Another Life

Pour être tout à fait honnête, je n’avais jamais entendu parler de Another Life avant que la série ne pope opportunément cet été sur le catalogue de Netflix. Et quand on regarde le résumé, ça fait sacrément envie, quand même, d’autant que l’héroïne est incarnée par Katee Sackhoff. Qui donne la réplique à… oh merde.

Un beau jour du futur, un joli vaisseau en forme de ruban de Möbius apparaît inopinément dans l’atmosphère terrestre, avant de se muer en gigantesque forme cristalline. Sauf qu’il constitue un réel mystère pour les scientifiques, aussi, une expédition est-elle montée pour aller rencontrer les êtres qui l’ont envoyé, supposément les habitants d’une planète tellurique du système Pi Canis Majoris. À sa tête, Niko Breckinridge, secondée par l’IA William et par le commandant qu’elle a évincé, Ian Yerxa (et qui ne lui en tient aucun grief, bien sûr). Sauf qu’évidemment, rien ne se passe comme il le faudrait à bord du Salvare (c’est le petit nom du vaisseau).

Bon, le mari de Niko, soit le deuxième rôle principal, est joué par Justin Chatwin. Oui, Son Goku version Dragon Ball Evolution. Voilà. Après, bien entendu, un rôle phare dans un film raté ne doit pas non plus marquer définitivement l’arrêt d’une carrière, et en temps normal, je trouverais même ça plutôt cool qu’il puisse rebondir (même s’il l’avait déjà fait, au fond). Sauf que non, pas ici. Déjà parce que Chatwin n’a toujours pas amélioré son jeu, et ensuite, parce qu’il est aussi crédible en scientifique qu’en exécuteur de Kaméhaméha qui allument des lampes. De plus, il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour considérer cette saison, prise dans son ensemble, comme une réussite.

Le problème? Ses personnages, calamiteux au possible. Au point qu’après le premier épisode, je me suis surpris à vérifier si je n’étais pas en train de regarder une émission de TV réalité façon Les Ch’tis dans l’espace. Ils sont pratiquement tous EXTRÊMEMENT cons. Niveau Alien: Covenant, pour vous donner un ordre d’idées. Voire pire. On est censé se trouver en présence des plus brillants cerveaux du génie spatial que la Terre ait jamais produits, et on a au final l’impression d’être en train de regarder des débiles légers étaler leur égo d’ado attardé à l’écran, sous le regard désabusé de la pauvre Niko.

Du coup, bien évidemment, dès qu’il y a une connerie à faire, ils la font. Ian conteste les ordres de Niko? Faisons une mutinerie dès le premier épisode. Il faut en urgence se poser sur un planétoïde inconnu pour récupérer de l’eau? Niquons tous les protocoles de sécurité au passage, tant qu’à faire. Une autre planète un peu plus loin? Allez, la même; et ce n’est pas comme si on avait eu à payer ladite erreur au prix fort deux épisodes plus tôt avec deux membres d’équipage morts et la stérilisation des survivants… Bordel.

Et par conséquent, effectivement, le scénario en devient très rapidement d’une stupidité sans nom. En fait, pour être plus précis, il n’arrive à tourner qu’à la connerie des persos. Sans leurs imprudences criminelles ou décisions idiotes, la saison aurait pu être pliée en un ou deux épisodes. Et il n’y a pas que l’équipage du Salvare qui soit teubé: Erik Wallace (le mari de Niko) en tient une MÉGA-couche lui aussi, ayant une conception très personnelle des expressions « protocole de sécurité » et « secret défense ».

Il faut ajouter à cela des incohérences à la pelle ou des coïncidences bienheureuses (ou malheureuses, c’est selon), qui font que, par exemple, quand un truc vital tombe en panne, on va chercher untel et hop, le truc remarche comme par miracle, sans qu’il soit besoin de le réparer. Le fonctionnement de William est aussi aléatoire que celui du vaisseau en général, notamment avec un hologramme traité parfois comme s’il s’agissait de son propre corps, et parfois juste pour ce qu’il est, mais en insistant bien lourdement. Et les Achaias, les fameux et mystérieux extraterrestres ne sont en rien convaincants pour quoi que ce soit.

Je sais bien qu’on ne peut pas comparer avec Premier Contact, déjà parce que ce n’est pas le même format, mais aussi parce que le niveau de ce dernier est particulièrement élevé. Par contre, que j’en arrive à me dire que La 5e Vague propose une arrivée d’E.T. sur Terre plus crédible que tout ce qu’on peut voir dans cette série en matière de rencontre extraterrestre, c’est un peu plus problématique, vu que ce dernier est considéré à peu près unanimement comme une purge (à juste titre).

Après, tout n’est pas complètement raté non plus: même après une grosse diarrhée, il arrive qu’on trouve quelques crottes à peu près normalement constituées à surnager pendant que le reste repeint le fond des chiottes (élégante métaphore, n’est-il pas?). Le personnage de Niko, à défaut d’être originale, est l’un des trois seuls qui vaillent le coup dans cette série (et elle aurait mérité de se retrouver en meilleure compagnie). J’aime aussi pas mal Zayn Petrossian, le médecin de bord incarné par JayR Tinaco (pour une fois qu’on confie ce genre de rôle à un acteur non-binaire), ainsi que la journaliste/influenceuse Harper Glass (et je me demande ce que Selma Blair est venue faire dans cette galère). Qui sont malheureusement sous-exploitées.

D’ailleurs, « sous-exploitation » pourrait être le sous-titre de cette saison, car elle accumule les idées pertinentes pour mieux se torcher avec, à cause d’une écriture, au mieux, lamentable. Par exemple, l’idée qu’un trouple puisse se former entre membres d’équipage, OK, pourquoi pas; sauf que dans les faits, c’est tellement bâclé que c’en est juste racoleur. Idem pour le développement de sentiments chez William, qui est une évolution tellement cousue de fil blanc que c’en devient même parfois gênant.

Enfin, la série accumule les clichés de SF. Ou plutôt, s’essaie sans grand succès à la méthode Stranger Things, à savoir bourrer à mort les références pour brosser le spectateur dans le sens du poil. Ainsi a-t-on droit à plusieurs passages qui ne sont pas sans rappeler Alien, 2001 ou Rencontres du Troisième Type. Ce qui nous rappelle combien ces œuvres étaient teeeeellement meilleures que ce qu’on en train de regarder…

Bref, tout ça pour dire que la série ne restera pas dans les mémoires. Ou alors pas pour les bonnes raisons. Et ce alors que visuellement, elle a plutôt de la gueule, quand on y réfléchit (on regrettera juste que les planètes visitées soient tirées de Stargate SG-1). C’est dommage, quoi.

Au revoir, à bientôt.

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