Spider-Man: Far From Home

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Si Avengers: Endgame apportait une conclusion à un long cycle cinématographique, il n’ouvrait pourtant pas véritablement de nouvelle perspective. Du moins, dans son premier montage, qui ne comprenait aucune scène post-générique. Et c’était logique en soi. Juste que, pour conclure la phase III du MCU, avoir un teasing de la phase IV eut été commercialement intéressant (une manière de rappeler au chaland que l’aventure continue et que le contenu de son porte-monnaie intéresse toujours Marvel Studios). Du coup, c’est Spider-Man: Far From Home qui va devoir s’y coller. Ou pas (enfin, presque pas).

Après « l’éclipse » de la moitié de la population du fait du claquement de doigts de Thanos, la situation est plus ou moins revenue à la normale, et Peter Parker doit reprendre sa scolarité où il l’avait laissée cinq ans plus tôt. Deux de ses profs de sciences décident que ce serait cool de faire un petit voyage en Europe, histoire de pouvoir accumuler des clichés faciles. Et Peter compte bien profiter du moment pour se confesser à MJ. L’ennui, c’est que Nick Fury a décidé qu’il avait mieux à faire.

Jon Watts est toujours aux commandes, de même que le film est, encore une fois, le fruit d’un partenariat Columbia Pictures/Marvel Studios (et accessoirement une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que la collaboration Sony/Disney est toujours d’actualité). Du coup, on pourrait se dire que le film se place dans la droite lignée du premier… et ce n’est pas tout à fait le cas. Visuellement, si, évidemment, et ce bien que les scènes de destructions semblent avoir un peu plus d’intensité. Certaines scènes présentent d’ailleurs des idées intéressantes, notamment du fait qu’une bonne partie du film repose sur la perception des illusions. Certes, ça ne déborde pas d’originalité, mais ça reste élégant et plutôt bien pensé en général.

Le souci tient davantage au scénario. Bon, déjà, le fait de ne plus avoir Peter Parker à New York pendant la quasi-totalité d’un film Spider-Man, c’est quelque chose d’assez nouveau mais pas nécessairement une mauvaise idée. La grosse pomme est toujours bien présente (c’est d’ailleurs là que commence et se termine le film), mais elle n’est plus au cœur de l’histoire. En même temps, le personnage a été introduit dans le MCU précisément par un long métrage qui le faisait intervenir en Europe. Donc c’est aussi une évolution logique du héros, qui passe de petite araignée bienveillante de quartier à méga-tarentule qui confirme ainsi sa dimension internationale voire galactique.

Le problème est ailleurs, et je vais devoir spoiler. Enfin spoiler… spoiler pour ceux qui n’ont jamais eu de comics Spider-Man entre les mains, n’ont jamais regardé de série TV animée Spider-Man et n’ont jamais regardé de vidéo Youtube sur les méchants de Spider-Man. Car le plus gros souci du film tient, à mon avis, à Mysterio et au twist de milieu d’histoire. Alors, oui, sur le papier, c’était peut-être le villain le plus intéressant du Spiderverse pour jouer le rôle qui lui a été dévolu; sauf que ça fait plus de 50ans que ce perso existe, et qu’il est désormais très bien connu. Donc RIEN n’est imprévisible dans ce fameux twist, malgré le jeu d’acteur de Jake Gyllenhaal.

Et puisqu’on en parle, Jake Gyllenhaal a un jeu assez extrême, passant d’une sobriété et d’une dignité presque aristocratique à un cabotinage outré. Qui marche. Enfin, marcherait si son histoire n’était pas cousue de fil blanc (quel gâchis). Tom Holland n’est d’ailleurs pas en reste et livre une prestation des plus honorables. Ce qui n’est, malheureusement pas le cas de Zendaya. Et elle n’est pas personnellement en cause, puisque c’est l’écriture de son perso qui est problématique. MJ n’est en effet plus que l’ombre d’elle-même, et la fille cynique du premier volet a largement cédé la place à un perso de love-interest un peu maladroit et solitaire de teen-comedy. Or, si la dimension comique passait plutôt bien dans le premier épisode (dont la référence semblait être John Hughes), ici, ça devient très vite lourdingue (comme d’ailleurs 90% des comédies hollywoodiennes se déroulant en Europe).

Quant-au teasing de la phase IV, disons, sans spoiler, qu’il est très succinct et même assez décevant. Car il ne fait que confirmer que les mondes extraterrestres y joueront un rôle important, chose dont on se doutait déjà puisque la phase III s’est achevée par l’élimination d’une menace galactique. Du moins, à l’échelle de l’ensemble du MCU, car à l’échelle de Spider-Man, il y a un petit événement à la fin du film doté d’un très gros potentiel pour une suite. Ceci étant dit, vu comment les conséquences de « l’éclipse » ont été traitées (à savoir qu’elles restent vraiment très négligeables), la probabilité que la montagne accouche d’une souris en mode One More Day est extrêmement élevée.

Du coup, Spider-Man: Far From Home est un film visuellement et techniquement très réussi, avec une petite mise-en-abyme… qui s’avère inutile, d’autant qu’elle est associée à un scénario au ras des pâquerettes. Si on ajoute à cela le fait que ce qui nous est raconté ici n’aura vraisemblablement qu’une incidence négligeable sur le reste du MCU, on peut raisonnablement considérer qu’il est loin d’être indispensable (un peu comme les deux Ant-Man). C’était certes plus ou moins le cas de Homecoming, mais celui-ci se place quelques tons en deçà. Et surtout, il arrive après le génial Into the Spider-Verse, qui a beaucoup relevé le niveau d’exigence sur la franchise. Pas de bol.

Bon, sur ce, je vous laisse, j’ai une saison complète de Stranger Things à regarder, moi.

Au revoir; à bientôt.

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