentants de Japons alternatifs, élevé au rang de héros doté d’une arme sacrée. Manque de bol, il hérite du bouclier, ce qui fait de lui un individu méprisé et la victime désignée d’un complot ourdi par la fille aînée du roi. Il devient de fait un véritable paria dans un monde qu’il déteste et dans lequel il va devoir s’imposer pour survivre.

Au départ, l’histoire prend à rebrousse-poil pas mal de lieux communs des LN à isekai ou MMO. Déjà par le fait que le héros soit honni et méprisé de tous, qu’il en soit réduit à des bassesses pour survivre, etc. Et aussi par la façon dont est montrée l’idée que les mécaniques classiques de ce genre de jeux peuvent être stupides quand mises en pratique hors contexte (en témoigne le retard pris au fur et à mesure par les trois autres héros, gamers chevronnés, sur Naofumi, qui est le seul « littéraire » de la bande). Maintenant, le détournement des codes ne va malheureusement jamais très loin.

Et d’ailleurs, la série (tout comme le manga) se stéréotype de plus en plus au fil des épisodes. Certains personnages deviennent même assez vite insupportables et d’autres sont un peu introduits au petit bonheur la chance. Je songe notamment à ceux qui apparaissent « comme par hasard » vers la fin de ce cours et qui induisent que, finalement, les trois autres héros ne servent juste à rien. Ils ne sont au final ni des rivaux crédibles de Naofumi, ni des alliés dignes de ce nom; au mieux des nuisances contextuelles et des donneurs de réplique pour éviter les monologues.

Enfin, dernier truc, la série rushe très fortement l’intégration de Liscia à la bande de Naofumi dans le dernier épisode (ça doit prendre genre deux minutes à tout casser; à titre de comparaison, ça prend un demi-volume du manga). Alors que ç’aurait justement pu être l’occasion de développer un peu les pseudo-héros Motoyasu et Itsuki, mais bon… Un acte manqué, comme quelques autres parsemant une série qui, si on ne s’attendait évidemment pas à un chef d’œuvre intemporel, avait cependant beaucoup plus de potentiel que ce qui en a été tiré. Et c’est toujours un peu dommage. Enfin, ça reste quand même mieux que la majorité des titres du genre auxquels on a droit depuis le début de la décennie.

Au revoir; à bientôt.

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