Stranger Things: Darkness on the Edge of Town

Autre « spin-off » en roman de Stranger Things, aujourd’hui, avec un petit flashback centré sur la carrière policière, à New-York, de ce cher Jim Hopper.

Décembre 1984: alors qu’il discute avec sa nouvelle fille adoptive, Jim Hopper en arrive à évoquer un épisode de l’époque où il était New-yorkais. Une sale affaire qui remonte à…

Juillet 1977: un cadavre est retrouvé accompagné d’une carte marquée (à la main) de ce qui ressemble à un signe ésotérique. L’ennui, c’est que ce n’est pas le premier, et qu’en cette EXCEPTIONNELLE période de canicule (HAHAHAHAHA pardon) un insaisissable tueur en série sévit dans la Grosse Pomme. Les inspecteurs Hopper et Delgado, sur l’enquête, s’en voient dé-saisis au profit des fédéraux; mais il en faut plus pour les dissuader de continuer leurs investigations.

Plus rien à voir avec Hawkins, donc, si on excepte les quelques moments où Jim discute avec Elf/Jane (et qui ne sont pas super bien écrits, je trouve, mais bon, ça passe). La ville natale de Hopper ne servira d’ailleurs dans les flashbacks qu’à du name-dropping pour rappeler que, oui, on est bien dans une fiction Stranger Things. Et j’ai envie de dire heureusement, car, quand on y regarde de plus près, c’est sa seule connexion avec l’univers des frères Duffer.

Alors, oui, évidemment, impossible de parler de l’Upside-Down dans ce contexte, ou des expériences du Dr. Brenner, ou du Mind Flayer… bien que le roman essaie de maintenir le mystère sur ce dernier. Car il est question, ici, d’un type persuadé qu’il va par divers sacrifices et rituels faire venir Satan sur Terre, agissant « à la demande » de ce dernier (donc ouais, ça ressemble à des actions de type manipulation de Mind Flayer). En profitant d’une gigantesque panne de courant.

Sauf que oui, mais non. Parce que ça pourrait aussi être n’importe quoi d’autre. Une entité très différente ou même simplement un délire profond du mec. Ce pourrait, par exemple, être simplement Cthulhu. Bah quoi? L’un des persos a fait ses études à la Miskatonic University, donc c’est bien l’univers de Lovecraft. Et… ouais, ce n’est pas l’idée la plus lumineuse de l’auteur, là.

Qu’on se comprenne bien: les références, c’est cool, tant que c’est correctement dosé. L’ennui, c’est que le fait d’insérer brutalement (et en le répétant en plus à deux-trois lignes d’intervalle) un élément factuel purement lovecraftien dans le cursus d’un des persos, ce n’est pas un simple name-dropping ou une allusion/clin d’œil. C’est un élément contextuel en bonne et due forme, qui signifie explicitement que monde de Lovecraft = monde des frères Duffer. Pour moi, c’est une connerie. Car, si les deux univers peuvent se ressembler, il serait très regrettable que le monde de Stranger Things voie sa « mythologie » phagocytée par celle de Lovecraft et ses successeurs, une mythologie beaucoup, beaucoup plus développée (en même temps, elle a eu plus d’un siècle pour ça; si on compte Dagon dedans, s’entend).

Bon, après, ce ne sont jamais que deux mots, donc on peut aussi simplement choisir de ne pas y prêter attention, mais ils sont aussi symptomatiques d’une certaine maladresse générale dans la façon d’amener le récit et de l’intégrer dans quelque chose de plus vaste. J’en veux pour preuve la structure narrative générale du roman, une histoire racontée par Hopper à sa fille. Déjà, les flashbacks sont à la troisième personne; après tout, pourquoi pas, même si la première aurait semblé plus appropriée.

Le problème, c’est qu’on ne suivra pas seulement le point de vue de Hopper, mais aussi celui de l’inspectrice Delgado et celui d’une psychologue du nom de Lisa Sargeson. Et on sent que ça a posé problème quelque part, puisque l’auteur s’est senti obligé de le justifier en un dialogue entre Jim et Eleven, disant qu’il a recoupé les infos après coup en demandant aux intéressées. Sauf que…

Alors, déjà, vu que les passages sont écrits peu ou prou de la même façon, en tant que lecteur, on ne voit jamais la différence entre ce que Hopper a personnellement vécu et ce qui lui a été rapporté. Ensuite, concernant Lisa, ce n’est juste pas possible. Parce que [SPOILER ALERT!] elle meurt et ne peut en aucun cas trouver le temps avant de faire un rapport détaillé à Hopper (ou un autre agent de police). Donc fail. Complet.

Aussi, effectivement, ce roman a une structure narrative déficiente, d’autant que, en tant que lecteur, on pouvait parfaitement se passer des séquences Delgado/Sargeson, qui ne livrent pas d’infos absolument indispensables ou qu’il aurait été impossible d’insérer dans un chapitre « vécu par Hopper »: le bouquin fait 600 pages au final, alors une cinquantaine, voire une centaine de moins, ça n’aurait pas eu une incidence particulièrement négative.

Mais surtout… bah je ne vois pas bien l’utilité du bouquin en lui-même. Celui de Gwenda Bond, même s’il n’apporte rien de bien nouveau, a le mérite de bien s’insérer dans le mood général, et de détailler un passage évoqué dans la série. Celui d’Adam Christopher, en revanche, pourrait très bien être un polar totalement indépendant, puisque seuls les passages en 1984 et le nom de Jim Hopper nous rappellent qu’on est bien dans Stranger Things. Et pour être honnête, c’est un récit d’enquête policière sur fond de crimes satanistes extrêmement classique. Sa seule utilité pourrait se trouver dans l’introduction de Delgado, si cette dernière (ou l’agent Gallup) venait à apparaître, par la suite, dans la saison 4. Mais c’est bien tout.

Tout ça pour dire que ce n’était pas vraiment à la hauteur de ce qu’on aurait pu attendre, et du coup moins intéressant que le premier roman.

Au revoir; à bientôt.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s